Les journaux papier contiennent des âmes

"Si la nostalgie du passé vous retient, les journaux sont là pour rafraîchir votre mémoire". Mon grand-père était journaliste.

Hanoï (VNA) - "Si la nostalgie du passé vous retient, les journaux sont là pour rafraîchir votre mémoire". Mon grand-père était journaliste. Quand j’étais petite, il me racontait des choses passionnantes à propos du journalisme, un métier très noble.

Pour mon grand-père, les journaux en soit sont des âmes parce qu’ils transmettent l’esprit des journalistes qui s’y sont consacrés corps et âme. Mon grand-père m’a expliqué que le premier journal du Vietnam était paru en 1865 à Sài Gòn, intitulé Gia Dinh Bao, mais que le premier journal en langue nationale du Nord était le Dai Viêt Tân Bao.

Quand mon grand-père était jeune, c’était génial pour lui d’avoir de l’argent pour acheter des journaux. À l’époque, les journaux étaient précieux parce qu’ils permettaient aux Vietnamiens de se saisir de l’actualité dans son ensemble. C’était comme un plat spirituel pour chaque personne, une habitude quotidienne qu’il était difficile d’abandonner. Mon grand-père était tellement passionné par la lecture des journaux qu’il a décidé de se lancer lui-même dans le journalisme. Il était spécialisé dans la rédaction d’articles sur la vie quotidienne ou familiale des gens.

Il m’a raconté que dès qu’il avait commencé le journalisme, il savait combien ce métier était difficile et dangereux afin d’obtenir et de fournir les nouvelles les plus précises et les plus récentes.

À l’époque, la vie était encore difficile, les journalistes devaient se déplacer à vélo ou à pied pour collecter des informations. Le stylo et le cahier étaient les objets indissociables des journalistes. Ils manquaient de moyens pour enregistrer des documents sonores, les plus chanceux disposaient d’un appareil photo en noir et blanc. De plus, faute d’imprimante, les gens devaient écrire les articles à la main. Par conséquent, dans chaque mot du journaliste de cette époque, il y avait de la sueur, des efforts et des émotions. Depuis l’apparition des machines à écrire et des imprimantes, les conditions de réalisation d’un journal se sont grandement améliorées.

Les journaux papier contiennent des âmes ảnh 1 Un vieux journal.  

Les progrès du numérique aux dépens du papier

À l’heure actuelle, tout est différent, la technologie moderne est en constante évolution, il existe de nombreux outils numériques pour aider les journalistes dans leur travail comme les ordinateurs, "smartphones", caméras... Grâce à ces outils, les journalistes économisent beau-coup de temps et d’efforts lors de leurs travaux de rédaction. 

L’amour de mon grand-père pour son métier m’a beaucoup inspiré. Depuis que mon grand-père nous a quitté, plus personne ne me raconte les histoires du passé mais je garde toujours l’habitude d’aller acheter des journaux. Je vois cette pratique comme une chose qui a du sens et qui m’aide à me détendre après une journée fatigante. Je lis souvent le journal Tuôi Tre et le journal Hoa Hoc Trò, les deux journaux les plus connus qui attirent de nombreux jeunes lecteurs.

Aujourd’hui, la technologie est très développée, les journaux numériques gagnent de plus en plus de terrain, remplaçant les journaux en papier. J’en suis triste mais j’en suis aussi contente. Triste parce que le journal en papier est une tradition qui existe depuis longtemps, mais qui se perd, emportant dans sa disparition le souffle et l’âme des rédacteurs.

Certes, la transition de la presse papier au numérique ne s’est pas faite en un jour car il n’est pas facile de changer les habitudes. Petit à petit, cependant, les journaux en papier deviennent de plus en plus rares. Dans ma ville natale, si je veux acheter un journal, je dois faire un long trajet. La plupart des journaux en noir et blanc ne sont maintenant lus que par des personnes âgées.

Les journaux papier contiennent des âmes ảnh 2 Journaux postés sur le tableau d’affichage du siège du journal Hà Nôi Moi.

Les journaux qui leur sont attachés sont généralement Nhân Dân, An Ninh... Les gens perdent peu à peu l’habitude d’acheter un journal et utilisent plutôt leur "smartphone", ou leur ordinateur portable... pour s’informer. En effet, la technologie moderne permet de diffuser des informations partout dans le monde. Le journal en ligne est en fait très efficace, il permet de rechercher rapidement des informations sans dépenser un sou. La technologie offre rapidité, économie de temps et d’argent.

Je suis également favorable aux nouvelles technologies, mais je suis un peu nostalgique car on perd peu à peu un trait culturel, un charme culturel du passé. Par ailleurs, les gens semblent être de plus en plus dépendants de cette technologie.

Chaque fois que je conduis sur la route, que je rencontre quelqu’un lisant un journal, je souris de joie, car ainsi je sais que les journaux vivent toujours, qu’il y a encore des gens qui aiment lire des journaux comme moi. Pendant mon temps libre, je visite souvent la Maison de rédaction du journal Hà Nôi Moi pour lire des journaux postés sur des tableaux d’affichage. Je ressens toute l’énergie et la passion des journalistes qui essaient de nous apporter des informations, de nous partager de bonnes leçons de vie. C’est une profession noble et respectable. J’espère que le journalisme se développera de plus en plus, contiendra de meilleurs articles et diffusera des informations toujours plus utiles aux lecteurs.

En ce moment, l’automne est de retour à Hanoï. Rien de mieux que de tenir un journal à la main en sirotant une tasse de café, respirant le léger parfum des fleurs de lait, se libérant l’âme au travers des rubriques intéressantes du journal. Il est si de lire un journal en agréable méditant sur la vie. C’est ainsi que je trouve la vie si belle ! -CVN/VNA    

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