Les "pièces du puzzle" du bánh chung

À l’approche du Têt, l’effervescence est de plus en plus palpable à Tranh Khúc, Tràng Cát et Lê Xá. Depuis des générations, ces villages fournissent les ingrédients pour la fabrication des bánh ch
Les "pièces du puzzle" du bánh chung ảnh 1Photo: internet

Hanoï (VNA) - À l’approche du Têt, l’effervescence est de plus en plus palpable à Tranh Khúc, Tràng Cát et Lê Xá, à Hanoï. Depuis des générations, ces villages fournissent les ingrédients pour la fabrication des bánh chung.

Lors du Têt, un mets immanquablement présent dans tous les foyers est le bánh chung (gâteau de riz gluant de forme carrée, farci de viande et de haricots), enrobé par les feuilles de lá dong (Phrynium placentarium). Pour aller à la source de ce célèbre gâteau traditionnel, quoi de mieux que de se rendre à Tranh Khúc, Lê Xá et Tràng Cát. Ces trois villages de la banlieue de Hanoï ont une réputation ancestrale à tenir : ils sont tous un maillon de la chaîne de production des ingrédients des bánh chung, et ce depuis plusieurs générations.
 
À Tràng Cát, on récolte

Situé à environ 20 km du centre-ville de Hanoï, le hameau de Tràng Cát, commune de Kim An, district de Thanh Oai, est réputé depuis des siècles pour ses feuilles de dong. À quelques jours du Têt traditionnel du rat 2020, les camions remplis de lá dong font déjà la navette.
 
Cette année, le prix de ces dernières est plus élevé que les années précédentes, ce qui ravi particulièrement les villageois. Ils travaillent ensemble et bavardent joyeusement à côté des bottes de feuilles bien rangées.

"Personne ne sait depuis quand la +lá dong+ est présente dans notre pays. Néanmoins, moi et les habitants d’ici, nous consacrons toute notre vie à cet artisanat traditionnel légué par les ancêtres. À l’heure actuelle, le village compte environ 300 familles spécialisées dans la culture de Phrynium", a confié Phan Vân Tú, une femme âgée.

À l’approche du Têt, les ventes augmentent de sept ou huit fois par rapport aux jours ordinaires. De nombreux foyers producteurs doivent alors embaucher des travailleurs supplémentaires afin de répondre à la demande.
 
On commence à récolter les lá dong à partir du 12e jour du 12e mois lunaire. C’est le moment où les villageois sont les plus occupés. On se hâte de les préparer pour servir nos clients des quatre coins du pays.

Auparavant, les agriculteurs, outre la récolte, devaient se rendre eux-mêmes sur place pour livrer la marchandise au domicile du client. Un travail pénible à assurer jour après jour. Aujourd’hui, Tràng Cát est devenu tellement connu que tous les clients s’y ruent pour acheter des lá dong. Les grandes feuilles vertes y sont toujours sélectionnées. Le succès est tel qu’elles sont même exportées à l’intention des Vietnamiens résidant à l’étranger.
 
À Lê Xá, on fend
 
De son côté, le village de Lê Xá, commune de Mai Lâm, district de Dông Anh, est connu par la fabrication des ficelles de giang (un type de bambou). On peut y découvrir des scènes diverses : des gens qui travaillent ensemble, des tiges de giang découpées en tronçons qui sont arrangés dans la cour, des bouquets de ficelles blanches suspendus devant les maisons.
 
Dô Thi Tich, 87 ans, a consacré toute sa vie à cet artisanat. Elle l’a commencé quand elle avait 17 ans. Soixante-dix ans se sont écoulés, et elle est incapable de compter le nombre de ficelles de giang qu’elle a fendues.

"Tous les jours, je vends des balais au marché. À l’approche du Têt,  je raille des ficelles de +giang+ afin d’augmenter mes revenus. Je peux traiter 10 à 20 tronçons par jour selon la taille de chacun et fabriquer 100 à 200 ficelles", a-t-elle informé, ajoutant qu’il faut fendre rapidement. Parce que si les pièces de giang se déshydratent, il sera très difficile de fabriquer des ficelles. Et puis, celles-ci doivent être séchées afin de nouer solidement les bánh chung.

"Les ficelles ont une longueur de 25 cm à 80 cm, selon la taille du gâteau. Dans chaque bouquet, vendu de 10.000 à 20.000 dôngs, il y en a environ 100 ou 150", a dit Mme Tich.

Dans le village, on dénombre plus de 400 foyers producteurs. À l’approche du Têt, les besoins des clients augmentent fortement.
 
À Tranh Khúc, on emballe

Le village de bánh chung de Tranh Khúc met aussi les bouchées doubles pour satisfaire la forte demande des consommateurs. Ambiance animée garantie. Dans la grande cour de la famille de Lý Thi Thiêp, 60 ans, 12 personnes divisées en groupes travaillent ensemble. L’un lave et arrange les lá dong, l’autre prépare du haricot mungo, de la poitrine de porc et du riz gluant. D’autres encore confectionnent les bánh chung. Il y a encore un groupe qui fait bouillir ces gâteaux.

Malgré la grande quantité fabriquée à l’occasion du Têt, ici, la qualité est toujours assurée. Cela a permis à Tranh Khúc de se créer une marque connue et reconnue.
 
Le village compte plus de 100 foyers spécialisés dans ce métier, dont une quinzaine assurant une production à grande échelle. Chacun fabrique en moyenne de 50 à 100 gâteaux par jour et pour les fêtes, ce chiffre peut grimper jusqu’à 2.000.

"Le savoir-faire ne tient pas uniquement à l’étape de confection à proprement parlé du +bánh chung+, mais à ses ingrédients. Il faut du flair et de la minutie pour trouver et sélectionner les meilleurs Phryniums, haricots mungo et riz gluant", a précisé Mme Thiêp.

D’après elle, les habitants de Tranh Khúc sont très exigeants, n’achetant que du riz gluant cultivé dans le district de Hai Hâu de la province de Nam Dinh (Nord). Il doit d’abord être lavé plusieurs fois, avant d’être immergé dans de l’eau salée pendant environ huit heures. Puis, on le laisse sécher. Un artisan professionnel est capable de confectionner un bánh chung en moins de 30 secondes.

Après avoir été enveloppés dans les feuilles de dong, ces gâteaux de riz gluant sont prêts à bouillir dans une grande marmite, capable d’en contenir environ 200. Le temps de cuisson varie de 8 à 10 heures. Une fois cuits, les bánh chung sont laissés à égoutter. Ils sont finalement étiquetés puis empaquetés.

En allant de Tràng Cát à Lê Xá puis à Tranh Khúc, nous avons eu l’occasion d’observer les "pièces du puzzle" pour former le fameux bánh chung. Grâce à ces villages, nous pouvons découvrir le passé, le présent et même l’avenir de cet élément emblématique de la culture gastronomique de notre pays. -CVN/VNA

Voir plus

Les accusés à l’écoute du verdict. Photo : VNA

L'ancienne ministre Nguyen Thi Kim Tien condamnée à six ans de prison

L’ancienne ministre de la Santé Nguyen Thi Kim Tien a été condamnée à six ans de prison dans l’affaire de « violation des règles de gestion et d’utilisation des biens publics entraînant des pertes et du gaspillage », d’« escroquerie » et de « corruption passive », survenue au ministère de la Santé et dans plusieurs unités concernées.

Les douanes de la région 3 lancent une campagne ciblée de lutte contre le trafic de drogue. Photo : VNA

Vietnam : une nouvelle panoplie de mesures pour prévenir et lutter contre la drogue

Les mesures se concentrent sur la lutte et le contrôle de la criminalité liée à la drogue sur la frontière nationale, aux postes-frontières et en mer ; la multiplication du modèle «École sans drogue», la mise en œuvre efficace de politiques de crédit pour les toxicomanes désintoxiqués et l’aide à la formation professionnelle et à la création d’emplois en leur faveur.

Doan Minh Huan (droite), directeur de l’Académie nationale de politique Ho Chi Minh, offre des livres à Leeber Leebouapao, président de l’Institut national des sciences économiques et sociales du Laos . Photo : VNA

Vietnam-Laos : coopération renforcée dans la formation de cadres et la recherche

Le Vietnam et le Laos souhaitent approfondir leur coopération en matière de formation des cadres, de recherche scientifique et de conseil stratégique. Lors d’une séance de travail tenue à Hanoï le 26 mai, les deux parties ont mis l’accent sur des approches plus pratiques et adaptées aux besoins actuels de gouvernance et de développement.

Le lieutenant-général Mai Hoàng, directeur de la Police de Hô Chi Minh-Ville lors de la conférence de presse. Photo : VNA

Arrestation rapide des suspects étrangers impliqués dans une fusillade meurtrière à Hô Chi Minh-Ville

La Police de Hô Chi Minh-Ville a annoncé avoir rapidement élucidé une affaire de fusillade particulièrement grave impliquant deux ressortissants samoans ayant utilisé des armes de guerre, faisant un mort et un blessé dans le centre-ville. Les suspects ont été arrêtés moins de 72 heures après les faits grâce à la coordination étroite entre les forces de sécurité et les autorités locales.

Zones de cultures endommagées par les fortes pluies de la nuit du 18 mai et du petit matin du 19 mai. Photo : VNA

Le Premier ministre demande de renforcer la préparation aux catastrophes naturelles

Afin de protéger la population et de limiter les dégâts matériels, le Premier ministre demande aux ministres, aux dirigeants des organes concernés et aux autorités locales de diriger et mettre en œuvre de manière proactive, rapide et efficace les actions de prévention, de lutte et de réparation des conséquences des catastrophes naturelles.

Le vice-président du Comité populaire provincial de Quang Ngai, Do Tam Hien (deuxième, gauche), inspecte les travaux de prévention et de contrôle de la pêche INN au port de pêche de My A, dans le quartier de Tra Cau. Photo : VNA

Pêche INN : Quang Ngai durcit le ton pour lever le « carton jaune » de l’UE

Lors de réunions de travail avec les autorités locales, le vice-président du Comité populaire de Quang Ngai, Do Tam Hien, a appelé à des mesures plus strictes et plus décisives contre la pêche INN, insistant sur la nécessité d'une répartition claire des responsabilités entre les individus et les organismes. 

Le président de l’Assemblée nationale, Trân Thanh Mân, s'exprime lors de la réunion. Photo: VNA

Le président de l’AN exhorte la Commission des sciences à anticiper les mutations technologiques

À Hanoi, le président de l’Assemblée nationale a présidé une réunion avec la permanence de la Commission permanente des Sciences, de la Technologie et de l’Environnement sur les priorités 2026 et le mandat 2026‑2031. Il a appelé à renforcer la législation, la supervision et la transformation numérique pour faire de la science, de l’innovation et du numérique des leviers centraux du développement national.