Hanoi (VNA) –  Le 8 mars dernier, l’Australie, le Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam ont signé, au Chili, l’accord de partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP). 
 
Le secteur du textile-habillement a fixé l’objectif de 34 milliards de dollars d'exportations en 2018. Photo: VNA
Ce traité de libre-échange réduit drastiquement les tarifs et instaure de nouvelles règles commerciales radicales sur les marchés qui rassemblent près de 500 millions d’habitants et représentent un PIB d’environ 10.000 milliards de dollars, soit  13,5% du PIB mondial.

Il devra supprimer 95 à 98% des lignes tarifaires dès son entrée en vigueur prévue en 2019, et les restes dans les cinq à sept ans qui suivent, ce qui représentera une dynamique pour de nombreuses filières dans lesquelles le pays dispose d’un avantage concurrentiel, dont le textile et l’habillement, la chaussure et le cuir.

La signature du CPTPP contribuera à promouvoir la croissance des entreprises de confection, a déclaré le président de l’Association du textile, de l’habillement, de la broderie et du tricot de Hô Chi Minh-Ville, Pham Xuân Hông.

Cet accord ouvrira l’accès à de nouveaux marchés et incitera les investisseurs vietnamiens et étrangers à investir dans la filière des matières premières et les industries auxiliaires, établissant ainsi une connexion de la chaîne de production du textile et de l’habillement nécessaire à son développement durable, a-t-il estimé.

Des signataires du pacte, qui avaient choisi d’importer des produits textiles et d’habillement d’autres pays, prioriseront le made-in-Vietnam. Les entreprises vietnamiennes s’intéresseront elles à ces nouveaux marchés quand elles pourront bénéficier des droits de douane ramenés à zéro contre une moyenne actuelle de plus de 10%.

Premier secteur d’exportation du pays, l’industrie textile, qui a réalisé en 2017, un chiffre d’affaires de 31 milliards de dollars, soit plus de 10% de plus qu’en 2016 devrait aussi profiter du CPTPP sous certaines conditions.

Conformément au dispositif signé, les exportateurs vietnamiens seront exonérés de toute taxe sous réserve d’utiliser des matières premières provenant exclusivement de l’un des pays signataires. 

Or, la filière importe jusqu’à 65% de ses matières premières. Pour bénéficier de cette fiscalité avantageuse, les exportateurs vietnamiens doivent au plus vite modifier leur stratégie d’achat et de production, explique le vice-président du Groupe du textile et de l’habillement du Vietnam (Vinatex), Nguyên Tiên Truong.

Pour justifier de l’origine de nos matières premières et bénéficier des avantages fiscaux du CPTPP, nous essayons aujourd’hui  de produire au Vietnam. Nous avons également pris des mesures visant à augmenter la valeur ajoutée de nos produits pour devancer nos concurrents, a-t-il fait savoir.
 
La chaîne de confection et de fabrication des chaussures de la compagnie Liên Phat, implantée dans la province de Binh Duong (Sud). Photo: VNA

De la réforme institutionnelle à l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation des fonds, le CPTPP comme d’autres accords de libre-échange profiteront grandement à l’économie vietnamienne en général, à l’industrie du cuir et de la chaussure en particulier, selon les experts.

Pour le vice-président de l’Association du cuir et des chaussures du Vietnam (Lefaso), Diêp Thành Kiêt, le CPTPP aura un impact positif mais ne créera pas de grands changements en termes de croissance de l’industrie de la chaussure.

Sur les 10 membres restants du CPTPP, le Vietnam a conclu des accords de libre-échange avec sept pays. Ainsi, un tel accord avec trois autres pays que sont le Canada, le Mexique et le Pérou n’entraînera pas une augmentation soudaine de la taille du marché ou du chiffre d’affaires à l’exportation de la chaussure et du cuir du Vietnam.

Force est de constater que le Mexique est un marché relativement grand, le Canada, un marché à la demande importante de produits haut de gamme aux prix élevés,  autant d’opportunités non négligeables pour les entreprises vietnamiennes.

Si le CPTPP ouvre de nouvelles opportunités aux entreprises vietnamiennes, il les oblige aussi à relever de nombreux défis et en premier lieu celui d’adapter leur stratégie de commercialisation en fonction des pays ciblés.

De l’avis des économistes, le Vietnam a besoin de renforcer la connexion et la coopération entre les entreprises impliquées dans la filière des matières premières avec celles de textile et d’habillement pour l’exportation pour augmenter le taux d’approvisionnement en matières premières locales.

Les entreprises devraient aussi se renseigner au plus vite sur les clauses du CPTPP, élaborer et compléter les règlements techniques sur la qualité, la sécurité et le travail de l’industrie du textile et de l’habillement, conformément aux normes du marché international. – VNA