Reach, 10 ans après…

16.000 étudiants, dont 50,1% de femmes, 87% d’entre eux qui réussissent à trouver un emploi après leur formation... Voilà quelques chiffres impressionnants qu’a enregistré Reach en dix ans d’existence.
Reach, 10 ans après… ảnh 1Le stand de Reach au BridgeFest 2019. Photo: Reach

Hanoï (VNA) - 16.000 étudiants, dont 50,1% de femmes... 87% d’entre eux qui réussissent à trouver un emploi juste après leur formation avec un salaire mensuel minimum de 4,7 millions de dôngs (environ 175 euros), soit le triple du SMIC vietnamien. Voilà quelques chiffres impressionnants qu’a enregistré Reach en dix ans d’existence. En 2008, cette ONG a pris appui sur le projet LABS, un projet censé réduire le taux de jeunes chômeurs au Vietnam. Son but? Offrir une formation professionnelle aux jeunes les plus démunis pour qu’ils puissent vivre de leur compétence.

Luu Lê Thuy a vingt ans. Il y a deux ans, faire des études supérieures après le bac n’était qu’un rêve inaccessible pour ce petit bout de fille originaire de Thanh Hoa.

«Je n’avais pas les moyens de financer mes études, et mes parents non plus», nous raconte-t-elle. «On était trop pauvre pour penser à quoi que ce soit. Je me suis donc inscrite dans une école professionnelle, parce que le cursus était moins long qu’à l’université, et surtout parce que les frais de scolarisation me semblaient être moins chers. Finalement, c’était quand même cher et j’ai arrêté au bout de deux ans…. J’étais en plein désarroi à l’époque. Sans diplôme convenable, qu’est-ce que je peux faire pour gagner ma vie et aider mes parents? Heureusement, une amie m’a parlé de Reach. J’ai tenté ma chance et puis voilà, on m’a proposé une formation en cuisine japonaise chez Sushi Kei. C’est gratuit à 100%. En même temps, je peux travailler dans ce restaurant pour gagner un petit peu d’argent de poche. Sans Reach, je n’aurai jamais fait ce que je fais aujourd’hui», affirme-t-elle.

Luu Lê Thuy fait partie des 16.000 jeunes défavorisés soutenus par Reach depuis dix ans. Ce sont des pauvres, mais aussi des orphelins, des handicapés, d’anciennes victimes de la traite humaine ou de la violence familiale.... Alors que trop souvent, ces jeunes restent sur le bord du chemin, Reach a choisi de leur tendre la main.

Reach, 10 ans après… ảnh 2Phan Thi Thanh Tam, la directrice de Reach Vietnam. Photo: Reach


«Nous voulons réduire les inégalités sociales en allant vers les jeunes défavorisés. Nous leurs proposons des programmes de formation grâce auxquels ils acquièrent des techniques professionnelles et deviennent de ce fait susceptibles de trouver un emploi et un revenu stable. Nos cours intensifs ne durent que six mois, y compris les cours d’anglais et ceux qui portent sur des compétences non techniques. Mais les jeunes sont accompagnés jusqu’à ce qu’ils trouvent un emploi stable. Parmi les étudiants auxquels nous avons apporté notre soutien, beaucoup ont réussi leur vie. Quelques uns sont devenus chefs d’entreprise, et d’autres ont monté leurs propres boîtes», nous explique Pham Thi Thanh Tâm, la directrice de Reach Vietnam.

La vente et le marketing, la coiffure et la manucure, la restauration et l’hôtellerie… En général, ce sont ces filières que Reach propose, en tout cas dans six localités où elle est implantée, à savoir Hanoï, Hai Duong, Huê, Dà Nang, Hôi An et Hô Chi Minh-ville. Mais depuis 2017, Reach s’oriente vers une stratégie d’entreprise sociale.

«Par définition, l’entrepreneuriat social consiste à créer une activité économique viable pour répondre aux besoins sociaux», précise Pham Thi Thanh Tâm. «Dès le départ, nous avons oeuvré à des fins sociales, et maintenant, nous associons la formation professionnelle à la monétisation en vue d’aider nos apprenants à augmenter leurs revenus. Ils n’attendent plus quelqu’un qui leur offre un travail. Ce sont eux qui exercent maintenant une activité commerciale pour gagner leur vie. Nous souhaitons élargir cette activité parce que c’est réellement bénéfique», ajoute-t-elle.

Pour faire du bruit en ce début de 2019, Reach a rejoint BridgeFest, un événement misant sur la réduction des inégalités sociales par l’éducation, en tant que co-organisateur mais aussi en tant qu’artiste. Thao Trang, une ancienne étudiante malvoyante de Reach, s’est en effet mise dans la peau d’une chanteuse en interprétant «I have a dream» lors du grand concert du 13 janvier. Lê Thuy, qu’on a rencontrée au début, y tenait quant à elle des stands de sushis, confectionnés avec amour… et reconnaissance. -VOV/VNA

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