Hanoi (VNA) - Les accidents de la vie courante sont l’une des premières causes de mortalité chez les enfants au Vietnam. Avec une vigilance accrue et des mesures simples, bon nombre de ces catastrophes pourraient cependant être évitées. Enquête.


Plus de securite pour nos enfants hinh anh 1La négligence des adultes provoque des accidents de la vie courante chez les enfants. Photo : Duong Ngoc/VNA/CVN
En 2013, 6.498 enfants et mineurs âgés de 0 à 19 ans sont décédés des suites d’un accident de la vie courante, soit18 par jour contre 7.460 en 2010. Sur la période 2010-2013, le taux de mortalité dans cette catégorie d’âge causée par ces accidents au Vietnam (noyades, chutes, brûlures, accidents de la route, etc.) a été le double de la moyenne des pays développés, et huit fois plus pour les seules noyades.

Chaque jour, une dizaine de 0-19 ans meurent de noyade, pour l’essentiel dans les deltas du fleuve Rouge, du Mékong, ainsi que dans le Nam Bô oriental, le pic étant atteint pendant les vacances d’été et la saison des crues.

Ces accidents de la vie courante ont - sans parler de la dimension sociale - un coût élevé pour ceux qui en sont victimes et leurs parents, mais aussi pour le pays en raison des traitements médicaux coûteux, estimé à environ 30.000 milliards de dôngs par an.
Plusieurs facteurs viennent expliquer cette situation : le manque de connaissances, d’équipements de sécurité, de moyens des localités pour les activités de prévention et de lutte contre les accidents de la vie courante chez les enfants et, bien entendu, la négligence des adultes.

Une mobilisation collective


Plus de securite pour nos enfants hinh anh 2Un cours de natation réservé aux jeunes du district de Dông Xuân, province de Phu Yên (Centre). Photo : Trinh Nhiêm/VNA/CVN
Ces dernières années, le Vietnam a déployé d’importants efforts pour réduire le nombre de ces drames. Le programme dédié à leur prévention et lutte (période 2013-2015)  a enregistré des résultats encourageants. En premier lieu, il a permis de responsabiliser les autorités de tous les échelons, mais aussi la société face à ce problème.

Cela s’est traduit par l’application de modèles comme «Habitations sûres», «Établissements scolaires sûrs», «Prévention de la noyade chez les enfants» ou encore «Prévention et lutte contre les accidents de la route des enfants».

Attention toutefois à ne pas se réjouir trop rapidement, puisque l’objectif de réduire de 15% le nombre d’accidents du quotidien, à commencer par les noyades - les plus fréquentes - est loin d’être atteint. Cela implique des solutions plus énergiques et la participation de toutes les composantes de la société.

Au regard de ce bilan contrasté, le gouvernement vient d’approuver le programme de prévention et de lutte contre les accidents de la vie courante des enfants pour la période 2016-2020. La priorité est logiquement donnée aux noyades et accidents de la route, de sorte que moins de 600 enfants sur 100.000 en soient victimes et que les accidents domestiques en frappent moins de 17 sur 100.000.

Autres objectifs : qu’il y ait, d’ici 2020, 5 millions d’«habitations sûres», 10.000 «établissements sûrs» et 300 «communes, quartiers, bourgs sûrs», et une réduction de 6% du nombre de décès par noyade par rapport à 2015. Dans cette optique, 40% des enfants des écoles du primaire et collèges devront être équipés des connaissances de base sur la sécurité en milieu aquatique, et 90% porter un gilet de sauvetage lors des traversées par voie fluviale.

Selon Dang Hoa Nam, chef du Département de soins et de protection des enfants (ministère du Travail, des Invalides et des Affaires sociales), «la tâche s’annonce lourde pour les personnes chargées de soigner et protéger les enfants». C’est pourquoi l’ensemble des autorités -nationales, provinciales, locales - et de la société a le devoir de s’y atteler.

Le meilleur moyen d’y parvenir reste les activités de communication afin de responsabiliser les gens de sorte qu’ils se montrent plus vigilants. Sans oublier la multiplication des modèles visant à assurer la sécurité des enfants à la maison, à l’école et dans la rue.

Dào Hông Lan, vice-ministre du Travail, des Invalides et des Affaires sociales, se veut résolument optimiste en rappelant que début avril, l’Assemblée nationale (XIIIe législature) a approuvé la Loi sur l’enfance. Et de conclure qu’«il s’agit d’un vrai tournant qui permettra de mobiliser les ressources aussi bien humaines que matérielles dans les soins et la protection des enfants». -CVN/VNA