Hanoï, 11 novembre (VNA) - Trois ans après l’entrée en vigueur de la Loi sur l’investissement public, les contrôles concernant l’utilisation des fonds étatiques ont été renforcés. Mais, selon de nombreux députés, la répartition optimale de ces capitaux n’a pas été atteinte.

Le budget public devrait être alloué en priorité aux projets les plus vastes. Photo: VNA

Lors des séances d’interpellation dans le cadre de la 6e session de l’Assemblée nationale (XIVe législature), du 30 octobre au 1er novembre à Hanoï, le ministre du Plan et de l’Investissement, Nguyên Chi Dung, a reconnu que la répartition et l’utilisation des ressources financières publiques n’étaient pas satisfaisantes. Les besoins en argent frais des secteurs et des localités sont constamment au dessus des capacités financières du gouvernement. De nombreux projets ont fait face à une pénurie de capitaux, ceux-ci étant donc finalement achevés en retard.

"Beaucoup de députés ont parlé de la nécessité d’investissements par ordre de priorité afin d’éviter l’éparpillement des ressources. Or,  ils ont parallèlement proposé à l’État d’investir dans plusieurs secteurs de leurs localités", a indiqué Nguyên Ngoc Phuong, députée de la province de Quang Binh (Centre).

Selon Vu Thi Luu Mai, députée de Hanoï, jusqu’à la fin de l’année, 6.290 projets bénéficiant d’investissements publics devraient être achevés. Elle a relevé qu’à ce jour, il n’y avait aucun rapport concernant l’efficacité de tels projets pour la période 2011-2015 (près de 1.800 projets).

Le ministre du Plan et de l’Investissement, Nguyên Chi Dung, a affirmé qu’"il s’agit d’une lacune de la dernière période (2011-2015). De 2016 à 2020, une base de données a été mise en place. L’entrée en vigueur, en 2015, de la Loi sur l’investissement public a permis de procéder à la répartition du budget par ordre de priorité".

D’après lui, on a dénombré 21.000 nouveaux projets entre 2011 et 2015 et seulement 9.620 pour la période 2016-2020. Depuis 2016, plus de 400 projets bénéficiaires du budget de l’État ont été mis en chantier.

Les textes juridiques tels que la directive gouvernementale N°1792 de 2011 et la Loi sur l’investissement public de 2015 permettent de renforcer la gestion des actifs de l’État et des obligations gouvernementales.

Besoin de critères d’estimation et de priorités

Toujours selon la députée Vu Thi Luu Mai, la mise en œuvre des projets du plan d’investissement à moyen terme se heurte à un défi principal: la dispersion. Ainsi, le montant des fonds publics alloués à l’investissement entre 2016 et 2020 est estimé à environ 85,7 millions de dollars, répartis entre 9.620 projets dans les 63 villes et provinces du pays.

Le ministre Nguyên Chi Dung a expliqué que l’harmonie entre besoins en investissements et capacités du budget de l’État constituait un enjeu majeur et constant, surtout dans un contexte budgétaire modeste, de diminution de l’aide publique au développement et d’investissements privés limités.

Actuellement, le budget ne satisfait qu’à 53% le montant total de 21 projets de pointe dans le pays.

Pour y remédier, Hoàng Quang Hàm, député de la province de Phu Tho (Nord), a suggéré de réviser les projets en cours et de réduire les investissements en cas de nécessité afin de transférer une partie des fonds à d’autres chantiers plus urgents.

Selon Hoàng Van Cuong, député de Hanoï, le gouvernement devrait demander prochainement aux services concernés d’élaborer et de publier des critères permettant d’estimer et de donner la priorité à des projets d’investissements publics et à la répartition de leurs fonds.

"Il faut absolument changer les méthodes de répartition des ressources financières en respectant l’ordre des priorités fixé par la loi. Il faut mettre en place des projets régionaux plutôt que des petits projets locaux. Nous devons aussi veiller à l’aménagement du territoire avec une vision nationale afin d’éviter la dispersion de l’action publique", a recommandé pour sa part la députée Vu Thi Luu Mai. - CVN/VNA