Le village de Quât Dông et l’histoire du métier de broderie

Le village de Quât Dông, district de Thuong Tin, en banlieue de Hanoï, est réputé pour sa broderie traditionnelle à l’histoire séculaire.

Hanoï (VNA) - Le village de Quât Dông, district de Thuong Tin, en banlieue de Hanoï, est réputé pour sa broderie traditionnelle à l’histoire séculaire. Selon la légende, l’ancêtre de ce métier est le Docteur Lê Công Hành, un mandarin sous le règne du roi Lê Chân Tông (1643-1649).

Le village de Quât Dông et l’histoire du métier de broderie ảnh 1Le tombeau de Lê Công Hành dans le village de Quât Dông. Photo : CTV

Bùi Trân Chuyên, fonctionnaire à la retraite, chef de la famille des Bùi Trân, me montre les trois morceaux d’une grosse stèle de pierre brisée datant de 1814 : «Elle chante, me dit-il, les mérites de notre ancêtre Lê Công Hành qui a vécu au XVIIe siècle et est reconnu comme Saint patron de deux métiers traditionnels : la broderie et la fabrication des parasols. À cause des trente années de guerre et des bouleversements sociaux, nous n’avons pu retrouver la stèle endommagée que l’année dernière».

Nous sommes dans la cour du temple familial de Lê Công Hành, au village des brodeurs de Quât Dông, district de Thuong Tin, Hanoï, à une vingtaine de kilomètres du centre-ville. L’histoire de Lê Công Hành, plus ou moins teintée par l’imagination populaire, nous apprend beaucoup de choses sur les villages aux métiers traditionnels et les relations complexes entre le Vietnam et la Chine dans l’ancien temps.

Lê Công Hành (1606-1661) (voir encadré) est né dans une famille très pauvre. Intelligent et passionné par les études, il dut tout jeune chercher du bois et pêcher des crevettes pour pourvoir en partie à l’entretien de la famille. Il fut reçu Docteur ès humanités et nommé mandarin à la Cour des Lê. En 1646, il fut envoyé en mission d’ambassade en Chine.

Relever les défis en Chine

La Cour Céleste, pleine de morgue, avait l’habitude d’humilier et de mettre à l’épreuve les représentants des petits pays tributaires tels que le Vietnam. Par contre, les envoyés du Vietnam profitaient de leur séjour en Chine pour apprendre les secrets techniques. En territoire chinois, le guide céleste abandonna la mission vietnamienne de Lê Công Hành dans une immense forêt touffue. Le chef de la mission fit abattre des bambous pour fabriquer des nasses. Les Vietnamiens surmontèrent l’épreuve de la faim en vivant de pêche et de cueillette.

Vint ensuite l’épreuve de l’intelligence. À la Cour impériale, Lê Công Hành fut invité à monter à l’étage d’un pavillon isolé... L’échelle lui fut enlevée : il n’y avait pas d’escalier, que faire ? Le prisonnier vécut dans la salle unique un autel où trônaient deux bouddhas laqués or, décoré d’un panneau de soie portant des idéogrammes brodés : «Bouddha est dans le cœur». Aux deux côtés se dressaient deux parasols de culte. Dans un coin se trouvaient une jarre d’eau et un couteau. Il fallait déchiffrer l’énigme pour ne pas mourir de faim. Lê Công Hành réfléchit et trouva.

Le village de Quât Dông et l’histoire du métier de broderie ảnh 2Les produits du village de broderie de Quât Dông sont exportés vers de nombreux pays à travers le monde.  Photo : Trong Dat/VNA

Devinant le sens des idéogrammes, il prit le couteau et tailla un morceau dans le corps d’un bouddha qui était fait de farine de riz séché. L’eau ne manquait pas. Pour tuer le temps, jour après jour, le prisonnier défit les broderies sur le panneau pour en étudier les points, nota la fabrication des parasols. Mais la nourriture offerte par les bouddhas allait s’épuiser. Un soir, observant le vol des chauves-souris, il eut l’idée de tenter une descente de l’étage avec un parasol dans chaque main. Il le fit et réussit. La Cour de Chine admira son intelligence et son courage et le traita avec égard jusqu’à son retour au Vietnam où il devait devenir ministre.

Apprendre aux villageois à broder

Revenu au pays natal, Lê Công Hành enseigna aux gens de son village l’art de broder et de fabriquer des parasols. Les ouvriers de Quât Dông ont diffusé leur métier dans tout le pays : c’est ainsi qu’à Hanoï, il existait une rue des Parasols, une corporation de brodeurs dans la ruelle Yên Thai où se trouve la maison communale Tu Dinh thi (ancien marché de broderies), à Huê dans la rue des brodeurs Câm Tu...

Comme Lê Công Hành a été consacré Génie de catégorie moyenne par brevet royal, son culte est perpétué non seulement au temple de Ngu Xa près de son village, mais partout où vivent les groupes de brodeurs originaires de Quât Dông.
À l’anniversaire du Saint patron, on évite de présenter comme offrandes cultuelles maïs gluant et soja vert. D’après la légende, Lê Công Hành aurait rapporté clandestinement de Chine les semences de ces végétaux en les cachant dans ses cuisses fendues.

Selon les anciennes archives, la broderie était apparue au Vietnam bien avant Lê Công Hành, au Ier siècle de l’ère chrétienne. En 1156, sous les Ly, parmi les tributs envoyés à la Cour de Chine figuraient 850 pièces de brocart brodées de dragons.
En tout cas, la broderie à l’origine était un art au service du culte (panneaux décorant les autels, parasols, oriflammes...) et de l’aristocratie (costumes d’apparat, palanquins...). Elle n’est devenue un article populaire qu’à l’époque moderne avec la formation d’une couche petite bourgeoise des villes. Dès l’époque coloniale française, la broderie vietnamienne était très appréciée sur le marché international. Les brodeurs de Quât Dông créent de véritables tableaux brodés (paysages, portraits...). Dans l’ancien Vietnam, les filles des familles respectables devaient savoir broder. -CVN/VNA

Voir plus

Des photographes internationaux visitent l’ancien village de Thô Hà. Photos : thuonghieucongluan.com.vn

Rencontre photographique la PSA : l’ancien village de Thô Hà en son fort intérieur

Dans le cadre de ce programme, des photographes internationaux ont exploré et travaillé dans divers lieux autour du vieux village de Thô Hà, notamment des complexes de temples et de pagodes, des ruelles étroites, des maisons anciennes, des portes du village et des embarcadères, ainsi que des scènes de la vie quotidienne et de la culture culinaire locale.

Au nom de la délégation vietnamienne, l'ambassadrice Nguyen Thi Van Anh, cheffe de la mission permanente du Vietnam auprès de l'UNESCO, a reçu le certificat de re-reconnaissance du géoparc mondial de Non Nuoc Cao Bang. Photo : VNA

L’UNESCO continue d’honorer le Géoparc mondial de Non Nuoc Cao Bang

Consécration pour le patrimoine naturel : le 27 avril à Paris, l'UNESCO a mis à l'honneur de nouveaux sanctuaires géologiques tout en renouvelant sa confiance à 44 sites d'exception. Lors de cette cérémonie, le joyau vietnamien de Non Nuoc Cao Bang a vu son statut de Géoparc mondial brillamment confirmé.

L'équipe nationale vietnamienne des moins de 17 ans reçoit un accueil chaleureux de la part des supporters dès son retour au pays le 26 avril. Photo: VNA

Championnat U17 de l'ASEAN : Retour triomphal des jeunes Vietnamiens après leur sacre

L'équipe vietnamienne des moins de 17 ans affiche une forme impressionnante, restant invaincue lors de ses 16 derniers matchs, avec 12 victoires et 4 nuls. Elle a inscrit 59 buts et n'en a encaissé que 4, démontrant un équilibre entre puissance offensive et organisation défensive – des facteurs clés avant une compétition continentale.

Le temple de Van Thuy Tu, situé au quartier de Phan Thiet, s'impose comme une destination incontournable pour les visiteurs souhaitant découvrir le culte du génie Nam Hai (génie de la Baleine). Photo: VNA

Lam Dong : les édifices patrimoniaux, piliers de l’attractivité touristique

Bien plus que de simples lieux de culte dédiés au génie de la Baleine, aux divinités de la mer ou aux ancêtres fondateurs, les maisons communes et temples situés le long du littoral de la province de Lam Dong constituent des réservoirs essentiels de la mémoire collective et des croyances des communautés de pêcheurs.

Le soir du 3 mai 2025, au stade provincial de Dien Bien Phu, le Comité populaire de la province de Dien Bien a organisé un programme artistique spécial, en l'honneur du 50e anniversaire de la Libération du Sud et de la réunification nationale, du 71e anniversaire de la victoire de Dien Bien Phu, ainsi que du 135e anniversaire de naissance du Président Ho Chi Minh. Photo: VNA

Accorder une attention particulière à la formation des talents des arts traditionnels

La Résolution n°80 du Bureau politique, adoptée le 7 janvier 2026, met l’accent sur la mise en place de mécanismes spécifiques pour détecter, former, valoriser et employer les talents culturels et artistiques, en particulier dans les arts traditionnels, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour la préservation et le renouveau de ces disciplines.

Haches de pierre découvertes dans la grotte Én. Photo : Musée de la province de Quang Tri

Cinq haches de pierre préhistoriques refont surface à Phong Nha-Ke Bàng

Les premières analyses suggèrent que les haches de pierre datent d’il y a environ 6.000 à 8.000 ans, soit du Néolithique, et sont associées à la culture de Bau Tro, une culture archéologique du Néolithique final du Centre du Vietnam datant d’il y a environ 5.000 à 8.000 ans, connue grâce aux outils en pierre et aux poteries mis au jour dans la province de Quang Bình.

Une exposition consacrée au roi Hàm Nghi offre aux jeunes générations une meilleure compréhension de l’histoire et de la culture nationales, les sensibilisant ainsi davantage à la préservation et à la valorisation du patrimoine. Photo: VNA

Les classes ouvertes cultivent l’amour des jeunes pour le patrimoine

Au fil des ans, le Centre de conservation des monuments de Huê s’est imposé comme un chef de file national en matière d’éducation patrimoniale en milieu scolaire. Il a mis en place des modèles novateurs qui transforment les sites patrimoniaux en « classes ouvertes » et en outils pédagogiques dynamiques.

Le site de Ngoc Lang Nam Hai, dans la commune côtière de Phuoc Hai, à proximité de Ho Chi Minh-Ville, est le plus grand cimetière de baleines du Vietnam. Photo. VNA

Ngoc Lang Nam Hai, symbole spirituel et culturel des pêcheurs du littoral vietnamien

À Phuoc Hai, le site de Ngoc Lang Nam Hai, dans la commune côtière de Phuoc Hai, à proximité de Ho Chi Minh-Ville, est le plus grand cimetière de baleines du Vietnam. Il incarne une tradition spirituelle unique des pêcheurs, mêlant culte ancestral, identité culturelle maritime et efforts de préservation patrimoniale. Ce lieu occupe une place centrale dans la vie spirituelle des pêcheurs. Avant chaque sortie en mer, certains viennent y brûler de l’encens pour solliciter protection et abondance. 

Photo : VNA

Une procession de palanquins vers le Temple des rois Hùng, riche en singularité

La procession des palanquins vers le temple des rois Hùng est une tradition culturelle emblématique, profondément ancrée dans l’esprit communautaire et transmise de génération en génération. Elle rassemble fidèles et habitants dans une atmosphère solennelle et empreinte de ferveur, où se mêlent rites, offrandes et expressions de dévotion.
Elle incarne la morale « Boire de l’eau, se souvenir de sa source », tout en illustrant le respect et la reconnaissance voués aux ancêtres, fondateurs et bâtisseurs de la nation.