Défense de la frontière septentrionale – Victoire et Leçons historiques

Le 17 février 1979, suivant leur plan préparé, les autorités chinoises ont déclenché une grande invasion du territoire du Vietnam, sur toute la frontière septentrionale depuis Phong Tho à Mong Cai.
Défense de la frontière septentrionale – Victoire et Leçons historiques ảnh 1Des armes de l'ennemi récupérées par l'armée vietnamienne dans la province de Cao Bang en février 1979. Photo : VNA

Hanoï (VNA) – Le 17 février 1979, suivant leur plan préparé, les autorités chinoises ont déclenché une grande invasion du territoire du Vietnam, sur toute la frontière septentrionale depuis Phong Tho (province de Lai Chau) à Mong Cai (province de Quang Ninh).

A l’occasion du 40e anniversaire de cet événement, l’Agence vietnamienne d’Information (VNA) tient à présenter ci-dessous des extraits de l’article « Défense de la frontière septentrionale de la Patrie 1979 – Victoire et Leçons historiques » du docteur Tran Huu Huy, membre de l’Association vietnamienne des sciences historiques.

La Chine est un pays voisin du Vietnam. Pendant les années de lutte révolutionnaire, les peuples des deux pays se sont solidarisés et se sont entraidés. Cependant, après la victoire de la Résistance contre l’armée américaine du peuple vietnamien en 1975, les relations entre les deux pays se sont dégradées progressivement. Au début 1979, l’Armée populaire du Vietnam a renversé le régime de Pol Pot, aidant le peuple cambodgien à sortir du génocide, mais les autorités chinoises et d’autres pays se sont efforcées de dénaturer la présence des soldats volontaires vietnamiens au Cambodge. A ce moment-là, la situation internationale était compliquée en raison des tensions entre l’URSS et la Chine. Les relations entre la Chine et les Etats-Unis, elles, continuaient de s’améliorer et tous ces deux pays considéraient l’URSS comme leur « premier ennemi ».  

Après de nombreuses provocations militaires de petite envergure, depuis le 17 février 1979, la partie chinoise a mobilisé 600.000 soldats, plus de 500 véhicules blindés, des milliers de canons de toutes sortes…, pour déclencher une invasion du territoire vietnamien, sur toute la frontière septentrionale depuis Phong Tho (province de Lai Chau) à Mong Cai (province de Quang Ninh).

Avec cette invasion, les autorités chinoises voulaient obliger le Vietnam à retirer ses soldats volontaires du Cambodge, aider Pol Pot à rétablir ses forces, à conserver ses bases restantes et à continuer d’attaquer le pouvoir révolutionnaire récemment établi. Elles comptaient en outre profiter du soutien de grands pays opposés à la révolution vietnamienne, dont les Etats-Unis, afin d’aider la Chine à réaliser ses « Quatre Modernisations » (agriculture, industrie, sciences et techniques, et armée). Elles visaient de plus à détruire les forces économiques et militaires, à inciter aux émeutes et à dégrader le prestige militaire et politique du Vietnam sur la scène internationale après sa victoire contre l’armée américaine en 1975. Les autorités chinoises voulaient également exhiber sa puissance militaire pour intimider les pays d’Asie du Sud-Est, tout en sondant les réactions de l’URSS et de l’opinion internationale afin de préparer aux futures aventures militaires.

La partie chinoise a déclaré : avec la différence de force et d’armement (l’infanterie était 3,5 fois plus nombreuse; l’artillerie était 5,7 fois supérieure; les chars et les véhicules blindés 9,8 fois ...), les troupes chinoises vont briser rapidement le système de défense des frontières du Vietnam. En revanche, une grande partie de l'Armée vietnamienne effectue des missions internationales au Cambodge, les détachements renforçant la frontière se heurteront à de nombreuses difficultés.

De ce point de vue, la partie chinoise a établi un plan visant à capturer rapidement certaines villes et zones importantes, puis, selon la situation, il pourrait se développer profondément dans l’intérieur du Vietnam. Cependant, les troupes chinoises ont subi une violente contre-attaque vietnamienne.

Au début de la guerre, la partie vietnamienne avait préconisé de ne pas concentrer les forces de réserve stratégiques dans une guerre rapide, ni de se précipiter pour retirer la force de manœuvre du Sud, mais de promouvoir la force combinée de la guerre des habitants locaux, qui utilisent essentiellement les forces locales de la région militaire 1 et de la 2e zone militaire. Et il y a une force supplémentaire à l'arrière pour renforcer.

Après 10 jours de combats, les forces armées de la région militaire 1, de la 2e zone militaire et le peuple vietnamien dans les provinces frontalières du Nord se sont battus avec beaucoup de courage, ont détruit de nombreux bataillons ennemis, ralentissant la "prise rapide" des troupes chinoises et forçant l'ennemi à lancer des forces de réserve stratégiques au combat.

Ainsi, les troupes chinoises pénètrent pas à pas sur le territoire vietnamien et occupent un grand nombre de zones et de villes importantes, comme Lao Cai (19 février), Cao Bang (24 février), Cam Duong (25 février), Lang Son (5 mars) ...

Face à cette situation urgente, le gouvernement vietnamien a décidé d’utiliser de fortes troupes pour être prêts à effectuer une offensive d’envergure. Au début de mars 1979, la Commission militaire centrale du ministère vietnamien de la Défense a ordonné le corps d’armée No2 en mission au Cambodge, de se réunir au Nord et décidé de créer le 2 mars 1979 le corps d’armée No5. Les troupes principales du corps d’armée No1, de l’armée de défense antiaérienne et de l’air sont tous prêtes.

Le 4 mars, le Comité permanent de l’Assemblée nationale a rendu publique une décision de mobiliser toutes les forces pour la défense de la Patrie.

Le 5 mars 1979, l’autorité de Chine a déclaré le retrait de ses troupes en raison de grandes pertes et de ne pas parvenir à l’objectif fixé.

Pour témoigner de la bonne volonté et avec le souhait de restaurer les relations d’amitié entre les deux pays, le Comité central du Parti communiste du Vietnam, le gouvernement vietnamien ont autorisé les forces armées et les habitants de la région limitrophe de mettre fin à l’offensive et de créer les conditions optimales pour le retrait des troupes chinois.

Le 18 mars 1979, la Chine a achevé le retrait de ses troupes.

La guerre de défense de la frontière septentrionale a duré un mois et revêtait une grande signification. Les forces armées et le peuple vietnamiens ont anéanti 62.500 soldats chinois, détruit 550 véhicules militaires, obligeant la Chine à retirer ses troupes et renversant le complot de l’autorité de Chine d’imposer les intérêts d’un pays puissant sur la péninsule indochinoise.

La guerre réaffirme la volonté, la force du peuple vietnamien de surmonter les difficultés pour protéger l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Patrie.

La défense de la frontière septentrionale du peuple vietnamien a contribué à justifier les lignes politique et militaire, la direction stratégique ingénieuse et effective du Bureau politique et de la Commission militaire centrale du Vietnam.

Dans leur direction, le Comité central du Parti et le gouvernement vietnamien ont toujours affirmé leur droit d’autodéfense légitime, ainsi que leur volonté de lutter contre toutes les attaques sur la souveraineté nationale, tout en manifestant la tolérance, l’aspiration à la paix, et le souhait de mettre fin aux conflits pour développer de belles relations entre le Vietnam et la Chine, contribuant ainsi à garantir un environnement pacifique et stable dans la région comme dans le monde.

Pour remporter la victoire, le peuple vietnamien a subi de lourdes pertes. Plus de 30.000 cadres et soldats sont tombés ou ont été blessés, des dizaines de milliers de civils ont trouvé la mort. Les chefs-lieux de Cao Bang, Lang Son, Cam Duong et Lao Cai ont été presque détruits. Environ 320 communes, 735 écoles, 41 exploitations agricoles, 81 usines, mines et 38 zones d'exploitation forestière, ont été ravagées ; 400.000 têtes de bétail ont été tuées, volées. La moitié des 3,5 millions de personnes dans six provinces frontalières ont perdu leurs maisons, leurs propriétés et leurs moyens de subsistance.

Selon le docteur Tran Huu Huy, la défense de la frontière septentrionale en 1979 est un événement historique spécial, donnant à la révolution vietnamienne de nombreuses leçons précieuses en matière du maintien de l'esprit de vigilance révolutionnaire ; de garantie de l'indépendance, de l'autonomie, de la résilience ; de construction d’une zone de défense solide ; d’application de l’art militaire traditionnel du Vietnam et de l’art militaire moderne ; et enfin, d’exploitation et promotion des pensées humaines des ancêtres en combinaison avec l'héroïsme révolutionnaire du Vietnam à l'époque de Ho Chi Minh. -VNA

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