Contre les espèces exotiques envahissantes, la lutte s’organise

Le Vietnam enregistre 19 espèces exotiques envahissantes.

Hanoi, 16 juin (VNA) - Le Vietnam enregistre 19 espèces exotiques envahissantes. Elles ont un impact négatif sur la biodiversité en provoquant le déclin voire l’élimination d’espèces indigènes, menaçant parfois les moyens de subsistance de millions de paysans.

Contre les espèces exotiques envahissantes, la lutte s’organise ảnh 1L’écrevisse de Louisiane est vorace et se nourrit de n’importe quoi, même de détritus.

Photo: CTV/CVN

 

Ces dernier temps, l’écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii) a été importée illégalement au Vietnam au service de restaurants. Le crustacé est essentiellement vendu sur les réseaux sociaux au prix de 250.000 à 350.000 dôngs/kg.

Selon le Pr.-Dr. Dang Huy Huynh, scientifique de premier rang sur la biodiversité, l’écrevisse de Louisiane est exotique et invasive. Son importation et son élevage sont interdits. Il s’agit d’un crustacé décapode d’eau douce, aux couleurs allant du gris-rouge au rouge vif et pouvant atteindre 20 cm, avec de grandes pinces.

Son refuge naturel est le marécage, mais cette écrevisse s’adapte parfaitement à tous les milieux aquatiques, même pauvres en oxygène (étangs, lacs, marais, rivières, ruisseaux...), et respire sans problème hors de l’eau. Elle est capable de se reproduire dans n’importe quelles conditions, quelle que soit la qualité de l’eau, dans des proportions incroyables (400 à 600 œufs par ponte et plusieurs fois dans l’année). Elle est vorace et se nourrit de n’importe quoi, même de détritus.

Une menace pour la biodiversité

Originaire du Sud-Est des États-Unis, l’écrevisse de Louisiane est désormais reconnue comme une des espèces invasives les plus préoccupantes. Elle est également porteuse d’un champignon qui décime les écrevisses autochtones. 

"L’écrevisse de Louisiane menace non seulement la biodiversité mais détruit aussi le riz et les cultures vivrières. Elle pourrait être même porteuse d’une bactérie mortelle pour les autres espèces", alerte le Pr. Huy Huynh.  

D’après cet expert, la Sarl Sen Hoàng Giang, implantée dans la province de Dông Thap (delta du Mékong), élève cette espèce depuis 2016. Toutefois, suite aux répercussions néfastes, le Service provincial de l’agriculture et du développement rural lui a demandé de mettre un terme à l’élevage et de la détruire.

Le Docteur Lê Thanh Luu, ancien directeur de l’Institut d’études sur l’aquaculture (ministère de l’Agriculture et du Développement rural), informe pour sa part qu’auparavant, ce crustacé avait été élevé à titre expérimental. C’est ainsi qu’on a pu constater qu’il était nuisible à l’environnement et à l’agriculture du Vietnam. Cette écrevisse est capable de creuser des trous et dévore tout sur son passage: œufs, larves et autres juvéniles de différentes espèces de poissons et d’insectes, sans oublier les herbiers et autres végétations aquatiques. Un véritable désastre qui nécessite d’être rapidement contenu. C’est la raison pour laquelle son élevage a été interdit.

"Crustacé d’eau douce originaire des États-Unis, l’écrevisse de Louisiane est devenue une spécialité. Les Chinois l’importent pour l’élevage avant de la réexporter vers les États-Unis. Récemment, les tensions commerciales États-Unis - Chine pourraient être la cause de la présence de cette espèce au Vietnam", estime le Docteur Lê Thanh Luu.

Malheureusement, l’écrevisse de Louisiane est loin d’être un cas isolé. Introduit au Vietnam en 1986 et élevé à grande échelle en 1992, l’escargot-pomme (Pomacea canaliculata) s’est multiplié à une vitesse phénoménale et a réduit à néant les rizières et cultures vivrières de plusieurs localités. Il s’agit d’un véritable fléau écologique et agricole. Jusqu’à maintenant, des données précises concernant les dégâts causés par ce mollusque demeurent insuffisantes. Pourtant, les sommes déboursées pour la campagne de destruction de cette espèce dans l’ensemble du pays s’élèvent à plusieurs centaines de milliards de dôngs.

Ces dernières années, en dehors de l’escargot-pomme, de nombreuses espèces exotiques enva-hissantes (EEE) comme la tortue à oreilles rouges notamment ont commencé à se multiplier à Hanoï.

Alourdir les sanctions

Contre les espèces exotiques envahissantes, la lutte s’organise ảnh 2Destruction des escargots-pommes (Pomacea canaliculata), une espèce exotique envahissante à Thai Binh (Nord). Photo: Thê Duyêt/VNA/CVN



La gestion des EEE, considérées comme extrêmement dangereuses, fait cependant face actuellement à de nombreuses difficultés. En effet, d’après Lê Trân Nguyên Hùng, chef adjoint du Département de la préservation et du développement des ressources aquatiques (ministère de l’Agriculture et du Développement rural), la coopération dans la gestion et les contrôles entre les organismes compétents restent encore bien en deçà des exigences. Le commerce et le trafic d’animaux exotiques se déroulent essentiellement sur les réseaux sociaux, ce qui rend d’autant plus difficile le travail d’inspection, de contrôle et de traitement.

Selon M. Hùng, une des solutions les plus efficaces consisterait à alourdir les sanctions à des fins dissuasives. Le 18 mai dernier, les garde-frontières de la porte- frontière de Lào Cai (Nord) ont mis la main sur une importation illégale de 75 kg d’écrevisses de Louisiane cachées dans des caisses de jouets. Le trafiquant n’a cependant écopé que d’une amende de 1,5 million de dôngs, un montant dérisoire. C’est pourquoi, il est nécessaire de sanctionner lourdement toutes formes de trafic d’EEE conformément au Code pénal de 2015, qui stipule que "toute personne qui importe ou distribue des espèces exotiques se verra infliger une amende allant de 100 millions à un milliard de dôngs et/ou à une peine d’emprisonnement allant d’un à cinq ans...".

Pourtant, ces sanctions ne sont pas suffisantes, il faut des efforts dans la propagande sur la prévention. Les organismes compétents doivent sensibiliser les habitants et restaurateurs aux impacts destructeurs de l’écrevisse de Louisiane ainsi que des autres EEE sur l’environnement.

Afin de prévenir les effets néfastes des espèces aquati-ques étrangères nuisibles, la participation de toute la société est importante. Notamment, les contrôles douaniers, les évaluations des risques ainsi que la mise en place de règlements de quarantaine doivent être réalisés de façon synchronique afin de limiter au mieux l’entrée des espèces indésirables sur le territoire vietnamien. - CVN/VNA

Voir plus

Les visiteurs se rendant sur l’île de Cô Tô sont encouragés à utiliser des sacs écologiques en remplacement des sacs en nylon et en plastique. Photo : NDEL

Des pistes pour une gestion efficace des déchets pour un tourisme durable

Il est nécessaire d’élaborer des directives détaillées pour éliminer progressivement les plastiques à usage unique dans le tourisme ; de créer des guides de transition écologique pour les entreprises ; de renforcer les contrôles et les sanctions ; et d’intégrer les critères de tourisme sans plastique dans les systèmes de classement hôtelier et les procédures d’autorisation. Un autre groupe de solutions importantes consiste à créer des incitations économiques pour les entreprises, notamment à travers des mécanismes financiers verts

Le Parc national de Tram Chim mobilise les nouvelles technologies contre les incendies

Le Parc national de Tram Chim mobilise les nouvelles technologies contre les incendies

Alors que la saison sèche atteint son pic dans la province de Dong Thap, dans le delta du Mékong, la chaleur prolongée et la baisse du niveau de l’eau dans les canaux forestiers ont accru les risques d’incendie. En réponse, les gestionnaires forestiers renforcent les mesures de prévention, le parc national de Tram Chim étant à l’avant-garde avec le recours à des technologies de détection précoce et de surveillance à distance des feux.

Contrairement aux variétés cultivées, le riz sauvage possède un génome plus stable car il n'a pas été affecté par le processus de domestication. Photo: VNA

Le delta du Mékong protège le riz sauvage en voie de disparition

Des études récentes montrent que la superficie du riz sauvage, décrite comme un véritable trésor de ressources génétiques rares, diminue de façon dramatique. Les principales causes sont l’expansion des cultures, de l’aquaculture et des infrastructures de transport.

Dans la grotte de Chac Den, récemment découverte dans le parc national de Phong Nha-Ke Bàng, dans la province de Quang Tri. Photo : VNA

Une grotte peut en cacher une autre dans le parc national de Phong Nha-Ke Bang

Parmi ces nouvelles découvertes figurent plusieurs grandes grottes aux structures complexes et d’une grande valeur scientifique, notamment la grotte de Thiên Cung (4.206 mètres), la plus longue identifiée lors de l’étude, la grotte de Nuoc Lan (2.721 mètres), la grotte de Ma Dom (1.257 mètres) et la grotte de Cha Ngheo (583 mètres).

Des baleines géantes ont été aperçues près des côtes de Mui Ne et Liên Huong, dans la province de Lâm Dông. Photo : Nguyen Minh

Des baleines géantes font surface au large des côtes de Lâm Dông

Selon les habitants, les baleines sont de plus en plus fréquentes dans les eaux côtières de Lâm Dông ces derniers temps. Un groupe d’une centaine d’individus a été aperçu en surface, suscitant une grande surprise. La présence régulière de baleines est considérée comme un signe positif, indiquant l’abondance des ressources marines et l’amélioration de l’état de l’environnement côtier.

Le Nord connaît des averses et des orages en raison d'un front froid, ce qui entraîne une légère baisse des températures. Photo : Tintuc

L’air froid rafraîchit déjà le Nord, la chaleur se maintient sur le Centre

Dans les localités du Nord, y compris Hanoi, Quang Ninh et Hai Phong, l’arrivée d’air froid tôt jeudi 23 avril a provoqué des averses et des orages généralisés. En revanche, le Centre, notamment les régions de Thanh Hoa à Dà Nang et l’est de Quang Ngai, est touché par une vague de chaleur généralisée.

La tortue olivâtre de 60 kg relâchée à la mer à Ca Mau. Photo: VNA

Ca Mau : une tortue olivâtre de 60 kg remise à la mer après sauvetage

L’événement a débuté le 19 avril vers 23 heures, lorsque Nguyen Van Nghia, un pêcheur résidant dans la commune de Tan An, a découvert la tortue de 60 kg prise dans ses filets.Avec l’aide d’autres pêcheurs présents sur place, il a immédiatement organisé le sauvetage de l’animal.

Photo : comité d'organisation

Lancement de l'événement photographique international Vietnam BirdRace 2026

Du 8 au 10 mai, le parc national de Cat Tien (Dong Nai) prêtera son écrin verdoyant à l'édition 2026 du Vietnam BirdRace. Ce concours de photographie d'oiseaux sauvages mobilisera une large communauté – experts en conservation, photographes et public international – autour d'une ambition commune : magnifier le patrimoine naturel tout en sensibilisant à l'urgence environnementale.

Le Premier ministre Le Minh Hung. Photo : VNA

Énergie en Asie : le PM vietnamien propose trois axes de coopération

Le 15 avril, sur invitation de son homologue japonaise Takaichi Sanae, le Premier ministre Le Minh Hung a pris part au Sommet virtuel élargi de la Communauté asiatique à zéro émission nette (AZEC) sur l'autonomie énergétique, placé sous l'égide de la cheffe du gouvernement nippon."

Le Comité populaire municipal révise actuellement le schéma directeur de drainage en fonction des scénarios de changement climatique. Photo: hdnd.hochiminhcity.gov.vn

Hô Chi Minh-Ville se protège contre les inondations avant la saison des pluies

Hô Chi Minh-Ville se concentrera en 2026 sur le traitement de 29 points d’inondation majeurs. En parallèle, 24 projets seront déployés pour un investissement total de près de 38.000 milliards de dôngs. Ces chantiers revêtent une importance capitale pour augmenter la capacité d’évacuation des eaux et soulager les zones vulnérables.

Les Co Tu entretiennent un lien étroit avec la forêt, qu’ils considèrent comme la source de leur culture. Photo : vietnamnet.vn

Tout là-haut dans les montagnes de Dà Nang, le «royaume d’arbres de pơ mu»

Le « royaume d’arbres de pơ mu » est le nom donné par les habitants locaux à une forêt d’environ 450 hectares située au sommet du Zi’liêng, considéré comme une montagne sacrée par les Co Tu. À plus de 1.200 mètres d’altitude, la zone est enveloppée de brume toute l’année, avec un climat froid et humide, des conditions idéales pour le développement de cette espèce en une formation exceptionnelle.