Un virtuose du stylo bille

Né en 1979, le peintre Lê Thê Vinh n’utilise pas le pinceau mais le stylo bille pour créer des portraits saisissants de femmes et enfants de minorités ethniques.
Un virtuose du stylo bille ảnh 1L’étonnant artiste Lê Thê Vinh. Photo: VNA

Hanoï (VNA) - Né en 1979, le peintre Lê Thê Vinh n’utilise pas le pinceau mais le stylo bille pour créer des portraits saisissants de femmes et enfants de minorités ethniques. Des créations tellement réalistes que l’on pourrait les confondre avec des photos.

Femmes portant des robes traditionnelles de l’ethnie H’mông. Petites filles Dao au visage innocent... Le tout méticuleusement détaillé et aussi fidèle que sur des photos, tel est le style de l’artiste Lê Thê Vinh.

Diplômé de l’Université des beaux-arts du Vietnam, à Hanoï, Lê Thê Vinh a décidé de quitter la grande ville animée pour retourner dans sa terre natale à Phong Vân, une commune du district de Ba Vi (banlieue de Hanoï). Il y poursuit sa passion pour la peinture et travaille comme professeur d’art.
Choisissant une vie un peu isolée, loin du brouhaha de la ville, il se plonge dans des dessins de portraits grand format au stylo bille. Des œuvres incroyables d’un artiste étonnant.

"Je suis né à la campagne, juste à côté de Cô Đô (district de Ba Vi), connu comme village de peintres . J’ai ainsi commencé à m’habituer à l’art pictural dès l’âge de 5-6 ans. Quand j’avais 12 ans, mes parents m’ont envoyé à un cours de dessin à Cô Đô, et mon premier professeur était Nguyên Si Tôt (1920-2002), un peintre célèbre originaire de ce village".

Pendant ses études à l’Université des beaux-arts, le jeune homme a travaillé avec de nombreux matériaux tels que l’huile et la laque, mais il a finalement choisi le stylo bille comme sa spécialité. "Depuis 2010, je reste fidèle à cet instrument, qui donne une belle couleur claire au dessin".

Peindre avec un stylo bille exige de l’artiste un haut degré de persévérance et de soin, car l’encre ne peut pas être effacée. Le poser demande un état d’esprit calculateur et ne tolère pas les erreurs. Si le dessin est abîmé ou s’il commet une erreur, il faudra tout abandonner. En général, chaque création nécessite plus de 100 heures de travail.

Bien que ce soit une technique difficile à maîtriser, les œuvres de Lê Thê Vinh sont si réalistes que l’on pourrait les confondre avec des photos.

Deux cents dessins au bic

Jusqu’à présent, l’artiste a réalisé près de 200 dessins au bic, principalement des portraits de femmes et d’enfants des régions montagneuses.

"L’idée m’est venue lors de mes voyages à Cao Bang, Hà Giang, Lang Son et Son La (Nord). Au cours de ces périples, j’ai été touché par l’innocence des enfants, en particulier des petites filles. Même si leurs visages étaient barbouillés, leurs yeux exprimaient beaucoup d’émotions. Par ailleurs, les femmes appartenant aux différentes ethnies sont très belles en costumes traditionnels. Je souhaite immortaliser ces images splendides, capturer la beauté des habitants locaux à travers mes dessins".

Lê Thê Vinh est très consciencieux dans son travail. En dehors de ses heures de cours au collège, il consacre environ quatre à cinq heures par jour à la peinture. Il est membre du Club des beaux-arts de Cô Đô et participe chaque année aux cours de dessin gratuits organisés dans le village.

"Depuis 2010, j’ai participé à de nombreuses expositions organisées par le Club des beaux-arts de Cô Đô, certaines en collaboration avec d’autres artistes. Bien que le stylo bille soit utilisé pour dessiner une variété de sujets, je pense qu’il convient parfaitement aux portraits. Les stylos bille ont huit couleurs, et en les combinant, on peut créer de beaux effets dans les portraits".

Pour ce peintre étonnant, l’art est illimité et le matériau n’est pas aussi important que la manière.

Ses œuvres sont très appréciées par ses collègues et les professionnels lors des expositions, ce qui le rassure quant à son parcours créatif actuel.

En ce qui concerne ses projets futurs, Lê Thê Vinh a déclaré qu’il resterait fidèle au stylo bille et qu’il continuerait à consacrer son amour et sa passion au dessin des enfants et des femmes d’ethnies minoritaires…-CVN/VNA

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