Conjuguer économie et environnement

Le développement durable implique, entre autres, de développer l’économie d’un pays en protégeant son environnement. Au Vietnam, l’état des choses est assez préoccupant.

Hanoï (VNA) - Le développement durable implique, entre autres, de développer l’économie d’un pays en protégeant son environnement. Au Vietnam, l’état des choses est assez préoccupant. L’affaire Formosa en est un exemple caractéristique. Avis de spécialistes.

Nécessité d’une industrie métallurgique respectueuse de l’environnement

Conjuguer économie et environnement ảnh 1Truong Thanh Hoài, chef du Département de l’industrie lourde, ministère de l’Industrie et du Commerce.

Pour la branche de l’industrie, il n’est pas aisé de se développer sans incidence sur l’environnement. Actuellement, les technologies avancées sont en mesure de remédier à cette problématique. En effet, le désastre écologique de Formosa (une aciérie taïwanaise qui a rejeté des eaux non traitées dans la mer, entraînant le décès massif de poissons le long de la côte du Centre) est un incident rare, même à un niveau mondial. Ce désastre montre qu’il y a des problèmes dans l’application de la réglementation sur l’environnement, notamment dans le contrôle des entreprises et des autorités locales par les administrations publiques.

Le Vietnam envisage de construire vers 2030 de grandes aciéries. Pour développer une industrie métallurgique sans porter atteinte à l’environnement, il est nécessaire de bénéficier d’abord d’une coordination étroite entre les diverses administrations publiques concernées par les projets. Pour ce, le ministère de l’Industrie et du Commerce a reçu encore une nouvelle compétence, celle d’étudier les projets sur le plan de technique (outre le plan d’économie), conjointement avec son homologue des Ressources naturelles et de l’Environnement, en vue de la délivrance de la licence d’investissement et d’activité commerciale.

Mise en application du principe «pollueur-payeur»

Conjuguer économie et environnement ảnh 2Nguyên Thê Chinh, directeur de l’Institut des stratégies et politiques sur les ressources naturelles et l’environnement (ISPRNE).

La Loi sur l’environnement existe depuis 1993. Auparavant, le concept de «développement durable» a été étudié en détail, avant d’être plus spécifiquement envisagé sur le plan des «relations entre l’économie et l’environnement». Des politiques précises ont été définies ensuite. Toutefois, ces dernières n’ont pas pu être mises en oeuvre pleinement à cause de ce qu’Adam Smith nomme la «main invisible»(1). À mon avis, l’important, c’est que l’ensemble des administrations de ressort central comme local applique avec responsabilité la réglementation. Dans une économie de marché, il existe deux principes fondamentaux : le pollueur paie, et celui qui tire profit d’un environnement sain paie. Le problème, c’est d’en déterminer les critères. Actuellement, l’ISPRNE étudie un mécanisme de gestion dans la défense de l’environnement.

Création d’un environnement concurrentiel sain

Conjuguer économie et environnement ảnh 3Trân Du Lich, économiste.

Dans l’actuel processus de «développement économique durable» du Vietnam, le résultat réside d’abord dans le rôle dirigeant de l’État qui doit savoir exploiter les expériences du pays, mais aussi des pays plus avancés ou développés. Il doit aussi mener une tâche difficile qui est de limiter les inconvénients de la «main invisible». La survenance de la pollution de l’aciérie Formosa est à l’origine de multiples effets néfastes pour l’environnement, notamment le milieu marin et la santé humaine, mais aussi pour notre économie, car elle pourrait remettre en cause la branche de la métallurgie en son entier. Elle révèle aussi et surtout qu’il y a encore des carences en matière de gestion administrative...

En effet, le Vietnam a défini un modèle «trois en un» exigeant en même temps croissance économique, équité sociale et environnement. Un objectif difficile à atteindre et il est nécessaire de prendre des mesures efficaces pour obliger les acteurs économiques à respecter strictement la législation en vue de mettre fin à la concurrence déloyale, à la contrefaçon sous toutes ses formes, et l’état dit de «corrosion de l’environnement»... En tout en état de cause, il est absolument nécessaire de créer un environnement concurrentiel sain sur la base du système législatif. C’est, pour l’heure, une tâche urgente.

Devoir de défendre l’environnement

Conjuguer économie et environnement ảnh 4Lê Dang Doanh, économiste.

Le Vietnam doit étudier en détail les conséquences des pollutions de l’environnement survenues dans le monde, car il est essentiel de lier étroitement le développement économique à la protection de l’environnement. C’est le devoir de tous, de l’industrie, de l’agriculture, du tourisme... jusqu’au secteur des services et la population même. Tous doivent défendre l’environnement.

Dans le mécanisme d’économie de marché actuel, la «main invisible» présente trois défauts principaux : les acteurs économiques agissent dans leur intérêt personnel sans tenir compte de l’intérêt général, ils «corrodent l’environnement», et s’enrichissent selon le modèle dit de «groupe minoritaire». Je suis d’accord avec le point de vue selon lequel le mécanisme d’économie de marché ne peut pas régler la problématique que pose l’environnement. Cela nécessite une intervention régalienne. Aujourd’hui, la Loi sur l’environnement comporte plusieurs lacunes qui peuvent être exploitées.

De fait, ce qui est anormal, c’est que ceux qui ne respectent pas la loi profitent des avantages liés à son application, laquelle est financée par le contribuable. Si l’État ne fait rien, il est sûr que la situation dite de «corrosion de l’environnement» se perpétuera. -CVN/VNA

Voir plus

Le professeur associé Dr. Nguyen Huu Huan s'exprime lors du Forum d'affaires Vietnam-États-Unis tenu le 23 mars 2026 à New York. Photo: VNA

Inscrire le centre financier du Vietnam sur le radar de la finance mondiale

Le Centre financier international du Vietnam n'est pas présenté comme un concurrent direct des centres financiers établis telles que Singapour, Hong Kong (Chine) ou Dubaï (Émirats arabes unis), mais plutôt comme un centre spécialisé axé sur des segments de niche en adéquation avec les avantages comparatifs du Vietnam. Il s'agit notamment du financement aéronautique, du financement maritime et des technologies financières.

Petrolimex et PVOIL du groupe Petrovietnam ont pris les devants en déployant des solutions visant à remplacer l’essence minérale par l’essence biologique E10RON95 à l’échelle nationale. Photo: VNA

Petrolimex et PVOIL anticipent le passage à l'essence biologique E10RON95 pour renforcer la sécurité énergétique nationale

Selon la feuille de route établie par le ministère de l’Industrie et du Commerce, l’essence minérale devra être remplacée à l’échelle nationale par l’essence biologique E10RON95 à partir du 1er juin 2026. Toutefois, face aux fluctuations du marché énergétique mondial et en application de la Directive n°09/CT-TTg du 19 mars 2026 sur le renforcement des économies d’énergie, l’accélération de la transition énergétique et le développement des transports électriques, Petrolimex et PVOIL ont décidé d’anticiper cette mise en œuvre.

Des visiteurs à la Foire commerciale et touristique de Bac Ninh 2026. Photo: VNA

Plus de 200 stands réunis à la Foire commerciale et touristique de Bac Ninh 2026

Cet événement s’inscrit parmi les activités majeures du festival « Retour à la région du patrimoine – 2026 », organisé à l’occasion de la reconnaissance par l’UNESCO du métier de fabrication des estampes populaires de Dong Ho comme patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, ainsi que de l’inscription du complexe de Yen Tu - Vinh Nghiem - Con Son - Kiep Bac au patrimoine culturel mondial.

Selon le ministère de l'Industrie et du Commerce, sur les 11 premiers mois de 2025, plus de 80% du chiffre d'affaires à l'exportation se concentre sur six marchés : les États-Unis (32%), l'Union européenne-UE (15%), la Chine (14%), l'ASEAN, la République de Corée et le Japon. Photo : VNplus

L'ASEAN : Un moteur clé pour les exportations agricoles du Vietnam

Face à l'inflation logistique et aux aléas du fret mondial, l'ASEAN s'impose comme un relais de croissance stratégique pour l'agriculture vietnamienne. Outre sa compétitivité en termes de coûts et de délais, ce marché de proximité affiche une demande florissante en fruits, légumes, caoutchouc et produits aquatiques.

Le forum de promotion des investissements dans le Centre financier international au Vietnam. Photo : VNA

Le Vietnam renforce la coopération financière internationale aux États-Unis

En visite de travail aux États-Unis, le vice-Premier ministre permanent Nguyen Hoa Binh a engagé une série d’échanges avec les grandes institutions financières à New York afin de promouvoir le développement du Centre financier international du Vietnam et d’attirer davantage d’investissements étrangers.

Le vice-ministre russe du Développement économique, Vladimir Evguenievitch Ilyitchev. Photo : VNA

La visite du PM Pham Minh Chinh consolide l'autonomie du développement économique

Lors d'une interview accordée au correspondant de l'Agence vietnamienne d'Information (VNA) en Russie, le vice-ministre russe du Développement économique, Vladimir Evguenievitch Ilyitchev, a estimé que la visite du PM Pham Minh Chinh en Russie ouvrait des perspectives majeures pour garantir les infrastructures fortes pour l'autonomie dans le développement économique stable du Vietnam.

Le vice-Premier ministre Ho Duc Phoc au Forum des affaires et de l’investissement « EU – Vietnam Global Gateway ». Photo: VNA

Renforcer la coopération Vietnam – UE dans le cadre de Global Gateway

Le 24 mars à Hanoï, le vice-Premier ministre Ho Duc Phoc a participé au Forum des affaires et de l’investissement « EU – Vietnam Global Gateway ». Il a souligné le développement soutenu des relations Vietnam – UE depuis plus de 30 ans, en particulier grâce à l’accord de libre-échange EVFTA, faisant de l’UE l’un des principaux partenaires économiques du Vietnam.