Les aventures d’une routarde solitaire

Voyageant seule depuis cinq ans, Nguyên Phuong Linh rentre dans la catégorie des jeunes Vietnamiennes plutôt atypiques. Ses voyages sont pour elle des "parcours à la découverte du monde et de soi-même".
Hanoi (VNA) – Voyageant seule depuis cinq ans, Nguyên Phuong Linh rentre dans la catégorie des jeunes Vietnamiennes plutôt atypiques. Ses voyages sont pour elle des "parcours à la découverte du monde et de soi-même".
Les aventures d’une routarde solitaire ảnh 1Nguyên Phuong Linh lors d’un voyage en solo en Inde. Photo : TP/CVN

Bien qu’âgée de seulement 27 ans, Nguyên Phuong Linh, une designer graphique, a déjà visité beaucoup de pays, tels que l’Inde, la République de Corée, le Japon, l’Australie, les États-Unis, le Canada, l’Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande, le Myanmar, etc.

Pour tout voyageur digne de ce nom, le fait de partir seul n’a rien d’exceptionnel. Mais native d’un pays - le Vietnam - où personne ou presque ne voyage seul, c’est une chose bien étrange pour son entourage qui génère bien des interrogations. "Tu n’es pas triste ?", "Tu n’as pas peur ?", "Tu pars encore ?"..., lui demande-t-on souvent.

La jeune femme s’amuse de ces questions. Bien évidemment, elle ne ressent aucune peur au cours de ses périples. Bien au contraire, voyager seule lui permet de se mettre au défi et de tester ses capacités. Quant à la tristesse, comment pourrait-elle émerger lorsque toute sa journée est consacrée à flâner dans un monde entièrement nouveau !

L’Inde comme voyage initiatique

Linh a effectué son premier voyage en solo en Inde, pendant un mois. Elle venait de recevoir une bourse, un appareil photo de qualité et fut invité par un ami indien à découvrir son pays. Elle décida de sortir de sa zone de confort et de partir, malgré une certaine inquiétude face à l’inconnu - l’Inde est en effet réputée comme assez compliquée pour les femmes voyageant seules.

Arrivée dans ce pays d’Asie méridionale, Phuong Linh a été accompagnée les deux premières semaines par son ami. Après, elle a parcouru le pays seule.

Elle se rappelle un déplacement en métro où elle était entourée d’hommes qui la dévisageaient, un retour à l’hôtel à 03h00 du matin, un chauffeur de tuk-tuk à la mine patibulaire… Certes, elle a ressenti de l’appréhension à certains moments, mais une crainte plutôt fantasmée que réellement liée à des situations concrètes. Ce voyage sera jonché de découvertes, de partages et de prises de consciences multiples. Un tsunami émotionnel. Et un vrai voyage initiatique.

De ses voyages en solo, elle a tiré cette leçon : les barrières psychologiques, on se les construit souvent soi-même avant de partir ; elles sont souvent irrationnelles. "Lorsque l’on est sur place, les choses sont bien plus simples qu’on les avait imaginées", assure-t-elle.

Un autre des avantages du voyage en solo, c’est de se retrouver face à soi-même. "Et donc de découvrir des aspects de sa personnalité que l’on ne connaissait pas forcément".

Une autre leçon que Linh a apprise, c’est savoir dire "non". "Beaucoup de Vietnamiennes n’osent pas refuser. Les femmes occidentales sont différentes, elles n’hésitent pas à s’affirmer. Si elles ne veulent pas ce que l’on leur propose, elles refusent catégoriquement ou agissent énergiquement. Les femmes doivent savoir dire non , faire preuve d’une vraie force de caractère".

Linh sait dire "non" quand il le faut, quand elle le "sent" surtout - ce fameux 6esens qui s’aiguise avec l’expérience. Cela lui permet d’éviter des situations à problèmes.

À l’écart du tourisme de masse
Les aventures d’une routarde solitaire ảnh 2Le voyage en solo permet de découvrir des aspects de sa personnalité que l'on ne connaissait pas forcément. Photo : TP/CVN

À la différence des touristes qui emportent leurs biens dans une valise, Phuong Linh n’utilise qu’un sac à dos comprenant sept kilos d’affaires, dont trois pour l’ordinateur portable et l’appareil photo.

L’avantage d’organiser soi-même son voyage, c’est d’aller dans des sites à l’écart des sentiers battus. C’est là que le mot "voyage" prend vraiment tout son sens. Illustration avec son séjour en Indonésie…

Linh a visité l’île de Gili, à plus d’une heure de bateau de Bali. Gili est restée très sauvage, les infrastructures sont peu développées. Tous les véhicules à moteur y sont interdits, tout le monde se déplace à vélo ou en voiture à cheval. Les visiteurs peuvent goûter des plats authentiques à des prix abordables. Au crépuscule, les gens se retrouvent dans les rues, on joue de la guitare, on chante, la vie s’écoule paisiblement au rythme de la nature. L’aventurière a tellement apprécié cette contrée qu’elle y est restée 17 jours.

"Partir en voyage est-il coûteux ?". Une question que beaucoup de personnes lui posent. Phuong Linh a un emploi stable, assez bien payé, et dépense peu d’argent. L’argent qu’elle parvient à économiser, elle le réserve pour sa passion : voyager. Elle est toujours à l’affût de promotions pour des vols, des hôtels. "Voyager de manière indépendante est de toute façon toujours beaucoup moins cher que de passer par un tour-opérateur".

L’un de ses secrets pour économiser de l’argent, c’est de profiter de Couchsurfing. Via ce réseau, des voyageurs établissent des contacts avec d’autres personnes dans le but de les héberger ou de bénéficier gratuitement de leur "canapé" (couch). Cette stratégie lui permet d’économiser de l’argent car l’hôtel représente souvent plus de la moitié du budget, selon les pays. En plus de soulager le porte-monnaie, Couchsurfing permet aussi de vivre des expériences ainsi que des rencontres inattendues et magiques.

Phuong Linh avoue qu’elle n’a rencontré dans ses voyages que des personnes sympathiques. Jamais elle n’a été confrontée à une situation périlleuse, jamais sa sécurité n’a été menacée, grâce peut-être à sa méfiance naturelle et à son fameux 6e sens. "Ce qui importe, c’est de connaître ses limites, déclare la routarde. Il ne faut pas essayer de les dépasser. Faire des choses qui rentrent dans le cadre de ses capacités est largement suffisant. Et je le dis et le redis, n’ayez pas peur de voyager seule ! C’est le meilleur moyen pour faire le plein de rencontres et de revenir un peu différent de celui que l’on était avant de partir !" – CVN/VNA

Voir plus

Durant les sept premiers mois de l'année 2026, la ville a accueilli plus de 1,2 million de touristes sud-coréens. Photo: VNA

Da Nang multiplie les offres pour attirer les touristes sud-coréens

Durant les sept premiers mois de l'année 2026, la ville a accueilli plus de 1,2 million de touristes sud-coréens, représentant 20,2 % du total des entrées internationales. Actuellement, environ 140 vols hebdomadaires relient Da Nang aux grandes villes sud-coréennes.

À Huê, les visiteurs privilégient les temples, les pagodes et le tourisme spirituel, dans une atmosphère paisible. Photo : VNA

Le tourisme vietnamien à l’aube d’un nouvel essor

Avec la croissance soutenue des arrivées internationales et la diversification des marchés, le tourisme vietnamien dispose de conditions favorables pour accélérer son développement en privilégiant désormais la qualité, l’innovation et la durabilité.

Cap sur Quang Ninh : Une saison 2026 sous le signe des géants des mers, ici au port de croisière international de Ha Long. Photo : baovanhoa.vn

Quang Ninh s’apprête à accueillir une vague de paquebots internationaux pour cette saison

Selon le calendrier d’exploitation pour 2026, le port international de croisière de Ha Long s’apprête à accueillir une vague continue de paquebots internationaux. Les autorités locales attendent ainsi des voyageurs en provenance de marchés clés tels que les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Canada et la Chine, ainsi que de nombreuses autres nations européennes.

La beauté des rizières en terrasses de Pu Nhi, à Diên Biên

La beauté des rizières en terrasses de Pu Nhi, à Diên Biên

Avec leurs paysages singuliers, profondément ancrés dans l’identité culturelle locale et sublimés au fil des saisons, les rizières en terrasses de Pu Nhi s’imposent comme une destination touristique à fort potentiel, appelée à enrichir l’offre et à devenir un nouveau pôle d’attractivité pour le tourisme à Diên Biên.

Le forum sur le thème « Le tourisme MICE à la nouvelle ère» se tient à Hô Chi Minh-Ville. Photo : VNA

Hô Chi Minh-Ville : le tourisme MICE en pilier stratégique du développement

Hô Chi Minh-Ville adopte une approche globale qui ne se limite plus à attirer des groupes de touristes ou des événements internationaux, mais vise aussi à créer de la valeur sur les plans économique, commercial et de l’investissement, à favoriser le développement des connaissances et à renforcer la marque de la destination.

Sunset Town s'illumine avec des spectacles grandioses en bord de mer à Phu Quôc. Photo fournie par Sun Group

Phu Quôc, la perle démesurée d’Asie qui ne restera pas secrète bien longtemps

Dans un article paru sur le quotidien britannique The Times, Cathy Adams décrit un Phu Quôc plein de contrastes qui, pourtant, coexistent harmonieusement : certaines des plus belles plages d’Asie côtoient des spectacles époustouflants ; des complexes hôteliers isolés et paisibles se trouvent à deux pas d’un monde «débridé» de feux d’artifice, de jet-skis et d’une architecture d’inspiration européenne.

Des enfants écoutaient avec attention le guide qui expliquait l'enfance du président Hô Chi Minh. Photo: VNA

Tourisme : le Vietnam face à une pénurie de main-d’œuvre

Une enquête de la plateforme Hoteljob.vn indique que près de 90 % des entreprises prévoient de recruter en 2026. À Hô Chi Minh-Ville, 89,7 % des établissements recherchent du personnel et 71,8 % qualifient les recrutements de difficiles ou très difficiles.

Rachel (à droite) et son amie font des achats de vêtements au marché de Bên Thành, à Hô Chi Minh-Ville. La mégapole du Sud figure parmi les 50 meilleures destinations de shopping au monde. Photo : VnExpress

Hô Chi Minh-Ville s’invite dans la cour des grands du shopping

Travel And Tour World (TTW) a dévoilé son classement des 50 meilleures destinations de shopping au monde pour 2026, mettant en lumière des destinations où le shopping transcende le simple acte d’achat pour devenir une composante majeure et captivante de l’expérience de voyage.

La mangrove de Ru Cha, dans la ville de Hue, est appelée à voir sa superficie portée à 20 hectares dans le cadre de l’aménagement prévu par les autorités locales, contribuant à atténuer les effets du changement climatique et à développer l’écotourisme dans la lagune de Tam Giang. Photo : VNA

Hue mise sur ses « ressources vertes » pour développer un tourisme durable

Forte de son patrimoine culturel et de la richesse de ses écosystèmes, Hue entend faire de ses « ressources vertes » un levier pour développer un tourisme plus durable et attractif. La mise en réseau des rivières, lagunes, forêts, plages et espaces ruraux devrait permettre de diversifier l’offre, de prolonger les séjours et de mieux répartir les retombées touristiques au profit des communautés locales.

Hoàng Su Phì entre dans la saison des rizières dorées en septembre. Photo : ninhthuantravels.com

Puisque septembre dans l’éclatante apothéose de la nature nous réclame

Le mois de septembre confère au Vietnam une beauté singulière, allant des rizières en terrasses dorées et des cascades spectaculaires des montagnes du Nord aux matinées brumeuses de Dà Lat et au charme paisible de Huê. Ces moments forts de la saison invitent à prendre son temps et offrent aux voyageurs l’occasion de découvrir le pays sous son meilleur jour.