Les rites nuptiaux des Nùng

Après avoir appris le consentement préliminaire de la famille de la fille, celle du garçon lui donne rendez-vous dans les dix jours pour une conversation officielle.
Les rites nuptiaux des Nùng ảnh 1Le jour du mariage des Nung de Lao Cai. Photo : baotuyenquang.com.vn

Hanoï (VNA) - Les Nùng sont une communauté ethnique très présente dans la province de Lào Cai. Les jeunes Nùng sont libres de choisir leur compagnon ou leur compagne, mais doivent obtenir l’accord de leurs parents pour pouvoir se marier. Les parents du garçon - car c’est traditionnellement à celui-ci que revient l’initiative - font alors appel à un entremetteur ou à une entremetteuse pour les mettre en contact avec l’autre famille et les aider à organiser les noces en bonne en due forme.

Après avoir appris le consentement préliminaire de la famille de la fille, celle du garçon lui donne rendez-vous dans les dix jours pour une conversation officielle, en présence de l’entremetteur ou de l’entremetteuse. Ce jour-là, la délégation du futur mari apportera à la famille de la future épouse un coq castré enfermé dans une cage sur laquelle est collé du papier rouge, une bouteille d’alcool et des friandises. Après s’être délectés du coq en question, ils en prendront l’os de la cuisse et le montreront à un devin, lequel leur dira si les deux jeunes gens sont faits pour vivre ensemble. En cas de réponse positive, les deux familles choisiront deux jours fastes, l’un pour organiser la cérémonie de demande de la main et l’autre, le mariage.

Lors de la première cérémonie, elles se mettront d’accord sur les cadeaux que la famille du garçon devra apporter à l’autre le jour du mariage. Les incontournables sont un coq, une poule, un cochon de 40 kg, de 15 à 20 bouteilles d’alcool, une quantité de riz gluant correspondante et 12 grands gâteaux de riz de forme ronde. Mais il faut également une ceinture, deux bracelets, 100 grammes de petites billes en argent et 14 boutons, en argent aussi. C’est avec ces objets que la fille confectionnera sa robe de mariée. Et ce n’est pas tout, prévient Vàng Thông Chung, un Nùng du district de Muong Khuong.

« Ce sont les objets destinés à la confection de la robe de mariée qui coûtent le plus cher. En fait, la famille du garçon doit prévoir un budget conséquent. Si l’on suivait strictement la tradition, il faudrait entre 60 et 80 litres d’alcool, entre 80 et 150 kg de viande. En plus, il est de coutume de remettre 4 pièces de monnaie en argent à la mère de la future mariée, pour la remercier de l’avoir mise au monde, et à chacun de ses grands-parents, s’ils sont encore en vie, une autre pièce, pour les remercier de l’avoir portée dans leurs bras », précise-t-il.

Les rites nuptiaux des Nùng ảnh 2Le jeune couple devant l'autel des ancêtres. Photo : toquoc.vn


Le jour J, la délégation du marié se rend chez sa belle. Au pied de l’escalier de la maison sur pilotis, la famille de la fille a installé un bassin d’eau. Cette eau servira à éclabousser le marié et d’autres membres de sa délégation, pour chasser la malchance qui pourrait les poursuivre. Ce n’est qu’après ce rite que la délégation pourra entrer dans la maison. Le marié posera alors sur l’autel des ancêtres des gâteaux de riz, brûlera des bâtonnets d’encens et demandera la permission de ramener l’élue de son cœur chez lui.

La délégation repart, avec la mariée qui se couvre la tête d’un voile rouge. Son mari la protège d’un parapluie noir. Pourquoi ce parapluie ?

« Le mari couvre sa femme d’un parapluie noir pour la protéger de l’eau dont l’éclaboussent d’autres membres de sa famille », explique Trân Chi Nhân, un Nùng du district de Hoàng Su Phi. « Sur le trajet, il y a certainement un petit ruisseau, la mariée n’a pas le droit de l’enjamber mais doit attendre que l’entremetteur ou l’entremetteuse la porte sur son dos. Selon la tradition, avant de se recueillir devant l’autel des ancêtres de sa belle-famille, elle n’appartient pas encore à son mari avec lequel les gestes intimes ne sont pas autorisés ».

Arrivée chez son mari, la mariée doit se rendre directement… dans la cuisine, une botte de riz et un tube de bambou rempli d’eau dans la main. Elle accroche la botte de riz au-dessus et verse de l’eau dans la poêle posée sur le foyer. Ce rite signifie qu’elle est parfaitement consciente de sa vocation à apporter de la nourriture et de bonnes choses à sa belle-famille et à lui préparer tous les jours de bons repas. Après ce rite, l’entremetteur ou l’entremetteuse brûlera des bâtonnets d’encens sur l’autel des ancêtres devant lequel le jeune couple se prosternera. La mariée lèvera son voile, marquant son intégration officielle au sein de sa belle-famille. Le couple se présentera alors aux convives en les invitant à boire.-VOV/VNA

Voir plus

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.

Parmi les nombreux symboles qui incarnent le Nouvel An lunaire au Vietnam, le "bánh chưng" – gâteau traditionnel de riz gluant du Têt – s’impose comme une empreinte mémorielle profondément ancrée dans la conscience collective. Photo : VNA

Le "bánh chưng" – L'âme intégrale du Têt vietnamien

Au cœur du panthéon symbolique du Têt, le banh chung transcende sa nature de mets traditionnel pour s’ériger en véritable socle de l'identité vietnamienne, une empreinte indélébile gravée dans la mémoire collective de tout un peuple.

À l'approche du Nouvel An lunaire, les vidéos expliquant comment préparer les festins traditionnels du Têt reçoivent de plus en plus de « j'aime » et de commentaires. Photo : tienphong.vn

Le Têt et la vague du « retour au village natal »

Des millions de vues pour les vidéos de confiseries traditionnelles, des dizaines de milliers de partages pour les vlogs sur le Têt au village : autant de contenus qui ont inspiré de nombreux jeunes à prolonger leur séjour à la maison, à apprendre à cuisiner les plats de leur grand-mère ou de leur mère, à consigner les souvenirs familiaux et à les partager en ligne. De là est née une vague discrète mais profonde : le phénomène du « retour au village natal ».

L'art ancestral de l'emballage du "bánh chưng" : un rituel du Têt vietnamien

L'art ancestral de l'emballage du "bánh chưng" : un rituel du Têt vietnamien

Avec l'évolution de la société, de nombreuses coutumes liées au Têt se sont peu à peu estompées. Cependant, la préparation du "bánh chưng" (gâteau de riz gluant) demeure une tradition culturelle emblématique du peuple vietnamien, perpétuée chaque année par de nombreuses familles. À l’approche du Têt, les générations de descendants se rassemblent pour préparer le "bánh chưng", choisissant soigneusement les plus beaux gâteaux à déposer sur l’autel des ancêtres en hommage et en respect des traditions.

Plats traditionnels incontournables sur les tables du Têt au Nord

Plats traditionnels incontournables sur les tables du Têt au Nord

Le Têt permet de se retrouver en famille. Plus les plateaux sont riches, plus cela exprime le respect envers les ancêtres. Les plateaux traditionnels du Nouvel An lunaire se composent de nombreux mets et symbolisent tous divers souhaits et vœux de chaque famille pour la nouvelle année. Les plateaux du Têt sont également très colorés : le vert du banh chung mélangé au rouge du riz gluant en passant par le jaune des pousses de bambou...

Les couleurs de l’ancienne capitale impériale Huê au cœur de la Foire du Printemps 2026

Les couleurs de l’ancienne capitale impériale Huê au cœur de la Foire du Printemps 2026

A la Foire du Printemps 2026, le pavillon de Huê s’est imposé comme l’un des espaces les plus attractifs, captivant un très nombreux public grâce à une scénographie profondément imprégnée de l’âme et de l’identité culturelle de l’ancienne capitale impériale. Les produits emblématiques de Huê y sont présentés avec soin : áo dài aux lignes gracieuses, chapeaux coniques en herbe cỏ bàng, bâtons d’encens au bois d’agar aux parfums envoûtants, fleurs en papier de Thanh Tiên… Sans oublier les objets artisanaux typiques et les spécialités culinaires qui font la renommée de la région.
L’ensemble crée une expérience immersive et authentique : les visiteurs déambulent dans un univers où se mêlent élégance royale, savoir-faire ancestral et douceur du quotidien huéen, redécouvrant ainsi, le temps d’une visite, la quintessence raffinée de l’ancienne capitale impériale.

Phung Thi Hông Tham remporte la médaille d'or dans la catégorie amateur féminine des 63 kg aux Championnats du monde de Kun Khmer 2026. Photo : nld.com.vn

Le Vietnam brille aux Championnats du monde de Kun Khmer

Ces résultats placent provisoirement le Vietnam en tête du classement des médailles avec quatre médailles d’or et une d’argent. Ce classement pourrait toutefois évoluer, car une vingtaine de finales supplémentaires, dans les catégories seniors, juniors et jeunes talents, sont prévues le 12 février.

Cérémonie d'ouverture de la 46e édition du Festival floral du Printemps à Hô Chi Minh-Ville. Photo: VNA

De multiples activités festives pour célébrer le Têt traditionnel 2026

À Hô Chi Minh-Ville, le Comité populaire municipal a inauguré dans la soirée, au parc Tao Dan, la 46e édition du Festival floral du Printemps. Organisé sur une superficie de près de 9,6 hectares, l’événement se tient jusqu’au 22 février (6e jour du Têt), perpétuant une tradition culturelle emblématique de la métropole méridionale depuis près d’un demi-siècle.