Hanoi (VNA) – Le Partenariat économique global régional (RCEP), signé le 15 novembre 2020, est un accord de libre-échange de nouvelle génération. Dès son entrée en vigueur, les entreprises vietnamiennes ont saisi les opportunités pour doper leurs exportations vers les pays signataires.

Le RCEP, un accord de toutes les opportunites hinh anh 1Le RCEP promeut les exportations des entreprises vietnamiennes mais accentue aussi leur compétitivité. Photo : VNA

Dès l’entrée en vigueur du RCEP le 1er janvier 2022, les pays signataires que sont les dix membres de l’ASEAN, la Chine, le Japon, la République de Corée, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ont supprimé les droits de douane sur 64% de leurs produits. Au cours des 20 prochaines années, le Vietnam supprimera les taxes sur près de 90% des produits en provenance des pays hors l’ASEAN, lesquels feront de même pour 92% de ses produits. Quant aux pays de l’ASEAN, ils envisagent une suppression totale des droits de douane.

D’après Nguyên Thi Quynh Nga, directrice adjointe du Département du commerce multilatéral, relevant du ministère de l’Industrie et du Commerce, grâce à l’harmonisation des règles, les exportations vietnamiennes ont bénéficié d’une réduction ou d’une exonération de droits de douane, car les matières premières sont principalement importées des pays signataires du RCEP. “Contrairement aux accords de libre-échange bilatéraux signés avec la Chine, le Japon, la République de Corée, l’Australie et la Nouvelle-Zélande qui imposent au Vietnam de se conformer aux règles et procédures d’importation de chacun de ces pays pour bénéficier des réductions de droits de douane, les signataires du RCEP sont soumis aux mêmes formalités d’exportation. Les entreprises vietnamiennes seront notamment libres de se fournir en matières premières auprès de n’importe quel pays signataire pour bénéficier d’une réduction de droits de douane“, explique-t-elle.

Mesures de protection commerciale

Le RCEP accentue la concurrence, ce qui oblige les entreprises vietnamiennes à se préparer aux mesures de protection commerciale imposées par de nombreux pays, dont les mesures anti-dumping et anti-subventions.

Pour le ministre de l’Industrie et du Commerce, Nguyên Hông Diên, cet accord est surtout une opportunité pour les entreprises vietnamiennes d’établir des partenariats avec les entreprises étrangères. Le RCEP, avec sa clause d’harmonisation de règles appliquée aux 15 pays signataires, permettra aux entreprises vietnamiennes de développer de nouvelles chaînes d’approvisionnement. Cet accord ouvre également un espace productif commun et un marché d’exportation gigantesque et durable pour la région, car de nombreux pays signataires sont de grands fournisseurs de matières premières du monde tels que la Chine, la République de Corée ou encore les pays membres de l’ASEAN.

Par ailleurs, la Chine, la République de Corée et le Japon sont des partenaires commerciaux de première importance du Vietnam, qui représentent à eux trois la moitié de son chiffre d’affaires à l’exportation. Les règles d’origine préférentielles permettent aux entreprises vietnamiennes de diversifier leurs fournisseurs de matières premières pour améliorer leur productivité, la qualité et la compétitivité de leurs produits, et ainsi que les exporter plus facilement.

De l’avis de Nguyên Anh Duong, de l’Institut national de gestion économique, pour pouvoir tirer profit de ce texte, les entreprises doivent étudier attentivement ses clauses, élaborer leur stratégie commerciale en se basant sur le RCEP et sur les autres accords de libre-échange dont le Vietnam est signataire. Elles doivent également placer la zone de libre-échange créée par ledit accord au centre de leurs chaînes d’approvisionnement et améliorer la qualité de leurs produits. “Les entreprises doivent adopter une nouvelle stratégie d’exportation. L’important est d’améliorer leur capacité concurrentielle non seulement en termes de prix, mais également de qualité. Nos produits doivent répondre aux exigences de tous les marchés, qui sont de plus en plus importantes. Autrefois considérée comme un marché facile, la Chine commence aussi à durcir ses critères d’importation. Mais en plus des exportations, les entreprises domestiques doivent savoir profiter du transfert technologique de leurs partenaires étrangers“, souligne-t-il.

Selon la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam, six des signataires du RCEP (République de Corée, Japon, Singapour, Chine, Malaisie et Thaïlande) figurent parmi les dix plus grands investisseurs étrangers dans le pays.

Efforts de relance post-pandémie

Le RCEP pourrait contribuer aux efforts de relance de la région après la pandémie de COVID-19. Avec les 15 pays signataires (les dix États membres de l’ASEAN plus la Chine, le Japon, la République de Corée, l’Australie et la Nouvelle-Zélande), ce traité de libre-échange couvre un tiers du marché mondial et génère 30% du Produit intérieur brut mondial. Mais aussi un quart du commerce des biens et services et 31% des entrées mondiales d’investissements directs étrangers.

Un an après l’entrée en vigueur, le RCEP, qui voit la participation de trois des quatre plus grandes économies asiatiques, a stimulé la croissance dans les domaines de l’import-export, de l’investissement, de la propriété intellectuelle et du commerce électronique entre les États membres.

Par ailleurs, selon une nouvelle étude publiée par HSBC, cet accord affecte aussi indirectement les revenus des pays. Les pays développés comme le Japon connaîtront une croissance de la productivité plus faible, mais bénéficieront toujours d’une intégration accrue de la chaîne d’approvisionnement et d’un soutien à la compétitivité des entreprises locales. Les experts de ladite banque estiment que le moteur de la croissance de la productivité est l’augmentation des échanges commerciaux et des investissements directs étrangers, ainsi que la hausse de la production nationale. “Nous prévoyons qu’il y aura un changement de compétitivité entre les différents secteurs. Naturellement, les ressources et les capitaux seront utilisés pour l’industrie la plus compétitive“, estime un expert de HSBC.

Une concurrence accrue prévue

D’après ladite institution bancaire, d’ici 2035, les trois industries qui devraient se développer le plus au Vietnam sont la maroquinerie et l’habillement ( 14,7%), les équipements électriques et machines ( 12,1%), le textile ( 9). À l’inverse, les industries des combustibles fossiles, des produits du bois et du papier, des produits pharmaceutiques de base… connaîtront un recul. Dans l’ensemble, quelle que soit l’augmentation potentielle de la productivité générée par le RCEP, HSBC reste optimiste sur le fait que l’ensemble du marché des pays signataires de l’accord contribuera à 32,9% du PIB mondial, contre 31,7% en 2021. En outre, le volume des exportations représentera également environ 30% du total mondial.

Actuellement, l’accord voit la participation de 15 économies asiatiques, et un certain nombre d’autres pays sont également en cours d’intégration ou ont demandé leur adhésion. Il s’agit du premier accord de libre-échange qui inclut en son sein la Chine, le Japon et la République de Corée. Selon les analystes, bien que le RCEP offre de nombreuses opportunités, les entreprises vietnamiennes sont confrontées à une concurrence accrue, aussi bien sur le marché national qu’à l’étranger. En outre, le gouvernement doit examiner attentivement les coûts associés à l’accord, qui peuvent inclure le coût de réduction des barrières non tarifaires. – CVN/VNA