Réveiller les espaces patrimoniaux de Hanoï

Actuellement, beaucoup d’espaces publics ou d’ouvrages architecturaux historiques de Hanoï sont tombés dans l’oubli et leurs valeurs ne sont pas valorisées correctement.
Réveiller les espaces patrimoniaux de Hanoï ảnh 1Une œuvre inspirée des estampes de Hàng Trông.

Hanoï (VNA) - Actuellement, beaucoup d’espaces publics ou d’ouvrages architecturaux historiques de Hanoï sont tombés dans l’oubli et leurs valeurs ne sont pas valorisées correctement. Heureusement, quelques projets artistiques sont déployés pour donner un nouveau souffle à ces ouvrages.

La maison communale de Nam Huong, rue Hàng Trông, arrondissement de Hoàn Kiêm, Hanoï est récemment devenue l’hôte d’une exposition d'œuvres artistiques inspirées des estampes de Hàng Trông. Une quarantaine d’œuvres ont été réalisées par les étudiants de l’École des beaux-arts de Hanoï dans le cadre du projet "De la tradition à la tradition".

Le nom du projet suscite une grande curiosité chez les visiteurs. La réponse est tout simple : les étudiants essaient de découvrir, exploiter et valoriser les valeurs des imageries de Hàng Trông en utilisant la laque et la soie, deux matériaux traditionnels des beaux-arts vietnamiens. Ainsi, les thèmes les plus connus des estampes de Hàng Trông comme les thèmes Ly ngu vong nguyêt (Carpe regardant la lune), Chim công (Paon), Ngu hô (Cinq tigres), Tu quy (Quatre plantes précieuses) ou le rituel Hâu dông (culte des Déesses-Mères des Trois mondes) sont décrits sur la soie ou exprimés dans les peintures en laque poncée.

Dans le cadre de ce projet, les étudiants ont eu l’occasion de rencontrer et de travailler avec Lê Dinh Nghiên, le dernier maitre artisan des estampes de Hàng Trông. D’autre part, les œuvres ont exposées dans la maison communale de Nam Huong qui est considéré comme "un témoin de la naissance, de la prospérité et de la dégradation de ces estampes populaires", a souligné Nguyên Thê Son, enseignant de l’École des beaux-arts de Hanoï et aussi initiateur du projet "De la tradition à la tradition".

L’exposition des œuvres dans cette maison communale a rencontré un grand succès en réveillant les valeurs culturelles et historiques de cet ouvrage.  L’interaction entre les œuvres – fruits de la créativité des jeunes artistes peintres et de la beauté séculaire de la maison communale offre aux visiteurs des émotions spéciales. La maison communale joue ainsi un double rôle : un espace dédié aux activités religieuses de la communauté et un espace artistique, a insisté Nguyên Thê Son. La maison communale de Nam Huong devient chaque weekend une adresse fréquentée dans la rue piétonne au tour du lac de Hoàn Kiêm.

Le projet d'arts communautaires contribue à changer la physionomie du quartier de Phuc Tân.

D’autres projets rencontrent aussi de vifs succès. Grâce aux efforts des artistes, la rue de Phùng Hung, situé au cœur du Vieux quartier, est devenu un musée de "street-art" en plein air. Avec des fresques réalisées sur les 19 travées du pont ferroviaire sur le thème de Hanoï d’antan, le projet a fait de cette rue un site à voir lors de toute visite de la capitale. Inaugurée en février 2018, la rue attire "des milliers de visiteurs chaque année", a informé Nguyên Thê Son.

Récemment, le projet d'arts communautaires mis en œuvre dans le quartier de Phuc  Tân a changé profondément la physionomie d’une petite rue bordant le fleuve Rouge. Autrefois encombrée de déchets, elle est aujourd'hui parée des œuvres de 16 artistes peintres vietnamiens et étrangers. Ancien port commercial animé de la capitale de Thang Long (Hanoï aujourd'hui), le quartier de Phuc Tân a grandement contribué à la prospérité de la ville. Pourtant, au fil du temps, Phuc Tân a dû faire face aux problèmes environnementaux. Les artistes ont étudié les facteurs historiques et culturels de ce terrain au bord du fleuve Rouge pour créer des œuvres en respectant au maximum l’espace local.

Ces projets justifient les efforts de la ville de Hanoï pour restaurer les espaces publics et patrimoniaux de la capitale, notamment le réseau des ouvrages religieux : maisons communales, temples et pagodes regroupés dans le Vieux quartier. L’artiste Nguyên Thê Son souhaite que les expositions d’œuvres contemporaines dans ces lieux contribuent à attirer davantage de visiteurs. Bien sûr, les œuvres doivent être capables de créer des dialogues et des échanges avec les visiteurs. Pour résoudre à cette question, l’artiste propose l’exploitation des valeurs traditionnelles dans la culture des villages de métiers artisanaux de Thang Long - Hanoï. La combinaison entre les arts et les espaces patrimoniaux donneront une nouvelle vitalité pour la ville millénaire de Hanoï. –CVN/VNA

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