Dai Bai : quand le cuivre devient or…

Cap sur Dai Bai, un village du district de Gia Binh, rattaché à la province de Bac Ninh, dont la spécialité artisanale multiséculaire est et demeure la fonderie de cuivre.
 Dai Bai : quand le cuivre devient or… ảnh 1Une fonderie de cuivre à Dai Bai

Hanoi (VNA) - Cap sur Dai Bai, un village du district de Gia Binh rattaché à la province de Bac Ninh, dont la spécialité artisanale multiséculaire est et demeure la fonderie de cuivre.       

C’est au début du 11ème siècle que la fonderie de cuivre en tant qu’artisanat aurait été introduite à Dai Bai, du fait d’un certain Nguyên Công Truyên qui, mais vous l’aurez deviné, a été promu fondateur du métier. Pour celles et ceux qui ont un agenda sous la main, notez que la fête en l’honneur de ce fondateur du métier tombe le 29ème jour du 9ème mois lunaire.

Faisons maintenant un bond de presque huit cent ans… Nous sommes donc au début du 19ème siècle, juste au moment de l’installation de la crème des fondeurs de Dai Bai dans la cité royale de Thang Long : un âge d’or pour la corporation. Peut-être certains d’entre vous connaissent-ils la rue Hang Dong, dans le vieux quartier, à Hanoi : eh bien, c’est celle où les artisans de Dai Bai ont élu domicile, la rue du cuivre, autrement dit.

Revenons-en à Dai Bai. Lorsque l’on emprunte le chemin qui en est la principale voie d’accès, on peut découvrir un certain nombre de vestiges historiques et culturels, à commencer par la tombe de Nguyên Công Truyên, les maisons communales de Van Lang et de Diên Lôc, ou encore la pagode Diên Phuc. Mais puisqu’il s’agit de choses anciennes, laissons la parole à Nguyên Xuân Sâm, l’un des «anciens» du village, l’un de ceux, en tout cas, qui en connaissent le mieux l’histoire.   

«Au départ, Đại Bái comprenait quatre hameaux : Son, Tây, Giua et Ngoài. Au début, les villageois ne fabriquaient que des articles ménagers, en cuivre donc. Puis à la deuxième génération, cinq villageois ont réussi les concours mandarinaux et ont été nommés mandarins à la cour royale. Ce sont eux ont fondé les quatre corporations, une par hameau, avec pour chacune, une spécialité. Les habitants du hameau de Ngoài fabriquaient des marmites, ceux du hameau de Tây des plateaux et des cuvettes, ceux du hameau de Giua des bouilloires et de petites marmites, et ceux du hameau de Son des pots pour le bétel et des objets de culte, ce qu’ils continuent encore à faire de nos jours, soit dit en passant, même si le travail se fait avec des machines, bien sûr !...»       

Cette répartition est toujours respectée à Dai Bai, où les carnets de commande sont tout le temps remplis. Il faut dire que la qualité est au rendez-vous et que les consommateurs ne s’y trompent pas. Nguyên Van Luc, fondeur de son état :

«C’est un village qui a une vraie culture artisanale, et qui du coup, attire les jeunes. Alors qu’est-ce qu’on leur apprend, à tous ces jeunes ? Eh bien tout notre savoir-faire artisanal, bien sûr, mais aussi toute l’esthétique qui était en vogue sous les dynasties Ly, Trân et Lê, qui est le fondement de tout ce qui se fait ici.»

N’allez pas croire pour autant que les artisans de Dai Bai vivent des splendeurs du passé ! Ils savent diversifier la gamme de leurs produits et s’adapter aux besoins du marché. Ils exportent désormais dans toute l’Asie du Sud-Est, mais aussi en Chine.       

On recense actuellement 70 fonderies et 1.700 fondeurs, à Dai Bai. Nguyên Van Trung a appris le métier à l’âge de 13 ou 14 ans. En 20 ans de pratique, il est devenu l’un des fondeurs les plus distingués.   

«En ce qui me concerne, je fabrique essentiellement des brûle-encens, des pots, des vases et des statues de Bouddha. C’est un métier très accaparant, qui suppose que l’on s’y investisse totalement, aussi bien sur le plan technique que sur le plan esthétique.»   

Les statues de Nguyên Van Trung rencontrent un vif succès sur le marché, tant au Vietnam qu’à l’étranger. Il faut dire qu’il a su insuffler une âme à chacun de ses produits…   

«On achète davantage avec un denier de cuivre qu’avec une bourse d’or, quand on sait le trouver là où Dieu l’a caché.», écrivait Lamartine. Voilà une sentence que bien des fondeurs de Dai Bai pourraient prendre pour devise…

Dai Bai : quand le cuivre devient or… -VOV/VNA

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