Hanoi (VNA) – Cinquante-quatre ethnies, huit sites naturels et culturels inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco et des milliers d’autres au patrimoine national… Le Vietnam a largement de quoi rendre fière sa population et attirer les touristes du monde entier. Préserver et valoriser ces patrimoines sont une mission qui incombe aussi bien à l’Etat qu’à toute la société.

Le Village culturel et touristique des ethnies du Vietnam organise au mois de novembre une «Semaine de la grande union des ethnies et des patrimoines culturels vietnamiens». Photo : VOV

Depuis six ans, le Village culturel et touristique des ethnies du Vietnam à Dong Mo, en banlieue de Hanoi, organise au mois de novembre une «Semaine de la grande union des ethnies et des patrimoines culturels vietnamiens».

L’édition 2017 a accordé la part belle à la culture du Sud, avec notamment une reconstitution du marché flottant de Cai Rang, classé au patrimoine culturel immatériel national, et des représentations de don ca tai tu, un art musical inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Mais des ethnies venues du Nord y ont également participé.

«C’est une excellente occasion de rencontre entre différentes ethnies en vue d’une meilleure compréhension mutuelle et d’une plus grande solidarité. Ensemble, nous édifierons un Vietnam moderne qui garde quand même toute son identité culturelle», nous confie Nguyen Thi Phuong, une Muong de Hoa Binh. 

Outre des activités culturelles et artistiques, des séminaires portant sur la préservation et la valorisation des patrimoines culturels ont été organisés à cette occasion.

Le développement du tourisme s’avère être un moyen efficace de préserver et de valoriser ces patrimoines. C’est en tout cas l’avis de Nguyen Manh Cuong, ancien chef adjoint de l’Administration nationale du tourisme du Vietnam (ANT).

«C’est grâce au tourisme que les patrimoines culturels et naturels vietnamiens sont connus partout dans le monde», dit-il. «Une partie des recettes touristiques est réinvestie dans la sauvegarde de ces patrimoines. Sans les touristes, personne ne songerait à visiter certains sites, et ceux-ci tomberaient vite en ruine.» 

La baie de Ha Long, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Photo : vnexpress

A la baie de Ha Long, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, préservation de la nature et diversification des produits touristiques vont de pair, explique Nguyen Huyen Anh, cheffe adjointe du comité de gestion de la baie de Ha Long.

«Nous sommes conscients de la nécessité de préserver le patrimoine tel qu’il est, puisque ce sont justement les valeurs reconnues par l’Unesco qui ont fait le label touristique de Ha Long. Aussi avons-nous décidé d’opter pour un développement touristique durable. Le village des pêcheurs de Vong Vieng s’inscrit dans cette logique, c’est un beau site d’aquaculture à visiter», explique-t-elle. 

L’éducation et la sensibilisation des habitants font partie des mesures essentielles pour préserver les patrimoines culturels, indique Le Xuan Kieu, directeur du Centre d’activités culturelles et scientifiques au Van Miêu (Temple de la Littérature)-Quôc Tu Giam (Collège national), à Hanoï.

«Au lieu d’accéder au savoir de façon passive en écoutant des présentations pré-enregistrées, les jeunes peuvent tout à fait le faire de manière active», estime-t-il. «Et c’est justement ce sens de l’initiative et de la créativité qui les rendra plus attachés aux patrimoines culturels nationaux. Notre centre collabore avec des experts et des enseignants pour créer des produits éducatifs qui stimuleront ce côté créatif des jeunes.»

Enfin, côté financier, c’est désormais un leitmotiv au Vietnam que d’encourager la participation de toute la société. Car in fine, qui dit patrimoine national dit bien du peuple. – VOV/VNA