COVID-19 : des "voyages du cœur" pour les malades démunis

Ramener chez eux, sur de très longues distances, des patients démunis est un défi, et ce d’autant plus lorsque l’on est un chauffeur amateur.

Hanoï (VNA) - Ramener chez eux, sur de très longues distances, des patients démunis est un défi, et ce d’autant plus lorsque l’on est un chauffeur amateur. Et pourtant, la jeune Lê Thi Nhung le fait bénévolement, motivée par son bon cœur et son désir ardent d’aider.

COVID-19 : des "voyages du cœur" pour les malades démunis ảnh 1Jusqu’à maintenant, Nhung Lê a ramené une vingtaine de patients chez eux, sur une distance totale de plus de 6.000 km.

Petite silhouette, joli visage et yeux souriants, Lê Thi Nhung ou Nhung Lê, 29 ans, a l’apparence d’une jeune femme citadine. Elle est membre d’un groupe de bénévoles "Nhung chuyên xe yêu thuong" (Les voyages du cœur), proposant un service de transport gratuit pour ramener les patients soignés à Hanoï chez eux dans d’autres localités.

Passionnée par la conduite automobile, la jeune femme, qui vit dans la province de Bac Ninh (Nord) où elle tient un café, a demandé à rejoindre ce groupe de volontaires l’année dernière. Depuis, elle a transporté à la maison une vingtaine de malades en situation difficile sur une distance totale de plus de 6.000 km.

Son plus long voyage jusqu’à maintenant, de 1.200 km, a été effectué le 21 juillet, lorsqu’elle a emmené une mère et sa fille de l’hôpital Vietnam - Cuba à Hanoï dans le district de Muong Tè de la province montagneuse de Lai Châu (Nord). Il s’agit du parcours le plus mémorable, non seulement en raison de la longue distance, de la route la plus difficile qu’elle a empruntée, mais aussi de l’incident plutôt tragique sur le chemin.

"La mère et sa fille ont eu le mal des transports. Issues d’une ethnie minoritaire, elles ne connaissaient pas le vietnamien et n’ont presque communiqué avec personne", raconte-t-elle. En passant par un poste de contrôle épidémique, les policiers auraient pensé que je les kidnappais. J’ai dû leur expliquer en leur donnant des papiers pour prouver ce qui se passait. Après avoir compris que je les ramenais à la maison, ils m’ont autorisé à passer".  

Chemin détourné

Pour ses longs voyages, son petit frère ou ses collègues proposent souvent de l’accompagner. Mais elle les refuse, prête à conduire seule. Dans la nuit du 31 juillet, alors que Nhung Lê était sur le point de s’endormir, elle a reçu un appel du fondateur du groupe disant qu’il y avait une mère et sa fille bloquées à Hanoï en raison du COVID-19, qui voulaient rentrer chez elles dans la province montagneuse de Son La (Nord). Sans hésiter, la jeune femme a accepté de reprendre la route.

Comme la capitale applique des mesures de distanciation sociale, les autocars et les taxis ne sont pas autorisés à circuler alors que les véhicules personnels ne peuvent pas entrer dans la ville. Son groupe a dû élaborer un plan pour diviser son voyage de Hanoï à Son La en plus petites étapes.

À 04h00 le 8 août, Nhung Lê est partie de sa maison à Bac Ninh pour aller chercher la mère et sa fille à un poste de contrôle près de Hanoï sur la Nationale 1B, qui avaient été transportées de l’Hôpital central de pédiatrie à Hanoï par un autre membre du groupe.

Comme elle ne pouvait pas entrer dans la capitale, elle a dû emprunter une route alternative vers Phú Tho, en passant par Hoà Binh. Arrivées à Son La, la mère et sa fille ont été transférées dans une autre voiture pour terminer leur voyage.

"Pendant la période de distanciation sociale, les membres du groupe vivant en dehors de Hanoï comme moi doivent travailler plus dur pour soutenir ceux vivant dans la capitale, qui ne peuvent pas partir. Nous suivons strictement les règlements sur la lutte contre le COVID-19 et passons régulièrement des tests".

Manifester toute sa gratitude

Nhung Lê se souvient aussi d’une expérience inoubliable en conduisant des malades lors de la Réveillon. C’était à minuit du 31 décembre 2020 qu’elle a reçu un appel de demande d’aide. Elle et son petit frère ont ensuite quitté leur maison à Bac Ninh pour emmener un petit patient de deux mois et ses proches de Hanoï au district de Si Ma Cai de la province montagneuse de Lào Cai (Nord) vers 02h00. Ils sont revenus enfin chez eux à 08h00 le lendemain.

"La gratitude et le sourire de leur famille sont le plus beau cadeau du Nouvel An pour nous", partage-t-elle. "Par chance, cette activité m’a donné beaucoup d’expériences différentes. J’ai rencontré et aidé bien des gens. J’ai également été témoin de mes propres yeux d’épreuves et malheurs extrêmes que je n’avais vus que dans les films auparavant".

En dehors du transport gratuit de patients, les chauffeurs amateurs du groupe "Nhung chuyên xe yêu thuong" font aussi des dons pour les aider. "Je voudrais appeler à l’aide des chauffeurs généraux pour soutenir les patients défavorisés non seulement pendant le voyage mais aussi après", souhaite Nhung Lê. -CVN/VNA 

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