Cours gratuits pour les Vietnamiens défavorisés à Singapour

Tina Yuan a donné des cours gratuits à plus de 200 enfants et femmes vietnamiens résidant à Singapour. Cette jeune femme de 30 ans prend beaucoup de plaisir à leur apprendre l’anglais.
Cours gratuits pour les Vietnamiens défavorisés à Singapour ảnh 1Tina Yuan est très active dans les activités au sein de la communauté vietnamienne de Singapour. Photo : CTV/CVN

Hanoï (VNA) - Ces quatre dernières années, Tina Yuan a donné des cours gratuits à plus de 200 enfants et femmes vietnamiens résidant à Singapour. Cette jeune femme de 30 ans prend beaucoup de plaisir à leur apprendre l’anglais.

Tina Yuan a pour nom vietnamien Nguyên Thi Thuong. Née en 1990 d’un père vietnamien et d’une mère chinoise, elle s’est installée à Singapour avec sa famille à l’âge de 9 ans. Elle est spécialiste dans le secteur des médias. Elle travaille également en tant qu’écrivaine, rédactrice et journaliste et maîtrise l’anglais, le chinois, le coréen et le vietnamien. Depuis quatre ans, elle organise des cours d’anglais gratuits à des Vietnamiens résidant à Singapour, notamment à des enfants et des femmes en situation difficile.

Une femme au grand cœur

Tina Yuan se rappelle du moment où l’idée d’ouvrir ces cours a germé dans sa tête. Elle raconte sa rencontre fortuite avec des Vietnamiennes divorcées qui étaient venues dans la cité-État accompagnées de leur enfant pour se remarier avec un Singapourien. En constatant que ces enfants avaient de la peine à parler anglais, Tina Yuan a décidé de les aider.

"De nombreuses Vietnamiennes qui viennent se marier avec des Singapouriens ne sont pas très aisées. Elles doivent travailler dur pour gagner de l’argent. Elles n’ont donc pas beaucoup de temps pour enseigner l’anglais à leurs enfants", explique l’enseignante.

Depuis ce jour, après ses journées de travail, Tina Yuan se rend auprès d’enfants et de leur mère pour donner des cours gratuits d’anglais. Le nombre d’élèves augmente de plus en plus. Maintenant, sa classe se tient trois fois par semaine pendant deux heures. Elle compte une vingtaine d’élèves, répartis en groupes selon leur niveau.

Elle leur apprend de nouveaux mots, explique patiemment leur prononciation, leur signification, ainsi que les structures grammaticales difficiles. Tous les élèves s’investissent beaucoup et partagent un enthousiasme pour l’anglais. "J’essaie toujours de rattacher mes cours à leurs intérêts et à leurs rêves afin qu’ils soient plus enthousiastes", raconte Tina Yuan.

Avec ses amis, Tina Yuan cherche à venir en aide aux mères en situation difficile. Chaque mois, après avoir reçu leur salaire, ils achètent pour elles des livres, cahiers et tickets de bus. Ils équipent la salle de classe de tables, chaises, tableau et projecteur, le tout de leur propre poche.

"Je fais ce travail depuis quatre ans. C’est maintenant une passion, une partie de ma vie à Singapour. Je pense que les cours gratuits aideront ces enfants et leurs mères en situation difficile à se sentir davantage confiants dans la vie", confie-t-elle.

Les cours gratuits ont reçu beaucoup de soutien de ses amis vietnamiens et étrangers. Ils se sont portés volontaires pour devenir enseignants. Ainsi, les élèves ont la chance d’aborder différentes cultures. Pendant la période de confinement à Singapour, les cours étaient organisés en ligne.

"Heureusement, je peux travailler à domicile. Malgré la distanciation sociale, Internet et les infrastructures ici sont si bons que je me sens toujours connectée avec le monde. Le travail à domicile n’est pas très différent du travail au bureau. Récemment, avec le début du déconfinement, je peux inviter des amis chez moi", se réjouit-elle. Et d’ajouter : "Travailler à domicile me permet d’avoir plus de temps pour aider les élèves. Si je vais au bureau, il faut une heure pour rentrer à la maison en bus. Maintenant je passe le temps à corriger les erreurs des élèves".

Rester optimiste pour grandir

Selon elle, la vie des Vietnamiens résidant à Singapour a basculé en raison de la crise sanitaire. Cela semble être un problème courant pour tous les travailleurs étrangers, car de nombreuses entreprises ont fait faillite ou ont réduit leurs effectifs.

"Je sais que mes compatriotes au Vietnam souffrent également des mêmes difficultés. Je veux simplement envoyer un message selon lequel les gens doivent maintenir leur forte volonté et leur optimisme. Nous devons croire au gouvernement et aux médecins. Ils trouveront des moyens et la vie reviendra à la normale", dit-elle.

En juillet dernier, Tina Yuan a sorti au Vietnam son premier livre baptisé Lo hen Paris (littéralement : Rendez-vous manqué à Paris). Ce livre est inspiré de son histoire avec son petit ami qui est décédé il y a dix ans des suites d’un cancer.

Le livre contient à la fois du bonheur et du chagrin. Elle souhaite envoyer aux lecteurs ce message : peu importe la joie et la douleur, cela nous aide à grandir. "Nous ne pouvons pas vivre avec la misère, il suffit de regarder la vie avec des yeux optimistes, car nous ne sommes pas seuls, nous vivons aussi pour nos proches. J’espère que ce livre encouragera les gens, en particulier en cette période difficile de crise sanitaire", explique-t-elle.

"En fait, je n’ai pas encore reçu le livre en raison des difficultés de transport pendant cette période. Mais je suis heureuse de lire les commentaires des lecteurs. Ils ont dit que le livre était émouvant et touchant. J’ai pleuré en lisant leurs commentaires et en voyant leur sympathie", confie-t-elle. - CVN/VNA


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