Sécurité au travail : Les jeunes sont plus vulnérables

En 2017, le pays a recensé près de 9.000 accidents du travail pour un total de 928 morts, occasionnant des pertes économiques s’élevant à 1.500 milliards de dôngs.
Hanoi (VNA) – Au Vietnam, la probabilité d’avoir un accident du travail augmente considérablement pour les jeunes de 15 à 24 ans. Le coût est lourd, humainement d’abord avec des centaines de morts chaque année, mais aussi sur les plans économique et social.
Sécurité au travail : Les jeunes sont plus vulnérables ảnh 1Les jeunes sont plus vulnérables que leurs aînés aux accidents du travail. Photo: CVN

Des chiffres qui font froid dans le dos. En 2017, le pays a recensé près de 9.000 accidents du travail pour un total de 928 morts, occasionnant des pertes économiques s’élevant à 1.500 milliards de dôngs. C’est ce que vient d’indiquer un récent rapport du Département de la sécurité au travail (relevant du ministère du Travail, des Invalides et des Affaires sociales).

Ce dernier tire la sonnette d’alarme devant l’augmentation du nombre d’accidents du travail ainsi que de leur niveau de gravité. Dans la période 1995-2005, environ 2.600 accidents en ont été recensés dans le pays, qui ont fait 260 morts. Sur la période 2006-2016, ces chiffres se sont élevés, respectivement, à 6.000 et 600, soit une moyenne de 50 morts par mois. Les pertes économiques sont estimées à 200 milliards de dôngs par an.

Des règles de sécurité peu appliquées
Sécurité au travail : Les jeunes sont plus vulnérables ảnh 2Des maçons travaillent sur le chantier d’un immeuble résidentiel. Photo : VNA
 
Cependant, les chiffres réels sont certainement plus élevés que ceux précisés dans ce rapport. "Le nombre réel de morts et de blessés est de deux à trois fois plus élevé que les chiffres mentionnés dans ce rapport. Car beaucoup d’entreprises cachent la vérité, en négociant avec la famille de la victime, pour éviter une déclaration qui mettrait en lumière leurs graves négligences de sécurité", a dévoilé Nguyên Anh Tho, chef adjoint du Département de la sécurité au travail.

C’est un fait, beaucoup d’entreprises portent peu d’intérêt aux règles de sécurité. Selon le chef adjoint du Bureau des relations travailleuses relevant de la Confédération générale du travail du Vietnam, Lê Dinh Quang, les jeunes de 15 à 24 ans sont les plus exposés au risque d’accident. Concrètement, le nombre de travailleurs de cette tranche d’âge touchés est 40% plus élevé que celui de travailleurs de plus de 24 ans.

Ce phénomène peut s’expliquer par leur manque d’expérience mais aussi par le fait qu’ils sont prêts à tout pour garder leur poste, y compris, parfois, à mettre leur santé en danger. Ils ne le font pas forcément sciemment. Les jeunes ont aussi souvent un sentiment d’invulnérabilité qui fait qu’ils se sentent peu concernés par les accidents ou la maladie. Mais ils ne peuvent pas anticiper ou prévenir les risques sans connaître l’environnement de travail et le processus de production qui règnent dans l’entreprise. Au fond, c’est moins l’âge qui fait le risque que l’inexpérience.

Le chef du Département de la sécurité au travail, Hà Tât Thang, abonde dans ce sens. "La principale raison des accidents chez les jeunes travailleurs est leurs connaissances limitées sur les risques professionnels et leur manque de compétences lors des négociations du contrat de travail, les conduisant souvent à assumer des tâches dangereuses sans protection adéquate", a-t-il souligné dans un colloque intitulé "Pour un monde sûr et sain: améliorer la sécurité et l’hygiène au travail pour les jeunes travailleurs" tenu mi-avril à Hanoï.

Organisé par le Département de la sécurité au travail et l’Organisation internationale du travail (OIT), cet événement était également une activité significative faisant écho à la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail (28 avril) et au Mois d’action pour la sécurité et l’hygiène au travail 2018 (mois de mai).

Des lacunes juridiques

Miranda Kwong, représentante du Bureau de l’OIT au Vietnam, a fait savoir qu’il y avait dans le monde 541 millions de jeunes travailleurs (âgés de 15 à 24 ans), représentant plus de 15% de la main-d’œuvre mondiale. Trente-sept millions d’entre eux travaillent dans des milieux dangereux. Pour assurer leur sécurité, il est nécessaire de commencer par l’éducation et la formation professionnelle au sein de la famille et de la communauté. Les employeurs doivent aussi reconnaître les dangers qu’ils font courir à la jeunesse.

Face à la situation compliquée des violations de la sécurité du travail, le vice-ministre du Travail, des Invalides et des Affaires sociales, Lê Tân Dung, a demandé au Département de la sécurité au travail d’inspecter les organisations chargées de la formation et du contrôle de la sécurité et de l’hygiène au travail. Il faut faire en sorte que les entreprises ne puissent plus se soustraire au respect des règles en la matière.  

En 2017, le Département de la sécurité au travail, en collaboration avec le ministère du Travail, des Invalides et des Affaires sociales, a inspecté plus de 40 établissements de formation en la matière. Il s’est également coordonné avec les Services du travail, des invalides et des affaires sociales dans le contrôle de 30 entreprises et d’une vingtaine d’organismes d’expertise. Il a ensuite retiré 78 résultats d’inspection technique de sécurité.

Cependant, il reste beaucoup de choses à faire pour mettre fin aux violations. L’inspection et le dépistage des infractions des entreprises rencontrent toujours des difficultés. Une des raisons principales est que l’équipe d’inspection doit avertir préalablement l’entreprise. "C’est une lacune juridique qui permet à l’entreprise de dissimuler les informations compromettantes", a déploré Nguyên Anh Tho.

Il n’a pas caché sa préoccupation sur le fait qu’à l’heure actuelle, les inspections se déroulent principalement dans les entreprises du secteur formel, alors que le secteur informel compte plus de 26 millions de travailleurs.

Il a souligné la nécessité d’une participation de toute la société, d’une coordination entre les secteurs et échelons, d’une sensibilisation des travailleurs pour les pousser à revendiquer leur droit, d’un renforcement de l’application des sciences et technologies en la matière. – CVN/VNA

Voir plus

Les étrangers au Vietnam peuvent obtenir un compte d’identification électronique

Les étrangers au Vietnam peuvent obtenir un compte d’identification électronique

Le gouvernement vietnamien a publié un nouveau décret renforçant le cadre de l’identification et de l’authentification électroniques. Le texte introduit notamment le compte destiné au versement des prestations sociales, interdit de demander des documents déjà intégrés à l’application nationale d’identification et élargit la liste des documents pouvant y être synchronisés.

Des bus font la navette dans la rue Lê Quang Dao, à Hô Chi Minh-Ville. Photo : VNA

La gratuité des transports en bus dope leur fréquentation à Hô Chi Minh-Ville

Jusqu'au 12 août, le réseau de bus de la ville avait enregistré près de 12 millions de trajets passagers, soit une hausse d’environ 44% sur un an. Rien que pour la journée du 12 août, quelque 306.000 passagers ont emprunté les bus gratuits, marquant une augmentation d’environ 55%, alors même que la rentrée scolaire n’avait pas encore officiellement eu lieu.

Le vice-ministre vietnamien de la Défense, le général de corps d’armée Nguyên Van Gâu (2e à droite, 1er plan) lors d’une séance de travail à l’Université de Géorgie. Photo : VNA

Le Vietnam s’enquiert des technologies américaines d’identification des restes de martyrs

L’Université de Géorgie constituait une étape clé ; elle abrite un modèle de recherche interdisciplinaire de premier plan consacré à la localisation et à la récupération de restes humains. Ses équipes de recherche ont mis au point un écosystème scientifique intégré alliant histoire, anthropologie, archéologie, intelligence artificielle (IA), détection chimique, ADN environnemental (ADNe), télédétection et géophysique.

Des étudiants de l'Université de technologie – Université nationale du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville s'exercent à des applications de haute technologie. Photo : VNA

Le Vietnam fait appel à l’expertise mondiale pour développer sa main-d’œuvre en IA

Le réseau mondial d’experts vietnamiens en intelligence artificielle vise à attirer les talents vietnamiens de l’IA à travers le monde et à renforcer les liens entre instituts de recherche, entreprises et experts afin de constituer des équipes de recherche solides et de favoriser la commercialisation, tout en mobilisant des experts pour conseiller les pouvoirs publics sur les politiques ainsi que sur les programmes et projets nationaux clés en matière d’IA.

Vietjet ajoute 82 000 sièges pour le pic de fréquentation de la Fête nationale. Photo : Vietjet

Vietjet ajoute 82 000 sièges pour le pic de fréquentation de la Fête nationale

Les vols supplémentaires concerneront principalement les liaisons reliant Hô Chi Minh-Ville et Hanoï à des pôles économiques et touristiques ainsi qu'à des destinations prisées telles que Da Nang, Nha Trang, Phu Quoc, Hué et Da Lat, offrant ainsi aux passagers davantage d'options en matière d'horaires et d'itinéraires durant cette période de forte affluence.

Les accusés au tribunal. Photo : tuoitre.vn

Fraude aux appels d'offres à Ca Mau : Nguyen Thi Thanh Nhan écope de 10 ans de prison

L’enquête a établi que Nguyen Thi Thanh Nhan, ancienne présidente du conseil d’administration et directrice générale d’AIC, était à l’origine de l’affaire et avait ordonné la constitution de sociétés "de façade" pour participer aux appels d’offres à travers le pays, fausser la concurrence et permettre à AIC de remporter les marchés.

Des passagers attendent aux portes d'embarquement (Photo : VNA)

De drones à l'aéroport de Tan Son Nhat : 73 vols directement impactés

La Société de gestion du trafic aérien du Vietnam (Vietnam Air Traffic Management Corporation -VATM) a rapporté que 73 vols ont été directement affectés suite à l'apparition de véhicules aériens sans pilote (UAV/drones) à proximité de l'aéroport de Tan Son Nhat le soir du 11 août. 

Une classe de langue vietnamienne du Conseil culturel et éducatif Canada-Vietnam (CVCEC). Phôt: VNA

Bilan de la Journée de valorisation de la langue vietnamienne à l’étranger

S'exprimant lors de la cérémonie, la vice-ministre des Affaires étrangères Le Thi Thu Hang a souligné que le projet « Journée pour la valorisation de la langue vietnamienne au sein de la communauté des Vietnamiens résidant à l'étranger pour la période 2023-2030 », mis en œuvre depuis plus de quatre ans, répond aux attentes de diffusion de la langue nationale. Elle a rappelé que la langue vietnamienne constitue un pilier spirituel et un lien entre le passé et le présent pour les expatriés.