L’homme qui a la tête dure et plus d’un atout dans son sac

L’homme qui a plus d'un tour dans sa tête dure

Passionné d’arts martiaux depuis son enfance, Nguyên Quang Hiên, 28 ans, s’est spécialisé dans les exploits d’un type particulier. Cassage de briques avec la tête, soulever de seaux d’eau avec les paupières, rien ne lui fait peur. Vous avez dis masochiste ?
Passionnéd’arts martiaux depuis son enfance, Nguyên Quang Hiên, 28 ans, s’estspécialisé dans les exploits d’un type particulier. Cassage de briquesavec la tête, soulever de seaux d’eau avec les paupières, rien ne luifait peur. Vous avez dis masochiste ?

Nguyên QuangHiên est né à Hô Chi Minh-Ville (Sud) dans une famille où aucun membrene pratique les arts martiaux. Pourtant, à l’âge de huit ans, Hiên s’estpris de passion pour les sports de combat et s’est inscrit dans un clublocal de Vovinam. En 1997, après le décès de sa mère, son père a dûnourrir la famille avec son métier de xe ôm (moto-taxi). Pour l’aider,il est devenu agent de sécurité et, malgré les conditions difficiles,n’a pas tiré un trait sur sa passion.

Endurcir le corps et l’esprit


"Un jour, confie-t-il, j’ai eu une révélation en assistant auspectacle d’une troupe chinoise de kung fu. J’ai été particulièrementimpressionné par le numéro où les gars se frappent la tête avec unebarre de fer jusqu’à ce que cette dernière se casse en deux. Là je mesuis dis : + c’est ça que je veux faire !+".

Hiên acommencé l’entraînement... dès le lendemain. Au début, il a utilisé unbâton de la grosseur du bras, et s’est frappé la tête, au débutdoucement puis de plus en plus fort, afin de s’habituer à supporter ladouleur.

Plus tard, il a ficelé une centaine detiges de rotin pour en faire un paquet, et s’en est servi comme pushingball. Poings, bras, tête... tout y est passé. Pour travaillerl’endurcissement physique mais aussi psychologique. Car la performancephysique ne vient pas uniquement de la force musculaire. L’esprit aussidoit être endurci.

Le lendemain, il s’est retrouvéavec de nombreux hématomes. Il a dû arrêter l’entraînement et prendredes médicaments pendant un mois.

Au fil desentraînements - et des blessures -, sa tête s’est habituée aux coups.Dire qu’il a "la tête dure" n’est pas un vain mot. Après plusieursannées d’entraînement, Hiên a donné son premier show en 2005 à Hô ChiMinh-Ville. Comme entrée en matière, il a cassé avec la tête 60 briquesen 45 secondes. Ensuite, il a fracassé des piles de briques. Autantd’exploits souvent réalisés avec les mains mais rarement avec la tête.Cette partie de son corps, Hiên la bichonne. Trois fois par mois, il sela rase. Car selon lui, la tête doit rester chauve. "Ma tête n’est pasen fer ou en cuivre, et plus d’une fois elle a été écorchée. Une têtesans cheveux cicatrise mieux", explique-t-il.

Sonpère lui a plus d’une fois conseillé d’abandonner ses exploits. Car,selon lui, ce n’est qu’une passion, elle ne nourrit pas son homme et enplus elle peut s’avérer dangereuse pour la santé. "Mais après quelquesjournées d’arrêt, la fièvre me reprenait. Impossible d’y échapper. C’estune passion, elle fait partie de moi maintenant".

Et des incidents


Une fois la tête endurcie, il a commencé à entraîner les partiesmolles... En 2007, au Festival des fleurs de Dà Lat, il a réalisél’exploit de pousser sur 80 m un camion de 7 tonnes. Petit détail : il autilisé une pique dont l’extrémité pointue était posée sur sa gorge.Ensuite, il a poussé de la tête un camion de 2,5 tonnes chargé de 50personnes. Après, beaucoup de curieux sont venus examiner de près soncrâne et son cou pour vérifier leur état !

Maiscertains spectacles ne se passent pas aussi bien. Une fois, il a bienfailli y laisser sa peau. Il était allongé sous une planche de bois etune voiture devait lui passer dessus. Le véhicule est monté sur laplanche puis s’est arrêté. Le public s’est mis à applaudir. Cinq minutesplus tard, la voiture s’est retirée et Hiên est apparu sansconnaissance. "Quand le minibus m’est monté dessus, son poids m’aempêché de respirer, confie-t-il en riant. J’accepte de faire tout cequi est le plus original et le plus dangereux. Et j’en accepte toutesles conséquences. C’est juste l’amour de l’art".

En2010, Hiên a présenté son numéro de lever de seaux d’eau avec lespaupières. Il utilise pour cela deux chaînettes terminées par deshameçons accrochés à ses paupières. Au bout des chaînettes pendent deuxseaux de 4,5 kg. Les paupières, et plus largement les yeux, sont trèssensibles. Durant des nuits, ses paupières gonflées et douloureusesl’ont empêché de fermer les yeux. Mais pas question d’abandonner...

Pour Hiên, la force réside moins dans les muscles que dans l’esprit.Fort psychologiquement, très exigeant avec lui-même, Hiên l’estcertainement. Mais dans la vie quotidienne, il se révèle doux etsentimental, amical et modeste avec tout le monde. Un vrai colosse aucœur tendre. – VNA

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