Tous ensemble contre la mort

En tant que principale unité de réanimation du Sud du pays, le Service de réanimation intensive de l’hôpital Cho Rây est connu pour son combat en faveur de la vie.
Tous ensemble contre la mort ảnh 1Les médecins dévoués au SRICR.

Hô Chi Minh-Ville (VNA) - En tant que principale unité de réanimation du Sud du pays, le Service de réanimation intensive de l’hôpital Cho Rây est connu pour son combat en faveur de la vie. Le personnel de ce service est assimilé à de braves combattants luttant pour la survie de leurs patients. Ces hommes et femmes font désormais partie du mouvement "Étudier et suivre l'exemple moral de Hô Chi Minh" de 2019- 2020.

Au Service de réanimation intensive de l'hôpital Cho Rây (SRICR), l’air est froid et l'odeur des produits désinfectants domine. Contrairement au brouhaha qui s’élève des autres secteurs, ici on n’entend que le "bip bip" émanant des machines respiratoires et les pas précipités des équipes médicales. Les médecins se concentrent sur chacun de leur geste afin que leurs patients soient maintenus en vie.

La doctoresse Phan Thi Xuân, cheffe du SRICR, déclare que ses patients sont souvent hospitalisés dans des états critiques. Dans 9 cas sur 10, ces personnes ont peu de chance d’en réchapper. Il s’agit de personnes pouvant souffrir de différents traumatismes suite à des greffes d'organes par exemple... Avec 15 médecins et 48 infirmières, le SRICR reçoit chaque année en moyenne 1.300 patients qui nécessitent une réanimation intensive. "Nos 27 lits sont en permanence occupés, ce qui fait que bien souvent nous ne prenons en charge que les patients en situation sévère. Nous refusons certaines prises en charge en raison des surcharges de patients", dit la doctoresse Xuân.

Le SRICR dispose de toutes les technologies de réanimation récentes et les médecins maîtrisent notamment les techniques modernes de dialyse qui contribuent à réduire considérablement le taux de mortalité. Le taux de décès n'est que d'environ 35 à 37%, un taux beaucoup plus faible que les années précédentes.

En 2017, l’unité s'est associée à celles d'autres grands hôpitaux du pays pour mener des projets de recherche au niveau ministériel : "Rechercher et appliquer les techniques modernes de dialyse dans la réanimation de patients graves et certains cas épidémiques dangereux". Cet ouvrage a reçu un prix dans le domaine des sciences et technologies.

En outre, depuis qu’elle applique la technique d'oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO), l’unité a sauvé de nombreux patients. "Le taux de succès des interventions d’ECMO est de 71% et le taux de patients libérés après une intervention par ECMO s’élève à 57%, un chiffre plus élevé que la moyenne mondiale (de 55%)", dit avec fierté Phan Thi Xuân.

Un bataillon de personnes dévouées

Affectée dans l’unité intensive-réanimation depuis 2 ans, la jeune femme médecin Huynh Thi Thu Hiên accumule une grande expérience. "Alors que mon travail à l'unité de soins intensifs est plus difficile et stressant que dans les autres services, je ne sais pas pourquoi mais plus j’y travaille et plus je m’y attache et j'aime mon métier. Je suis si heureuse lorsqu’un patient sort du coma", a confié Hiên.

Pour sa part, Phan Thi Xuân a déclaré que le SRICR était l'environnement professionnel le plus difficile et le plus stressant de l'hôpital Cho Rây. Chaque agent est en charge de 4 à 5 patients. Les patients dans un état sévère sont surveillés en permanence car certaines complications peuvent survenir à tout moment. Ainsi, les médecins qui y restent plus de 3 ans sont des modèles de bravoure et sont extrêmement respectés par leurs collègues : "De nombreuses personnes nous ont quitté parce qu’elles ne supportaient plus leurs conditions de travail. Mais il y a aussi beaucoup d’employés qui travaillent ici depuis plus de 20 ans", explique le médecin Xuân.

C’est le cas de l'aide-soignante Nguyên Thi Kim Thanh, qui accumule 21 années au sein du  service de réanimation intensive. Elle indique que la majorité des patients ne peuvent plus bouger et que par conséquent, elle doit prendre soin d’eux de A à Z, de la nutrition à l’hygiène personnelle. Parlant de son attachement au service depuis tant d’années, Thanh sourit doucement: "C’est parce qu’ils ont besoin de moi. Lorsque vous travaillez ici, vous comprenez mieux la valeur de la vie".

Bien que l'intensité du travail soit toujours élevée, les médecins soutiennent encore souvent d'autres unités en cas de besoin. En effet, pendant l’épidémie de COVID-19, les médecins de Cho Rây  ont porté renfort à l’unité de réanimation de l'hôpital des maladies tropicales notamment dans les soins accordés au patient N°91, un pilote britannique nécessitant la technique ECMO. La femme médecin Huynh Thi Thu Hiên témoigne, elle a été détachée à l’hôpital des maladies tropicales comme deux autres de ses collègues. "Le lundi matin, après une nuit de travail, j'ai reçu un appel d’urgence de l’un de mes supérieurs précisant qu’il fallait que je me rende immédiatement sur place pour assister l’équipe médicale dans la procédure ECMO pour ce patient".

Ces trois semaines au sein de l'Hôpital des maladies tropicales ont laissé des souvenirs mémorables pour Hiên car les soins destinés au patient Nº91 ont imposé de fortes contraintes. "Nous devions porter un équipement de protection dans une chambre d'isolement à pression négative pour surveiller la santé du patient. C'est le cas le plus lourd que j’ai jamais suivi", a conclu la docteure Hiên.

Souvent, alors qu’ils ne rentrent pas à la maison et oublient de prendre soin d’eux-mêmes et de leurs proches, le personnel de santé du service de réanimation intensive consacre des heures et des heures à soigner les malades. Leur tâche suprême est de sauver des vies… à tout prix. -CVN/VNA

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