Les animaux symboliques dans la culture vietnamienne

Le Musée national de l’histoire du Vietnam (MNHV) ouvre, ce mois-ci, une exposition sur les animaux symboliques dans la culture vietnamienne. Une faune imaginaire ou réelle, qui mérite le détour.
Les animaux symboliques dans la culture vietnamienne ảnh 1Quatre des 27 animaux symboliques de la culture vietnamienne, Garuda, le dragon, le cheval et la grue. Photo : MNHV/CVN

Hanoi (VNA) - Le Musée national de l’histoire du Vietnam (MNHV) ouvre, ce mois-ci, une exposition sur les animaux symboliques dans la culture vietnamienne. Une faune imaginaire ou réelle, qui mérite le détour.

L’exposition «Les animaux symboliques du Vietnam» se tiendra du 28 octobre à début 2016. Elle présente, sur 200 m², 27 animaux via une centaine d’objets bien préservés, depuis le premier État vietnamien (celui du Van Lang,  2879-258 avant J.-C) jusqu’à la dernière dynastie féodale, celle des Nguyên (1802-1945).   

Au Vietnam, les quatre animaux sacrés que sont le dragon, la licorne, la tortue et le phénix expriment le souhait de parvenir au bonheur et à la prospérité. Mais il en existe bien d’autres, légendaires ou bien vivants, moins sacrés que symboliques.

Commençons d’abord par la présentation du «quatuor de tête» : dragon, licorne, tortue et phénix. 

Le dragon

C’est un animal sacré, très respecté partout en Asie. Il fit son apparition dans le monde chinois quelques dizaines d’années avant notre ère comme le symbole de la force créatrice de la nature et du dynamisme universel, du pouvoir et de la dignité. Les dragons d’Asie sont composés de plusieurs parties, appartenant à différents animaux : corps de serpent, couvert d’écaille rappelant celle de la carpe, pattes de tigre terminées par des griffes d’aigles, tête de dromadaire, yeux de lièvre et oreilles de taureau. Il joue le rôle d’un génie protecteur apportant un climat favorable et de bonnes récoltes aux agriculteurs.

Au Vietnam, le dragon est l’animal sacré le plus important. Comme les autres dragons asiatiques, il fut fortement influencé par le dragon chinois, mais il se différencie par une crête de 81 écailles.

Selon le mythe de la création en vigueur au Vietnam, tous les Vietnamiens sont les descendants d’un dragon et d’une nymphe des montagnes. Le dragon apporte la pluie et représente la puissance de la nation, l’empereur. Il est aussi le symbole du Yang, principe de vie et de croissance.

La licorne

Elle est omniprésente au Vietnam et était autrefois dans les statues protectrices qui ornaient les entrées des maisons de notables. Elle symbolise la prospérité et la justice. Sa tête est celle du dragon, et son corps celui du cheval.

À chacune de ses manifestations, c’est le présage de la naissance d’un sain homme ou d’un roi éclairé pour la prospérité du pays.

La licorne est fréquente sous la dynastie des Lê So (1428-1527),  marquée par le développement du confucianisme.

Au début de la dynastie des Nguyên, elle est devenue l’un des quatre animaux fabuleux. Le costume des mandarins militaires de 1erdegré en portait une représentation.

La tortue

C’est un animal sacré omniprésent dans la mémoire des hommes et des civilisations. Elle a toujours été un symbole de longévité et de sagesse. Cela tient bien sûr à sa très longue durée de vie et à sa nonchalance, mais aussi à sa discrétion face aux événements qui rythment le monde. Sa carapace symbolise la voûte céleste et ses quatre pattes sont les quatre piliers du monde. La tortue est considérée comme un véritable fil reliant le Ciel et la Terre. Elle apparaît souvent sous la dynastie des Nguyên.

Le phénix

Le phénix symbolise l’immor-talité, la résurrection et la vie après la mort. Il était associé au Sud, au feu, à l’été et au rouge. Le phénix ressemble à un faisan avec des plumes de paon, certaines descriptions sont difficiles à imaginer : tête d’un cygne, crête d’un coq, bec d’une hirondelle, cou de serpent, forme de dragon, ailes écailleuses, queue de poisson, avec parfois des parties de tortue... Au Vietnam, cet animal sacré est aussi le symbole de la beauté, de la liberté et de la paix.

Avec leurs valeurs spirituelles, les quatre animaux sacrés sont de toutes les fêtes traditionnelles du Vietnam. La danse des quatre animaux sacrés reflète l’aspiration au bonheur, à la liberté et l’espérance d’un avenir éclatant.

D’autres animaux

La grue est la mascotte du taoïsme, l’animal que chevauche l’Immortel. Elle incarne la noblesse, l’immortalité. Elle se tient debout sur la carapace de la tortue, et orne bien des objets en bois dans les pagodes, temples et maisons communales.

La carpe se transformant en dragon est une légende vietnamienne et de certains autres pays orientaux. Elle symbolise la résilience pour surmonter les difficultés, la persistance dans les études pour réussir les concours mandarinaux. Ce poisson a commencé à être représenté sous la dynastie des Trân (1226-1400) et a atteint son apogée en termes de représentation artistique sous la dynastie des Lê So.                                             

Le cheval ailé est un animal fantastique et chimérique composé d’éléments qui existent réellement, à savoir le cheval et les ailes d’un oiseau. Originaire du Proche-Orient, le cheval ailé est arrivé en Europe avec le Pégase de la mythologie grecque. Au Vietnam, il est apparu pour la première fois dans l’art de la dynastie des Lê So, plus précisément dans des céramiques commandées par des Occidentaux. Cet animal orne des céramiques du XVIe au XVIIIe siècles.

Garuda est une créature fabuleuse de l’hindouisme, mi-oiseau (mi-aigle), mi-humain, aux yeux exorbités. Il représente la puissance et la vérité. Il apparaît dans l’art ancien du royaume du Champa, entre les IIe et XVIIe siècles. Garuda orne les pagodes vietnamiennes du XIe au XVIe siècles.

Parmi les autres animaux symboliques du Vietnam, on trouve aussi le Si vân (animal de mer capable de provoquer la pluie), le Bô lao (un autre animal de mer, qui n’arrête pas de gronder), le Thao thiêt (créature vorace, qui mange beaucoup sans se rassasier, même des parties de son corps), le Tiêu dô (paresseux qui n’aime que dormir), le Tich tà (animal légendaire, sorte de lion ailé, censé chasser les mauvais présages et accueillir les bons).

Sans oublier le serpent (Naga dans la culture Cham), le tigre (symbole de puissance, souvent posé devant les mausolées), le chien (animal fidèle apportant la chance, placé devant la maison ou la maison communale, le temple, le mausolée),  l’éléphant et le canard (incarnations de Bouddha), le singe (un des adeptes de Bouddha), le lionceau (mascotte bouddhique).

Enfin, rappelons que le calendrier lunaire des Vietnamiens est basé sur un cycle de 12 ans, chacun représenté par un animal : souris, buffle, tigre, chat, dragon, serpent, cheval, chèvre, singe, coq, chien et cochon.

Vous l’aurez compris, le bestiaire symbolique du Vietnam est particulièrement riche. À découvrir à partir du 28 octobre au Musée national de l’histoire du Vietnam. -CVN/VNA

Voir plus

Dans l'enceinte du restaurant Suoi Hen Vuon Dao, la floraison immaculée des fleurs de bauhinie offre un cadre romantique et poétique. Photo : Quang Quyet – VNA.

Son La : la saison de floraison des bauhinies enchante collines et villages

De la fin février au début mars, sur les collines et le long des artères de nombreuses communes et quartiers de la province de Son La (Nord), les fleurs de ban (bauhinie) s’épanouissent d’un blanc immaculé, offrant un paysage romantique et poétique qui attire de nombreux habitants et touristes venus admirer la nature et immortaliser ces instants en photos.

La littérature jeunesse vietnamienne à la conquête du marché mondial

La littérature jeunesse vietnamienne à la conquête du marché mondial

Ces dernières années, la littérature jeunesse vietnamienne, et plus particulièrement le segment des albums illustrés, enregistre des signes extrêmement positifs. De nombreuses œuvres, après avoir séduit le public national, s’imposent désormais sur la scène internationale, grâce à une multiplication des contrats de cession de droits et à l’intérêt croissant des maisons d’édition étrangères.

Des mannequins présentent l'ao dài de la styliste Lan Huong lors de la Semaine de la mode de l’ao dài 2026. Photo : VNA

Les belles marches de l’ao dài sur la scène internationale de la mode

Le projet «Semaine de la mode de l’ao dài» vise à introduire la tunique traditionnelle vietnamienne sur la scène de la mode mondiale. Après Londres, le projet devrait se poursuivre à Paris et à Milan, deux capitales mondiales de la mode, afin de promouvoir davantage l’identité culturelle vietnamienne.

Trinh Van Quyêt, secrétaire du Comité central du Parti et chef de sa Commission de la sensibilisation, de l’éducation et de la mobilisation des masses, remet les prix A aux lauréats. Photo: VNA

Les 8es Prix nationaux du livre récompensent plus de 50 ouvrages exceptionnels

Deux prix A, la plus haute distinction de ces prix, ont été décernés à « Lich su Viet Nam bang hinh » (L’Histoire du Vietnam en images), ouvrage de Dong A et plusieurs auteurs, publié conjointement par la Maison d’édition de l’Université nationale d’éducation de Hanoi et la Société par actions culturelle Dong A.

L'architecte Thibault Fèbrer et la chanteuse Thanh Tâm interprètent la chanson l’air traditionnel « Bèo dat mây trôi» lors du programme. Photo: VNA

Le programme "Couleurs du printemps" promeut la culture vietnamienne en France

Le programme comprenait des mélodies traditionnelles telles que le « dan tinh » (un instrument de musique) et les chants traditionnels «then» de l’ethnie Tày, des chants populaires Quan ho de Bac Ninh, ainsi que des musiques folkloriques du Nord et du Sud du Vietnam, des extraits de «cai luong» (théâtre rénové) et des chansons populaires célébrant la Patrie, le printemps et l’amour.

Des visiteurs à l'exposition. Photo : VNA

Exposition de peintures et de livres « L’âme vietnamienne en France »

Le Club des amis des mers et des îles du Vietnam en France, en coordination avec l’association Huong Sac Vietnam – Europe, a organisé une exposition de peintures et de livres, placée sous le thème « L’âme vietnamienne en France », qui s’est tenue dans l’après-midi du 7 mars (heure locale) au centre culturel Marius Sidobre, dans le Val-de-Marne, région Île-de-France.

Dans le respect de l’esprit martial, le festival de lutte du village de Sinh interdit formellement toute prise ou tout coup dangereux. Photo : Mai Trang – VNA

Festival de lutte du village de Sinh : une tradition martiale au cœur du Têt

Dans la matinée du 10ᵉ jour du premier mois lunaire, de nombreux habitants et touristes affluent vers l’arène de lutte du village de Sinh (Hue, au Centre), installée dans l’enceinte du temple communal de Lai An. La particularité de l’événement est d’être ouvert à tous les participants, qu’ils soient ou non originaires de la localité. 

Ouverture du 12e Festival de l’ao dai de Ho Chi Minh-Ville 2026, placé sous le thème "Fils de soie dorée – Tisser des aspirations", le 6 mars. Photo: : VNA

Coup d'envoi du 12e Festival de l'ao dai à Ho Chi Minh-Ville

Le 12e Festival de l'ao dai à Ho Chi Minh-Ville propose 17 activités principales tout au long du mois de mars, transformant la métropole en une vaste scène culturelle où l’ao dai s’invite non seulement dans les spectacles artistiques, mais aussi dans la vie communautaire, les espaces urbains et les activités touristiques.