Do Nguyen Tin, le reparateur de coeurs d’enfants hinh anh 1Le docteur Tin examine la santé d'un patient pédiatrique. Photo : CVN

Hanoï (VNA) -  Le Dr Đô Nguyên Tin, cardiologue et chef de l’Unité d’intervention cardiaque de l’Hôpital pédiatrique N°1 à Hô Chi Minh-Ville, est reconnu comme le "médecin du cathétérisme cardiaque fœtal". En effet, au cours des 27 dernières années, il a effectué des dizaines de milliers de chirurgies pour des enfants souffrant de cardiopathies congénitales.

Dô Nguyên Tin est ainsi surnommé "la main d’or" en intervention cardiovasculaire, se spécialisant dans la "réparation" des cœurs des enfants.

Le miracle qui a étonné l’Asie du Sud-Est


Le cathétérisme cardiaque fœtal, une technique complexe, a connu un développement mondial au cours des cinq dernières années. Selon Dô Nguyên Tin, lors d'une conférence aux États-Unis, il a été impressionné de voir des médecins brésiliens utiliser un cathéter pour traiter des cardiopathies congénitales. "J'ai retenu mon souffle, car le moindre mouvement du cathéter aurait pu mettre en danger la vie du fœtus. Cependant, avec l'habileté des chirurgiens, l'opération fut un succès. Cela m'a incité à apprendre cette technique", a-t-il expliqué.

Par la suite, le médecin a voyagé dans d'autres pays pour se former. "La chirurgie fœtale consiste à corriger une malformation cardiaque congénitale avant la naissance du bébé, assurant ainsi une naissance en bonne santé pour de nombreux nourrissons, sans nécessité d'une intervention chirurgicale ultérieure comme auparavant", a-t-il souligné. Cependant, il a également reconnu que le premier échec était difficile à accepter.

Il y a deux ans, face à une situation critique avec une femme enceinte de 30 semaines dont le fœtus présentait une malformation congénitale grave, M. Tin et son équipe ont réalisé une valvuloplastie qui a malheureusement échoué. Cet échec l'a motivé à approfondir ses connaissances et compétences.

Après des centaines d'expérimentations animales, le 4 janvier, M. Tin et son équipe ont réussi la première chirurgie cardiaque fœtale à l'hôpital Tu Du. Cette réalisation est considérée comme un miracle, car peu de pays peuvent mettre en œuvre cette technique avec succès, faisant du Vietnam le premier pays d'Asie du Sud-Est à le faire. Le bébé est né en bonne santé malgré la sténose pulmonaire. M. Tin considère l'opération comme un succès crucial, évitant la mort probable du bébé avant la naissance ou des chirurgies complexes futures.

Malgré sa longue expérience, la pression de la première opération a pesé sur le médecin. Lorsque l'opération s’est terminé avec succès, il a été submergé par l'émotion. "Nous nous sommes embrassés joyeusement dans la salle d'opération, car avant le jour J, nous avions passé de nombreuses nuits blanches à cause de l'inquiétude et de la pression. Si l'opération échouait, le coût aurait été énorme. Heureusement, nous avons réussi", a-t-il partagé.

Vaincre la mort

Avant de réussir dans le cathétérisme cardiaque fœtal, Dô Nguyên Tin était déjà reconnu comme une "main d'or" en intervention cardiaque pédiatrique. En 27 ans, il a réalisé près de 17.000 opérations pour des enfants atteints de cardiopathie congénitale.

Au début de sa carrière, il était tourmenté par la mort tragique de bébés malades qui n'avaient pas été opérés à temps. Dans les provinces du Sud, même l’Institut du cœur de Hô Chi Minh-Ville ne pouvait réaliser que peu de chirurgies annuellement, entraînant la mort de plusieurs enfants faute d'avoir reçu un traitement approprié à temps.

Certains jours, il devait signer les actes de décès de près de 200 jeunes patients, une expérience qui le tourmentait profondément. Cela a motivé le jeune médecin à s'engager dans le domaine de l'intervention cardiaque pédiatrique.

Il a étudié cette technique à différents endroits, tels que l’hôpital Cho Rây, l'Institut du cœur et l'Université demMédecine et de pharmacie de Hô Chi Minh-Ville. Depuis lors, le nombre d'enfants bénéficiant d'interventions a progressivement augmenté, passant de quelques-uns à des centaines chaque année. En 2023, l’Hôpital pédiatrique N°1 a réalisé des interventions cardiovasculaires pour plus de 800 enfants atteints de cardiopathie congénitale.

De plus, M. Tin et ses collègues parcourent le pays, en particulier les zones reculées, pour effectuer le dépistage de cardiopathies congénitales chez les enfants, puis les amènent à l'Hôpital pédiatrique N°1 pour la chirurgie. Malgré ses 17.000 opérations précédentes, la joie du médecin reste intacte à chaque chirurgie réussie.
Do Nguyen Tin, le reparateur de coeurs d’enfants hinh anh 2Le docteur Dô Nguyên Tin (2e à la droite) renseigne les médecins étrangers sur les techniques endoscopiques. Photo : CVN

Néanmoins, le médecin n'oublie pas ses échecs. Certains sont attribuables à de mauvaises circonstances, tandis que d'autres résultent de son propre manque de connaissances et de compétences. Il enseigne constamment à ses disciples qu'il faut lutter contre la mort.

Ainsi, il n'est pas arrogant face aux succès et considère ses échecs comme des leçons précieuses. En ce qui concerne les deux premiers succès du cathétérisme cardiaque fœtal, le cardiologue ne les considère pas comme des accomplissements, mais simplement comme le début d'un long chemin. "Notre mission est de tracer un chemin que d'autres pourront suivre. Le succès ne peut être atteint que lorsque la technique est généralisée à plusieurs médecins et hôpitaux, et que plusieurs enfants bénéficient de l'intervention prénatale", a-t-il déclaré.

"La plus grande joie de ma carrière est de redonner un cœur normal à un bébé", c’est la devise de Dô Nguyên Tin. Il aspire toujours à développer de nouvelles techniques médicales, les considérant comme le seul espoir pour les enfants.

La médecine sans limites : Pour Dô Nguyên Tin, cardiologue, l'ultime finalité de la médecine est de sauver des vies. Réparer les cœurs d'enfants est son objectif.

Les résultats récents ouvrent une nouvelle voie dans le traitement des cardiopathies congénitales au Vietnam. Cependant, l'expert a souligné que tout ne se déroulerait pas sans difficultés. "Au début, nous connaîtrons certainement des échecs. En continuant à pratiquer la technique, les résultats s'amélioreront. Pour réduire les échecs, il est essentiel d'apprendre de nos erreurs. Il n'y a que le premier pas qui coûte", a-t-il affirmé.

Selon lui, l'instruction complète sur le cathétérisme cardiaque fœtal est déjà disponible dans le monde. Au Vietnam, l'étape suivante consiste à mettre en place un groupe d'experts composé de jeunes en qui il a toute confiance. "Notre mission est d'ouvrir la voie, de créer un processus fluide. Bien sûr, il reste encore beaucoup à faire", a-t-il déclaré.

La médecine engagée

Dans le traitement des cardiopathies congénitales, le cathétérisme cardiaque, la chirurgie cardiaque mini-invasive et la chirurgie ouverte se complètent toujours. Leur objectif ultime est d'offrir une meilleure qualité de vie aux enfants.

Cela fait maintenant 25 ans depuis la décision du jeune médecin Dô Nguyên Tin de se spécialiser dans la chirurgie cardiovasculaire, un nouveau domaine à l'Hôpital pédiatrique N°1 à l'époque. Comme ses collègues de l'époque, il était préoccupé et frustré par la mort de plusieurs enfants faute d'une chirurgie cardiaque en temps opportun. Il a donc approfondi ses connaissances dans ce domaine à l'hôpital Cho Rây, à l'Institut du cœur et à l'Université de médecine et de pharmacie de Hô Chi Minh-Ville.

En 2009, l'Hôpital pédiatrique N°1 a créé une Unité d'intervention cardiaque, et il y est retourné pour travailler. Le nombre d'enfants bénéficiant d'une intervention a progressivement augmenté depuis. En 2023, plus de 800 enfants ont subi une chirurgie cardiaque dans cet établissement. M. Tin et ses collègues effectuent des dépistages de cardiopathies congénitales chez les enfants, puis dirigent les patients vers l'Hôpital pédiatrique N°1 pour la chirurgie. Les coûts du traitement sont couverts par des fonds de donateurs, distribués via le service de travail social de l'hôpital.

Le cardiologue appelle les efforts d’une médecine engagée

Selon lui, ces voyages sont utiles, non seulement pour les patients mais aussi pour les jeunes médecins. À travers ces déplacements, les jeunes médecins ont de l’empathie pour le patient et se dévouent davantage, contribuant ainsi à la construction d’un esprit médical engagé.

"Il serait impossible pour les agents médicaux de lutter contre l’épidémie de Covid-19 malgré les dangers, ou d’accepter le risque de la radioactivité pour sauver les patients, sans un engagement total", a-t-il déclaré. En retour de leurs efforts, ils récoltent la joie.

"Je récolte de la joie quotidiennement grâce aux chirurgies réussies. D'autres hôpitaux m’invitent à travailler avec un salaire impressionnant, mais je mets l'accent sur les patients plutôt que sur l'argent. Je suis plus heureux en apportant mon soutien aux patients démunis", a-t-il souri.

Bien qu'il soit un médecin expérimenté, M. Tin n'oublie pas ses échecs : "Le plus important est que le médecin reconnaisse honnêtement ses erreurs, permettant aux autres de l’aider à les corriger. À cette époque, nous avons appris de nos erreurs. Cacher ou ignorer les échecs signifie perdre l’opportunité de s’améliorer", a-t-il partagé.

"Le premier succès a ouvert de nouvelles opportunités pour le domaine, et l'échec nous aurait fait reculer. Toute l'équipe était sous une énorme pression. Heureusement, on l’a fait, et on s’est embrassé joyeusement dans la salle d’opération", a-t-il partagé. De plus, le cardiologue partage régulièrement sa technique avec d'autres pays. - CVN/VNA