Son Long Quyên Thuât, d’une discipline martiale à une philosophie de vie

Le Son Long Quyên Thuât compte plus de 25.000 pratiquants dans le monde et un nombre important de salles qui lui sont consacrés, aussi bien en France qu’en Suisse, en Autriche ou même au Burkina Faso...

Hanoi (VNA) – À l’inverse des autres écoles martiales vietnamiennes qui se sont exportées une fois leur renommée faite au pays, le Son Long Quyên Thuât s’est d’abord développé à l’étranger. Créé par le maître Nguyên Duc Môc, un Vietnamien enrôlé comme soldat supplétif par la France pendant la Seconde Guerre mondiale, cet art martial a en effet été ramené au Vietnam par l’un de ses disciples Olivier Barbey.

Actuellement, le Son Long Quyên Thuât compte plus de 25.000 pratiquants dans le monde et un nombre important de salles qui lui sont consacrés, aussi bien en France qu’en Suisse, en Autriche ou même au Burkina Faso...   

Son Long Quyên Thuât, d’une discipline martiale à une philosophie de vie ảnh 1Maître Nguyên Duc Môc, fondateur du Son Long Quyên Thuât. Photo: FIVV
 
Son Long Quyên Thuât, d’une discipline martiale à une philosophie de vie ảnh 2Olivier Barbey, deuxième doyen du Son Long Quyên Thuât . Photo: VTC
 

Le Son Long Quyên Thuât serait peut-être resté un art martial confidentiel si ses adeptes n’avaient pas été titillés par ceux d’un autre art martial vietnamien, le Vo Vât...

L’histoire commence dans les années cinquante, avec la venue en France d’un célèbre lutteur de Vo Vât, qui poussera l’arrogance jusqu’à prétendre que seul son art martial méritait d’être enseigné dans le monde entier... Nguyên Duc Môc allait lui répondre alors à la manière d’un maître: en ouvrant une école de Son Long Quyên Thuât.   

Au départ, Nguyên Duc Môc n’avait pas forcément l’intention de dispenser son savoir-faire de part le monde. Il voulait juste former quelques disciples, auxquels allait incomber la mission de veiller à la sécurité de la délégation vietnamienne en 1954, au moment des accords de Genève… C’est ce que confirme Hoàng Vinh Giang, le président de la Fédération mondiale des arts martiaux vietnamiens de Hanoï, grâce à qui le Son Long Quyên Thuât a obtenu son accréditation officielle.  

Son Long Quyên Thuât, d’une discipline martiale à une philosophie de vie ảnh 3Démonstration du Son Long Quyên Thuât. Photo: FIVV

«La délégation vietnamienne ne pouvait pas se payer de gardes de corps», raconte-t-il. «C’est donc Nguyên Duc Môc et ses disciples qui ont assuré la protection de la délégation vietnamienne pendant toute la période des discussions préparatoires aux accords de Genève, c’est-à-dire en 1954. Et effectivement, ils étaient dans des endroits stratégiques, prêts à intervenir en cas de besoin», ajoute-t-il. 

L’un des souhaits les plus chers de Nguyên Duc Môc était de pouvoir retourner un jour au Vietnam et de se reposer sur la terre de ses ancêtres… Lorsqu’il est décédé en 2009, il faut plus d’un an à Olivier Barbey, l’un de ses plus fidèles disciples, pour rapatrier ses cendres à Bac Ninh, sa province natale. C’est ce même Olivier Barbey qui décidera ensuite de tout laisser pour venir au Vietnam y enseigner le Son Long Quyên Thuât.   

«C’est un art martial polyvalent », nous dit-il. « Je veux dire en cela qu’on travaille en externe et en interne. On pratique pour aider l’autre, et pas du tout dans un esprit de compétition. C’est aussi une particularité du Son Long Quyên Thuât. Il y a beaucoup de pratiquants, mais aucun d’eux n’est arrogant.» 

Son Long Quyên Thuât, d’une discipline martiale à une philosophie de vie ảnh 4Les Barbey sont tous disciples du Son Long Quyên Thuât. Photo: FIVV

Aujourd’hui, Olivier et sa femme donnent des cours gratuits dans leur école à Hanoï, une école qu’ils dirigent suivant les préceptes du maître, qui a toujours voulu maintenir l’harmonie du corps et de l’esprit. 

«Pour Nguyên Duc Môc, l’art martial n’est pas une marchandise. C’est pour ça que les cours sont gratuits. Par contre, une participation financière est demandée quand il y a des évènements particuliers, et le bénéfice va bien évidemment au fonctionnement de l’école », précise Olivier. 

L’idée de Nguyên Duc Môc était d’enseigner le Son Long Quyên Thuât aux enfants en bas âge pour qu’ils puissent se former pleinement de l’intérieur. Un pratiquant d’art martial digne de ce nom ne cherche jamais l’affrontement. Les adeptes du Son Long Quyên Thuât, eux, sont toujours prêts à aider les gens en difficultés, en perte de repères, en leur permettant de retrouver une certaine forme d’harmonie. – VOV/VNA      

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