Le vieux peintre du pont Long Biên

Le COVID-19 a impacté la vie de tous les Vietnamiens. Pour faire face à cette crise, chacun a dû trouver sa propre solution.
Le vieux peintre du pont Long Biên ảnh 1Le peintre Binh Minh dans son atelier à Hanoï. Photo : Minh Thành/LĐ/CVN

Hanoï (VNA) - Le COVID-19 a impacté la vie de tous les Vietnamiens. Pour faire face à cette crise, chacun a dû trouver sa propre solution. Une rencontre fortuite avec un vieil artiste sur le pont Long Biên à Hanoï m’a incité à partager cette histoire, où se mêlent solidarité et confiance.

Je l’ai rencontré par hasard alors que j’arpentais le pont Long Biên. Mes premières impressions : il avait l’air amical et il souriait beaucoup. Il est né à Ngoc Lâm, un petit village situé à un kilomètre du pont. Son nom est Trinh Nguyên Binh, mais ses proches l’appellent souvent Binh Minh (Aube). Et c’est sous ce nom qu’il signe ses tableaux. Il s’amuse que dans son nom, il y a les lettres "Trinh" et "Nguyên", deux dynasties qui se sont battues aux XVIIe et XVIIIe siècles. C’est pourquoi, du fond du cœur, il souhaite que tout le monde puisse cohabiter en paix.

Une vie privée éloignée de toute turbulence 

J’ai visité sa maison pour mieux comprendre son histoire. Son atelier, lieu qu’il considère comme sa “maison”, se trouve en banlieue de Hanoï, à côté de la route No5, dans l’arrondissement de Long Biên. Sa femme est morte depuis longtemps. Il a pris soin de ses enfants jusqu’à ce qu’ils soient adultes. Âgé de 62 ans, il vit seul dans cet atelier qu’il loue depuis un an.

Pour entrer chez lui, j’ai dû traverser la voie de chemin de fer. Dans cet espace de 15 m2, mon attention a été attirée par un piano et des peintures à l’huile. Chacune a un thème différent. L’une décrit un champ au temps de la récolte, l’autre, une rue bordée d’anciennes maisons. La majorité des clients de l’artiste sont des amis ou des personnes qui l’ont rencontré par hasard lorsqu’il dessinait dans les rues de Hanoï.

Dès qu’il a choisi de devenir peintre, il a dû faire beaucoup de travaux non artistiques pour gagner de l’argent comme  dessiner des peintures murales ou des panneaux publicitaires. Ces emplois l’ont aidé à assurer ses besoins quotidiens, à acheter des toiles et d’autres matériaux pour la peinture à l’huile. Il a souvent hésité entre suivre sa passion et chercher un autre travail pour assurer sa vie quotidienne.  Jusqu’à maintenant, il se pose encore la question : "Comment   dessiner chaque jour alors que je dois gagner de l’argent pour vivre ?"

En avril 2020, pour ralentir la propagation de l’épidémie de COVID-19, la distanciation sociale a été instaurée pendant 14 jours au Vietnam. À ce moment-là, sa vie a été fortement impactée. Personne ne l’a embauché pour un travail publicitaire ou une peinture murale. Les ventes de ses peintures ont chuté. En juin et juillet, il n’a rien vendu alors qu’il devait payer le loyer de sa maison et dépenser de l’argent pour ses frais quotidiens. Il m’a dit : "L’argent est important pour tout le monde, mais nous devons respecter ces mesures".

Alors, il a décidé de vendre ses œuvres directement sur le pont Long Biên. Il pensait que les véhicules roulant lentement, les gens y pourraient avoir le temps de voir ses peintures. Il n’en a vendu que deux ou trois le premier jour. Mais les choses se sont rapidement améliorées. Le 4e jour, la plupart de ses tableaux ont trouvé propriétaire. Des personnes l’ont vu par hasard quand ils passaient sur le pont. Après avoir écouté son histoire, ils ont partagé ses peintures sur les réseaux sociaux. Grâce à quoi ses œuvres ont été plus connues. De nombreuses personnes l’ont contacté pour passer commande. "Quand les gens m’aiment et s’intéressent à moi, je consacre tous mes efforts à les satisfaire".

Une passion de longue date

Le sujet de ses peintures a changé. Avant, il dessinait seulement le pont Long Biên et la porte Quan Chuong parce qu’il y avait des souvenirs inoubliables. Maintenant, il va partout à Hanoï, cherchant de vieilles rues, des monuments célèbres et autres beaux paysages. Beaucoup de personnes ont été surprises de voir sur ses toiles des lieux de la capitale qu’ils n’avaient jamais encore visités. Le prix de ses peintures va de plusieurs centaines à un million de dôngs. D’après lui, pour exister, une œuvre d’art a besoin d’être partagée avec le plus grand nombre. Il dessine pour satisfaire sa passion et aussi pour assurer ses besoins quotidiens.

"Des gens m’ont rencontré pour m’aider. Ils ont acheté un tableau comme souvenir. Je les remercie pour leur gentillesse. Je souhaite qu’ils soient plus heureux, plus optimistes quand ils admirent mes œuvres. Nous nous entraidons, nous partageons des sentiments, et c’est appréciable dans ces circonstances difficiles de la crise sanitaire".

L’épidémie de coronavirus a poussé beaucoup de gens dans une situation difficile. Lui-même a dû chercher une nouvelle façon de vivre et suivre sa passion. Il m’a appris une leçon précieuse : restons optimistes en toutes circonstances ! Il a dû évoluer pour s’adapter à la nouvelle situation. Ce fut une décision difficile de vendre ses "enfants spirituels" dans la rue. "La vie nous réserve toujours des difficultés. Nous devons trouver des solutions pour nous adapter. Si nous avons un rêve, faisons des efforts pour le réaliser ! Peut-être que nous échouerons, mais nous ne regretterons pas de l’avoir fait", a-t-il dit.

L’histoire du vieux peintre a été partagée sur les réseaux sociaux et dans les médias. Plusieurs de ses œuvres ornent désormais des maisons d’amateurs d’art, véhiculant comme message l’importance du partage et de la solidarité pour traverser les épreuves de la vie.-CVN/VNA

Voir plus

Cérémonie de culte du dieu de la cuisine chez les Muong. Photo : VNA

De nombreuses activités animent la Journée de la culture des ethnies du Vietnam 2026

Dans ce cadre, du 17 au 19 avril, le public pourra contempler de nombreux spectacles et festivités mettant en valeur un patrimoine culturel unique. La province de Vinh Long mettra en avant la culture khmère avec la fête Ok-om-bok, ou fête de l'offrande à la lune, accompagnée de démonstrations de métiers artisanaux traditionnels comme le tressage de feuilles de cocotier.

"La jeune femme de Huê" de Mai Trung Thu. Photos: Sotheby's

Trois œuvres des maîtres artistes vietnamiens s’envolent aux enchères à Hong Kong

La vente aux enchères de Sotheby’s proposait des œuvres d’artistes modernes et contemporains de premier plan d’Europe et d’Asie. Trois toiles de deux artistes vietnamiens ont particulièrement retenu l’attention, atteignant des prix bien supérieurs aux estimations, témoignant d’une forte concurrence entre les collectionneurs et confirmant la place et le potentiel de l’art indochinois sur le marché international.

Hô Chi Minh-Ville accueillera le premier Salon de la bande dessinée francophone. Photo : les organisateurs

Le Salon de la bande dessinée francophone fait des bulles à Hô Chi Minh-Ville

Le salon proposera une programmation riche et variée d’expositions, d’ateliers créatifs, de lancements de livres et de séances de dédicaces, ainsi que des rencontres avec des auteurs internationaux, offrant ainsi au public une exploration complète de l’univers de la bande dessinée. Au-delà de l’édition, il s’étend également à l’ensemble de l’écosystème créatif, avec la participation de studios d’animation et de représentants de l’industrie audiovisuelle.

Séance de travail entre la Fédération de pickleball de Da Nang (DPF) et les dirigeants de la Coupe du monde de pickleball, dans le cadre de leur visite au Vietnam. Photo : DPF

Da Nang accueillera la Coupe du monde de pickleball

La ville de Da Nang, dans le centre du Vietnam, accueillera la Coupe du monde de pickleball du 30 août au 9 septembre. L’Association de pickleball de la ville prévoit d’accueillir environ 4 000 joueurs venus de 80 pays, a annoncé la Fédération vietnamienne de pickleball dans un communiqué.

Khanh Hoa - pionnier du tourisme vert et durable

Préserver et faire rayonner les valeurs culturelles vietnamiennes à l'ère du numérique

Dans la trajectoire de développement de toute nation, la culture constitue le socle spirituel de la société. Elle nourrit les valeurs, oriente les valeurs de vie et contribue à façonner l’identité humaine. Forte d’une base culturelle solide, une société peut non seulement soutenir sa croissance économique, mais aussi préserver son identité, son éthique et sa stabilité sur le long terme.

Le thé vietnamien – passerelle culturelle, moteur du commerce

Le thé vietnamien – passerelle culturelle, moteur du commerce

Dans un contexte de développement croissant des relations entre le Vietnam et le Japon, les activités de mise en relation des communautés d’entreprises des deux pays font l’objet d’une attention accrue et se déploient sous des formes de plus en plus diversifiées. Parmi celles-ci, la valorisation des traditions culturelles en tant que vecteur de dialogue et de coopération suscite un intérêt grandissant au sein des milieux d’affaires bilatéraux.

La délégation vietnamienne ouvre la marche du Défilé international de Macao 2026. Photo: VNA

Le Vietnam impressionne au Défilé international de Macao 2026

Organisé par l’administration de la Région administrative spéciale de Macao, le défilé international met en valeur la richesse culturelle de la Route de la Soie maritime à travers des spectacles artistiques variés et contribue à forger une image dynamique de Macao sur le plan culturel.

Photo d'illustration. Source: VNA

Le parachèvement des institutions relatives aux cultures des minorités ethniques

La Résolution n°80-NQ/TW du 7 janvier 2026 du Bureau politique sur le développement de la culture vietnamienne affirme le principe selon lequel la culture doit être placée au même niveau que la politique, l’économie et la société. Elle y est définie comme un socle fondamental, une ressource endogène et un moteur essentiel du développement national.

Le concert « Hanoï paisible » a réuni des milliers de spectateurs autour d’artistes de renom. Photo: VNA

Hanoï : la culture, levier de croissance dans la nouvelle ère

Conformément aux orientations de la Résolution n°80-NQ/TW du 7 janvier 2026 du Bureau politique et au programme d'action n°08-CTr/TU du Comité municipal du Parti, la culture est désormais placée au centre de la stratégie de développement de Hanoï. Elle ne se limite plus à la conservation, mais s’affirme comme une ressource capable de se transformer en produits, services et valeurs économiques concrètes.

Des spectacles culturels et artistiques animés sont présentés lors de la fête des fleurs de Son tra dans la commune de Ngoc Chien. (Photo : VNA)

Entre nature et culture : la fête des fleurs de Son Tra à Ngoc Chien

Organisée chaque année au mois de mars dans le village de Nam Nghiep, qui abrite la plus vaste forêt de cette espèce au Vietnam, la fête des fleurs d’aubépine — appelées localement Son Tra — de la commune de Ngoc Chien (district de Muong La, province de Son La) met à l’honneur la beauté immaculée de ces floraisons sur les hauts plateaux du Nord-Ouest.
Cet événement culturel et touristique unique attire de nombreux visiteurs désireux de contempler ce spectacle éphémère et de s’immerger dans l’authenticité et la richesse de la culture locale.

Quand le site devient spectacle : ouverture de la fête de Tây Yên Tu, dans la province de Bac Ninh (Nord). Photo : VNA

Festivals traditionnels : vers une économie du patrimoine

D’espaces de culte communautaire et de préservation culturelle, les fêtes traditionnelles évoluent vers des produits de l’industrie culturelle et du tourisme durable. La combinaison des rituels, de l’art, de la technologie et des méthodes de gestion modernes permet de créer un modèle inédit, dans lequel le patrimoine devient un véritable actif au service du développement socio-économique et culturel.