À Hanoï, au village de l’encens parfumé

De passage dans la commune de Quang Phú Câu, on sera saisi par l’ambiance qui anime les fabricants d’encens. Ces bâtonnets sont brûlés par millions lors des fêtes traditionnelles.

Hanoï (VNA) - De passage dans la commune de Quang Phú Câu, en périphérie de Hanoï, on sera saisi par l’ambiance qui anime les fabricants d’encens. Ces bâtonnets sont brûlés par millions lors des fêtes traditionnelles, surtout à l’occasion du Nouvel An.

À Hanoï, au village de l’encens parfumé ảnh 1Deux femmes ramassant des bâtonnets d’encens séchant dans une cour. Photo: CVN

Quang Phú Câu, lors d’une journée ensoleillée de fin d’année. Des dizaines de villageois font sécher des tiges de bambou avant de les tailler pour confectionner des bâtonnets d’encens. Ces derniers sont utilisés pour être présentés en offrande lors des rites cultuels. En période de fêtes, en particulier pour le Nouvel An lunaire, on pose régulièrement ces bâtonnets allumés dans les pagodes, temples, maisons communes et, bien sûr, au sein de chaque foyer sur l’autel des ancêtres.

Selon les croyances populaires, les volutes de fumée de l’encens seraient le seul moyen de communication viable entre le monde des vivants et celui des morts. D’où le grand nombre de villages, un peu partout au Vietnam, qui produisent ces porteurs de messages vers l’au-delà.

À Quang Phú Câu, comme dans d’autres villages disséminés à travers tout le pays, nombre de familles vivent de cet artisanat centenaire, dont le savoir-faire se transmet de génération en génération.

Situé le long de l’autoroute 21B, à environ 35 km du centre de Hanoï, ce village voit ses chemins vicinaux couverts de brassées de bâtonnets d’encens. Du bord de la chaussée aux cours des maisons, le rouge est omniprésent, la couleur de la base de ces bâtonnets mis à sécher au soleil. En surimpression, l’image des artisans qui travaillent avec passion pour teindre, sécher et tailler l’écorce de bambou afin de confectionner ces fameux bâtons parfumés en prévision du Têt.

Selon les personnes âgées de Quang Phú Câu, la fabrication d’encens est apparue dans cette commune il y a un siècle. Débutant comme activité secondaire, cet artisanat est devenu florissant au fil des années. Il est rapidement le revenu, faisant vivre 70% des quelque 3.000 familles du village.

Dans les ateliers, les tâches sont partagées : pendant que certains coupent du bambou pour l’insérer dans les machines à fendre, d’autres plongent les minces tiges dans des seaux de colorant rose, laissant des centaines de boisseaux aux couleurs vives étalés comme des bouquets dans les rues, pour le séchage. Ensuite, une fois séchés, les bâtonnets sont enduits avec de la pâte d’encens aromatique, avant d’être séchés à nouveau.

Un métier qui ne connaît pas la crise

Les artisans de Quang Phú Câu sont toujours attentifs au respect scrupuleux des étapes de fabrication, car  pour eux, l’encens est lié au monde des esprits.

À Hanoï, au village de l’encens parfumé ảnh 2Bâtonnets d’encens séchant dans une cour du village de Quang Phú Câu. Photo: CVN

Le bambou Schizostachyum aciculare est le matériau de base. Chaque jour, la commune en consomme environ 200 tonnes provenant des provinces de Lang Son, Bac Kan, Thái Nguyên (Nord), Thanh Hoá (Centre)… Tout d’abord, l’écorce est taillée. Ensuite, ces morceaux sont séchés, puis placés dans une machine à fendre pour produire des bâtonnets ronds. Le fractionnement à la machine permet d’assurer l’uniformité, la rondeur et la brillance des bâtonnets. Enfin, ils sont triés, ceux de qualité étant teints puis séchés.

Les produits sont classés en deux catégories, selon qu’ils sont destinés à l’exportation ou au marché intérieur. L’encens de Quang Phú Câu est présent dans toutes les provinces et villes du pays. Il est même exporté vers la Chine, l’Inde, la Malaisie...

Sur le marché domestique, la demande atteint un pic pour le Nouvel An lunaire.

Cet artisanat a contribué à améliorer les conditions de vie des habitants de Quang Phú Câu. Leurs maisons sont spacieuses, et les rues ont été réaménagées pour répondre aux besoins des artisans. -CVN/VNA

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