D’anciens correspondants de guerre déclarent leur flamme au Vietnam

Près de 50 correspondants de guerre internationaux réunis à Hô Chi Minh-Ville à l’occasion du 50e anniversaire de la libération du Sud et de la réunification nationale du Vietnam se souviennent de leurs journées sur les champs de bataille et leur attachement au pays et au peuple vietnamien durant ces années difficiles.

Des correspondants de guerre internationaux réunis à Hô Chi Minh-Ville à l’occasion du 50e anniversaire de la libération du Sud et de la réunification nationale du Vietnam. Photo: VNA
Des correspondants de guerre internationaux réunis à Hô Chi Minh-Ville à l’occasion du 50e anniversaire de la libération du Sud et de la réunification nationale du Vietnam. Photo: VNA

Hô Chi Minh-Ville, 29 avril (VNA) - Près de 50 correspondants de guerre internationaux ayant couvert la guerre du Vietnam se sont réunis à Hô Chi Minh-Ville à l’occasion du 50e anniversaire de la libération du Sud et de la réunification nationale du Vietnam (30 avril 1975-2025). Ils se sont remémorés leurs journées sur les champs de bataille et leur attachement au pays et au peuple vietnamien durant ces années difficiles. Bien qu’occupant des postes différents, ils partagent tous un amour pour le Vietnam.

Souvenirs douloureux

Dans le métro, du centre à la périphérie de Hô Chi Minh-Ville, David Devoss a raconté qu’en 1972, alors qu’il était reporter pour le New York Times, il avait été affecté à la couverture de la guerre du Vietnam. Durant près de trois ans de travail sur les champs de bataille, de Saigon (aujourd’hui Hô Chi Minh-Ville) à Tay Ninh, il a été témoin de nombreuses histoires poignantes. Les flammes de la guerre ont coûté la vie à de nombreux innocents. De nombreux enfants sont devenus orphelins et de nombreuses familles ont perdu des êtres chers.

Devoss se souvient qu’en couvrant une bataille acharnée à An Lôc (Tây Ninh), il a été grièvement blessé : de nombreux morceaux de métal ont endommagé son genou droit, le privant définitivement de la possibilité de marcher normalement. Il a continuellement écrit de nombreux articles condamnant la guerre, condamnant les actes qui ont porté atteinte à la vie humaine, car les pertes de guerre ne pouvaient être compensées, a-t-il ajouté.

Partageant les mêmes souvenirs de la douleur et des pertes causées par la guerre, Tom Fox, correspondant de guerre du New York Times et du Times Magazine, a raconté son histoire en vietnamien : « Parce que je détestais la guerre, j’étais déterminé à ne pas m’engager dans l’armée. Je suis allé au Vietnam comme volontaire. Je me suis rendu partout dans le Sud pour aider les orphelins et les familles démunies par la guerre. C’est pourquoi je comprends mieux la douleur causée par la guerre. »

Durant son volontariat, Fox a commencé à apprendre le vietnamien et est devenu correspondant de guerre afin de pouvoir témoigner au monde des difficultés endurées par le peuple vietnamien.

Après avoir couvert le retrait militaire américain du Vietnam en 1973, Edith Madelen Ledever, la seule des 47 correspondants de guerre retournés au Vietnam cette fois-ci et toujours journaliste (elle est actuellement chef du bureau de l’AP aux Nations Unies), a déclaré qu’à cette époque, elle était la seule femme correspondante de guerre au Vietnam. Après elle, plusieurs autres collègues femmes ont été envoyées au Vietnam par l’Associated Press (AP).

« Bien que nous soyons des femmes, nous n’avons pas peur de nous précipiter sur le champ de bataille et de couvrir tous les points chauds. Le plus déchirant, c’est que, comparées à nos difficultés, les pertes du peuple vietnamien étaient bien plus lourdes. Nous sommes toujours troublées par les souvenirs douloureux de la guerre, où nombre de nos amis et collègues vietnamiens sont tombés », a-t-elle raconté.

Un amour partagé

De retour au Vietnam, un demi-siècle après le 30 avril 1975, les correspondants de guerre se sont remémoré des souvenirs douloureux, mais leurs émotions sont aussi mêlées de bonheur. Ils partagent un amour pour le Vietnam, un pays magnifique et un peuple tolérant. Après la libération, certains correspondants de guerre sont retournés au Vietnam, ont épousé des Vietnamiennes, ont appris le vietnamien et ont ainsi mieux compris et aimé ce pays.

Tom Fox a raconté qu’il avait appris le vietnamien pendant cinq mois après son voyage de volontariat. Après avoir lu de nombreuses œuvres littéraires vietnamiennes, notamment Truyên Kiêu (Histoire de Kiêu) de Nguyên Du (1765-1820), il a progressivement développé des sentiments pour le pays et le peuple vietnamiens, ce qui l’a conduit à retourner au Sud comme correspondant de guerre.

« Lors de mon séjour comme correspondant de guerre au Vietnam, j’ai eu l’honneur de rencontrer Pham Xuân Ân, un célèbre agent de renseignement. Cela m’a permis de rencontrer mon épouse actuelle, une jeune femme originaire de Can Tho. Nous vivons heureux ensemble depuis plus de 50 ans, avec deux enfants et trois petits-enfants. Mon amour pour le Vietnam n’a jamais faibli », a-t-il déclaré.

Après la libération du Vietnam, David Devoss a toujours rêvé de retourner à An Loc, où il avait laissé une jambe, mais sans succès. Ce n’est qu’en 1990 qu’il est retourné au Vietnam pour écrire sur les familles vietnamiennes d’outre-mer qui avaient quitté le pays en 1975 et étaient rentrées chez elles, avaient développé leurs entreprises et contribué au Vietnam.

« Les Vietnamiens sont toujours aimables et hospitaliers. Le Vietnam s’est relevé de la guerre, mais a encore dû faire face à de nombreuses difficultés. C’était dans les années 1990. Aujourd’hui, je vois un Vietnam complètement différent, plus beau et plus riche », a-t-il ajouté.

Ayant été au Vietnam pour couvrir la guerre anti-américaine et la lutte pour la protection de la frontière nord, Jim Laurie, ancien correspondant de guerre pour NBC News, se souvient qu’il était l’un des rares correspondants de guerre à avoir été témoin de l’événement du 30 avril 1975. Dans sa mémoire, il y avait des images de chars entrant dans la ville, et les gens se sont déversés dans les rues pour accueillir l’armée de libération et partager la joie de la guerre de résistance réussie et de la réunification du pays.

Jim Laurie est peut-être l’un des rares correspondants de guerre à avoir été témoin à la fois de la guerre et de la paix au Vietnam. Après la libération, il y est retourné à plusieurs reprises, en 1986 (après le renouvellement), en 2000 et plus récemment il y a trois mois.

« J’ai voyagé à travers le Vietnam et constaté les profonds changements survenus après 50 ans de libération. Comparé à ce que j’ai vu pendant la guerre, le Vietnam a progressivement surmonté son passé ravagé par les bombardements et connaît un développement de plus en plus dynamique », a-t-il confié.

Comme Jim Laurie, Nayan Chanda, correspondant de guerre au Vietnam, a décidé de rester au pays après le 30 avril 1975, tandis que ses collègues partaient un à un. Par la suite, il a écrit de nombreux articles et livres sur le Vietnam. Dans ses écrits, il a toujours transmis le message suivant : « L’amour du peuple vietnamien pour son pays est quelque chose que le monde entier devrait apprendre. » - VNA

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