Agriculture intelligente : Hanoi se met au diapason

À Hanoi, l’urbanisation rapide implique une véritable stratégie de restructuration agricole, et à ce niveau, l’apport des hautes technologies est indéniable.

Hanoi (VNA) – Qu’entend-on, par agriculture «intelligente»? L’expression a de quoi étonner, de prime abord… Elle recouvre en fait une nouvelle conception de la production agricole, dans laquelle les technologies de l’information jouent un grand rôle, la finalité étant bien sûr d’accroître la production et le rendement, mais aussi de rehausser la qualité des produits, de réduire les coûts de production et de répondre aux attentes environnementales. Cette nouvelle conception, Hanoi est en train de la faire sienne…

Agriculture intelligente : Hanoi se met au diapason ảnh 1Photo: tuoitrethudo.com.vn

 
À ce jour, Hanoi abrite 164 sites de production agricole dont le fonctionnement est régulé par les hautes technologies.

Dans beaucoup de serres, certains paramètres du type température, humidité et luminosité sont désormais contrôlés par des machines. Mais dans les rizières aussi, les hautes technologies sont mises à contribution, avec notamment des drones, qui sont utilisés pour l’épandage du fumier. Pareil pour l’aquaculture, qui fait usage de générateurs d’oxygène automatiques...

On pourrait ainsi citer bien d’autres exemples. Contentons-nous donc de constater que cette agriculture dite  «intelligente» représente tout de même 35% de la production de la capitale. Pour Ta Van Tuong, le directeur adjoint du Département de l’agriculture et du développement rural de Hanoi, tous ces efforts de modernisation doivent aboutir à la création de chaînes de valeur.

«Hanoi s’emploie à créer les chaînes de valeur agricoles et à mettre en valeur ses produits du terroir, que ce soit le basilic de Lang, les sapotilles de Xuân Dinh, les lotus du lac de l’Ouest, les kumquat de Tu Liên, les oranges de Canh, les pomelos de Diên… La liste est longue!...», dit-il. 

Agriculture intelligente : Hanoi se met au diapason ảnh 2Hanoï compte désormais promouvoir une agriculture périurbaine écologique et verte. Photo: VOV

À Hanoi, l’urbanisation rapide implique une véritable stratégie de restructuration agricole, et à ce niveau, l’apport des hautes technologies est indéniable. C’est en tout cas ce qui ressort des propos de Dô Hâu, vice-président et secrétaire général de l’Association pour la planification et le développement urbain du Vietnam.

«Le développement de l’agriculture urbaine joue un rôle important pour le développement socioéconomique. Hanoï compte désormais promouvoir une agriculture périurbaine écologique et verte, ce qui suppose qu’elle se dote d’un plan d’aménagement à long terme», explique-t-il.  

Hanoï est en effet entourée d’une large zone agricole périurbaine sur laquelle le centre-ville doit pouvoir compter en termes d’approvisionnement. Il est clair que si cette zone réussit à tirer profit des dernières avancées technologiques, son rendement ira croissant. C’est du reste ce que recommande Dào Thê Anh, le directeur adjoint de l’Institut des sciences agricoles du Vietnam. 

«Hanoï doit maintenant élaborer un plan de développement agricole suffisamment ambitieux pour que les investissements affluent, notamment en provenance du secteur privé. Je pense notamment aux cinq districts de la périphérie de Hanoï qui doivent être prochainement transformés en arrondissements. Il faudra bien que ces localités-là se mettent à l’agriculture de haute technologie», fait-il remarquer. 

Le comité du Parti de la ville de Hanoï a lancé le 17 mars dernier un programme qui concerne aussi bien la nouvelle ruralité que la restructuration agricole ou le développement de l’économie rurale. L’objectif est de faire en sorte que la valeur des produits issus de l’agriculture dite «intelligente» représente 70% de la valeur totale des produits agricoles de la ville. Aussi les autorités encouragent-elles ouvertement les agriculteurs à se mettre aux hautes technologies.

Trân Duy Quy, le président de l’Association pour le développement rural du Vietnam, est pour sa part favorable à une plus grande collaboration entre scientifiques et agriculteurs.   

«Il me semble, par exemple, que le département général de météorologie et d’hydrologie pourrait partager gratuitement ses données avec les organismes chargées de la gestion de l’agriculture», suggère-t-il.    

À Hanoi comme dans le reste du pays, l’agriculture est donc condamnée à devenir «intelligente» ou à sombrer dans l’archaïsme… Ainsi le veut notre 21e siècle, avec ses défis en tous genres... – VOV/VNA

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