Photo d'illustration. Source: VNA

 

Ces dernières années, les banques vietnamiennes ont opté pour des réajustements pour rendre leurs crédits plus conformes à l’objectif de croissance verte. Cependant, l’efficacité n’a pas été à la hauteur des attentes.

Alors que le crédit pour les secteurs à risque tels que l'immobilier et la bourse se rétrécisse de plus en plus, nombre de banques commerciales ont intensifié le financement de projets de l'agriculture de haute technologie, de l'énergie solaire, et de projets respectueux de l'environnement.

La course aux crédits verts

Jusqu'à présent, HDBank décaisse le plus grand montant de crédits verts. La banque vient de lancer une ligne de crédit de 10.000 milliards de dongs pour les entreprises opérant dans l’agriculture de haute technologie et l’agriculture biologique à travers le pays; 7.000 milliards de dongs pour financer le raccordement de projets d’énergie solaire au réseau électrique national; 3.000 milliards de dongs pour le développement des énergies renouvelables dans les provinces d'An Giang, Binh Dinh et Ninh Thuan...

Le taux d’intérêt de ces prêts préférentiels est de 1% de moins par rapport au taux d’intérêt normal, avec un montant pouvant s’élever jusqu’à 80% de la valeur des biens hopothéqués et une échéance maximale de 10 ans.

Les dirigeants de HDBank ont déclaré qu’en plus de cette ligne de crédit susmentionnée, la banque avait également mis en place de nombreux programmes de connexion avec des chaînes de supermarchés et de dépanneurs dans l’ensemble du pays, ainsi que des programmes de financement à l’exportation, dans le but de créer des conditions favorables aux entreprises à fournir des produits agricoles propres aux consommateurs nationaux et étrangers.

Étant également l'une des banques pionnières à déployer le programme de crédit vert pour contribuer à la protection de l'environnement, Nam A Bank a signé un accord en la matière avec le Fonds de partenariat mondial pour le climat (GCPF). Aux termes de cet accord, elle accordera des crédits verts à moyen et long terme à des projets promouvant la réduction des émissions de CO2 et à ceux permettant de réduire de 20% la demande en énergie.

En particulier, pour la clientèle entreprises, Nam A Bank offre des crédits verts pour l’achat de machines et de matériels; le complément de fonds de roulement pour la production et la commercialisation des produits et d'équipements respectueux de l'environnement, ou pour le financement de projets d'énergie solaire. Dans le même temps, pour les clients particuliers, Nam A Bank octroie des crédits pour l’achat de voitures, la consommation, l’investissement, la construction, la réparation de logements... pourvu que ces besoins ne nuisent pas à l’environnement.

Par exemple, pour le crédit auto, le véhicule doit respecter la norme européenne d’émission Euro 4 et supérieure. Ou encore pour les prêts pour le développement de l’agriculture et de la campagne, Nam A Bank propose des crédits verts pour l’achat d’équipements de production agricole afin d’économiser de l’énergie, de protéger la santé des consommateurs et l'environnement.

M. Tran Ngoc Tam, directeur général de Nam A Bank, a déclaré que sa banque souhaite oeuvrer pour un environnement vert et une société durable par le biais du projet "Je choisis de vivre vert" dans le but de contribuer à sensibiliser la population à la tendance à utiliser les énergies propres et renouvelables, les technologies et les équipement respectueux de l'environnement et économes en énergie ... Le taux d'intérêt préférentiel pour ce programme est de l’ordre 5-6% par an.

De même, de nombreuses autres banques ont massivement décaissé pour des projets d’énergies propres et renouvelables. Vietcombank a récemment financé 785 milliards de dongs pour le projet de centrale solaire BP Solar 1 à Ninh Thuan. Agribank a octroyé 950 milliards de dongs au projet de centrale solaire Long Thanh dans la province de Dak Lak. VietinBank a accordé un crédit de 1.000 milliards de dongs pour le projet de centrale solaire TTC N°1 dans la province de Tay Ninh.

Les statistiques de la Banque d’État du Vietnam (BEV) montrent qu’à l’heure actuelle, les banques nationales ont procédé à l’évaluation de crdit pour environ 24% des projets verts. En outre, 26% des banques, dont celles à 100% de fonds étranger telles que HSBC et Standard Chartered ont élaboré et mis en oeuvre les procédures de gestion des risques environnementaux et sociaux pour leurs crédits. Certaines banques commerciales par actions ont également mis au point et publié des procédures écrites de gestion des risques environnementaux et sociaux.

Selon un représentant du Département des politiques de crédit pour les secteurs économiques de la BEV, le solde des crédits verts a rapidement augmenté lors de ces derniers temps. Celui-ci, qui n’était que de 180.121 milliards de dongs au quatrième trimestre de 2017, s’est élevé à 188.270 milliards de dongs au premier trimestre de 2018 et à 235.717 milliards au troisième trimestre de la même année.

Cependant, selon les experts, ces crédits verts ont heurté à nombre de difficultés, y compris leur long délai de récupération, leurs coûts d’investissement et leurs risques élevés...

De nombreuses autres banques ont massivement décaissé pour des projets d’énergies propres et renouvelables. Photo: Vietnam+

Nombre d'obstacles à relever

Ces dernières années, le système bancaire vietnamien a opté pour des réajustements afin de rendre les crédits plus adaptés à l’objectif de croissance verte. Cependant, l’efficacité n’a pas été à la hauteur des attentes.

Expliquant la difficulté d’intensifier l’octroi de crédits verts, un dirigeant d'une banque commerciale a déclaré que l'investissement vert requérait un long délai de récupération et occasionnait des coûts d'investissement et des risques élevés. En outre, la complexité dans l'évaluation constitue également un obstacle majeur.

Selon ce dirigeant, pour encourager le développement des crédits verts, il faut que la BEV ne les incluse pas dans le ratio de capitaux à court terme utilisés pour les prêts à moyen et long terme, outre des priorités en termes de refinancement et de réescompte. En outre, la BEV devrait également étudier la réduction du ratio de réserves obligatoires pour les dépôts.

Le Kien Nghi, chef adjoint du Service de la clientèle grandes entreprises de BIDV - une des banques activement impliquées dans le financement des projets verts, a annoncé que son établissement concentrait les crédits vers sur les projets d’électricit, de traitement de déchêts et de protection de l’environnement... A ce jour, BIDV a octroyé des crédits verts à 9 projets d’énergie éolienne et solaire et accorde une attention particulière aux critères de protection de l’environnement et à l’évaluation de l’impact des projets pour l’environnement et la société.

Toutefois, selon M. Nghi, le financement de ces projets se heurte encore à de nombreux obstacles, tels les mécanismes de priorité peu clairs, des coûts d'investissement énormes, un long délai de récupération. Comme les autres banques commerciales, les dépôts de BIDV sont essentiellement à court et à moyen terme, alors que les crédits verts exigent de longues échéances.

Pour désamorcer ces difficultés, la BEV a récemment élaboré et mis à jour les cadres juridiques pour la mise en œuvre des crédits verts. Actuellement, elle est en train d’étudier et d’accomplir un manuel sur l’évaluation des risques environnementaux et sociaux dans 11 secteurs économiques, et de développer des mesures destinées à concentrer des ressources en faveur des projets respectueux de l’environnement.

Selon le docteur Bui Quang Tin, expert financier et bancaire, a fait savoir que de nombreux pays du monde avaient travaillé à la promotion des crédits verts tout en mobilisant des fonds en grande partie des politiques d’assistance aux projets environnementaux et agricoles... Donc, pour promouvoir le développement des crédits verts, les banques vietnamiennes ont également besoin d'un soutien du budget de l’Etat.

Le directeur adjoint de l'Institut de stratégie de la BEV, Pham Xuan Hoe, a souligné que, dans le contexte où le Vietnam faisait face à de nombreux problèmes environnementaux, son objectif de croissance pour deux prochaines décennies table non sur une croissance élevée comme lors des périodes précédentes, mais également sur une croissance durable et verte, ainsi que sur le développement d’une économie verte.

Selon M. Hoe, le secteur bancaire, qui représente environ 30% du produit intérieur brut national, a un rôle très important à jouer dans le développement vert comme le développement durable au Vietnam. La BEV a une position et politique très claire en la matière. Concrètement, elle a publié des directives et des programmes d’action qui orientent les activités bancaires vers un développement vert./.

Thúy Hà (Vietnam+)