Quand artisanat rime avec commerce en ligne hinh anh 1Capture d'écran du Fanpage de « Jardin des céramistes »

Hô Chi Minh-Ville (VNA) - Hô Chi Minh-Ville abrite différents villages d’artisanat. Nems de Thu Duc, brûle-encens d’An Hôi, nattes de Binh An… À chaque localité sa spécialité…

Ces derniers temps, grâce à la mise en place de plateformes de commerce en ligne, les produits qui sortent des ateliers locaux sont de plus en plus appréciés, non seulement sur le marché domestique, mais aussi au-delà de nos frontières...

La visite du village d’An Hôi n’est pas de tout repos, en tout cas pour les oreilles… Coups de marteau, vrombissement des machines à polir et à découper… La fabrication de brûle-encens, qui est donc l’artisanat local, s’accompagne d’un joyeux tintamarre.

Il s’en est pourtant fallu de peu pour que cet artisanat local disparaisse… Il n’était plus pratiqué que par de rares personnes, lesquelles étaient obligées de pratiquer des prix qui n’avaient bien évidemment rien de concurrentiel. C’est le commerce en ligne qui a fini par sauver les artisans d’An Hôi, comme nous l’explique Trân Minh Toàn, l’un d’entre eux.

«Le commerce en ligne permet aux villages d’artisanat d’assurer la promotion de leurs produits. C’est une méthode très efficace qui se traduit par une augmentation du chiffre d’affaires», constate-t-il.

En ce moment, de nombreuses plateformes dédiées aux métiers artisanaux fleurissent sur la toile. Elles facilitent la mise en relation entre artisans et clients, ainsi que l’écoulement des produits dans le pays et à l’étranger. Du côté de l’artisan, c’est une façon de mettre en valeur le travail et les produits en les rendant visibles et accessibles. Du côté du client, ces plateformes permettent d’acheter des produits et de découvrir les artisans qui en sont les créateurs.  

Mais mettons le cap un peu plus au sud, sur la province de Binh Duong, et plus précisément sur le village de Lai Thiêu, qui, il y a quelques années encore, abritait près de 200 producteurs de tirelires en céramique, et qui n’en compte plus qu’une vingtaine aujourd’hui… Il y a quelques années, le métier de potier, qui faisait pourtant la fierté du village, était au bord de la disparition. Les artisans les plus tenaces ont alors décidé de créer un atelier intitulé « Jardin des céramistes » pour vanter leur savoir-faire sur les plateformes de commerce en ligne, les sites web et les réseaux sociaux. Même Facebook a été mis à contribution, comme nous le raconte Nguyêt Anh, l’une des responsables de ce « Jardin des céramistes ».  

« J’utilise aussi Facebook pour présenter et vendre mes produits. Je poste plein d’informations sur les produits d’ici et je fais des mises à jour, si nécessaire… Facebook, c’est le réseau social le plus en vogue, alors pour un village comme le nôtre, c’est un outil de promotion formidable ! », nous explique-t-elle.

Le développement des technologies de l’information permet aux villages dits «de métiers» de promouvoir leurs produits et d’accéder à un marché plus vaste. Auparavant, leurs produits étaient présentés surtout dans des foires ou à l’occasion de tel ou tel évènement… Maintenant, Internet leur assure un rayonnement sans limite. Nguyên Huu Phuoc, qui est le vice-président de l’Association des villages d’artisanat du Vietnam, est le premier à s’en réjouir.     

«C’est la tendance, et il est bien normal que les villages d’artisanat cherchent à s’adapter aux exigences du marché. Le but ? Conquérir les marchés étrangers et augmenter le chiffre d’affaires», nous dit-il.

Force est de constater que le commerce en ligne contribue pour une part importante à accroître la compétitivité, en incitant les artisans à faire preuve d’audace et de créativité tout en perpétuant l’héritage de leurs ancêtres... Comme quoi, lorsque le passé se conjugue au présent, tout devient possible pour le futur… -VOV/VNA