L'ex-président philippin Benigno Aquino. Photo: AP

Hanoï (AVI) - L'agence philippine anti-corruption a recommandé le 20 juin une accusation pénale contre l'ex-président Benigno Aquino pour avoir déboursé 72 milliards de pesos (1,35 milliard USD) de fonds publics pour des projets gouvernementaux majeurs sans l'approbation du Congrès.

Cette somme d’argent était devenue une source de controverse au cours de son mandat de 2010 à 2016, avec des critiques affirmant que l’ex-président philippin l'a utilisée pour troquer contre des faveurs des législateurs. Mais, il a toujours nié tout acte répréhensible.

L'accusation, déposée la semaine dernière par un procureur spécial anti-corruption mais seulement rendu public le 20 juin, allègue qu'Aquino a violé la séparation des pouvoirs de la constitution, a rapporté l'AFP.

Dans l'acte d'accusation, le procureur Conchita Morales a allégué qu'Aquino a écrit une série d'instructions à son ministre du Budget et de la Gestion pour canaliser 72 milliards de pesos dans une initiative spéciale en juin 2012.

Aquino a baptisé l'initiative, le «programme d'allocation des décaissements», une tentative visant à stimuler la croissance économique via l’accélération des dépenses publiques

Le programme a redirigé l'argent non dépensé dans les budgets des agences vers d'autres parties du gouvernement qui avaient besoin de financement pour des projets.

Le programme a commencé en 2012, mais Aquino a été forcé de l'arrêter deux ans plus tard, après que la Cour suprême a statué qu'elle violait une disposition constitutionnelle qui donne à la législature le seul pouvoir d'autoriser les dépenses du gouvernement.

Le procureur a abandonné l'affaire en 2015, mais s'est retournée après un appel d'un groupe de législateurs et de militants anti-corruption. S'il est reconnu coupable, Aquino pourrait faire face à deux ans et quatre mois de prison.

L'ancien ministre du Budget et de la Gestion, Florencio Abad a également été inculpé pour la même infraction. -VNA