Le CPTPP, moteur de connexion de l’Asie-Pacifique

L’achèvement des négociations et la signature du CPTPP ne sont que les premiers pas sur un long chemin. Mais ils sont considérés comme une victoire symbolique pour les efforts de facilitation du commerce.

Hanoi (VNA) – Il y a un an, en mars 2017, dans le cadre du dialogue de haut niveau qui s’est tenu à Viña del Mar, au Chili, les 11 pays restant après le désengagement des Etats-Unis de l’Accord de partenariat transpacifique (TPP) ont discuté des premiers pas à prendre pour «sauver» cet ambitieux accord de libre-échange.

Le CPTPP, moteur de connexion de l’Asie-Pacifique ảnh 1Le CPTPP prévoit une levée des barrières douanières et des barrières non-tarifaires, comme la mise en place de normes communes. Photo : AFP

Avec beaucoup d’efforts et de détermination, 11 pays - l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, le Mexique, le Pérou, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Brunei, Singapour et le Vietnam – ont travaillé côte à côte pour remédier aux insuffisances, frayant la voie à la naissance d’un nouvel traité, appelé Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP pour son sigle anglais) reposant sur la base fondamentale du TPP, qui serait officiellement signé dans la capitale chilienne Santiago, le 8 mars.

Dans un contexte de la montée inquiétante de vagues protectionnistes dans plusieurs pays dans le monde au détriment de la croissance mondiale, le CPTPP est considéré comme un grand pas en avant, créant un pont d’intégration entre les économies des deux rives du Pacifique, et en même temps, aidant à surmonter les défis du protectionnisme. 

Le ministre chilien des Affaires étrangères, Heraldo Muñoz, a déclaré que l’accord ouvrirait des conditions favorables pour créer plus d’emplois, stimuler la croissance économique et améliorer la vie des gens, et renforcer davantage la coopération entre les pays du bloc.

Les dirigeants des 11 pays participants aux négociations du CPTPP ont exprimé leur volonté de promouvoir le libre-échange, de contribuer au développement intégral et de le faire bénéficier non seulement aux pays parties, mais aussi à de nombreux autres pays dans le monde.

L’émergence d’un accord de libre-échange global comme le CPTPP montre que la région Asie-Pacifique reste toujours une pionnière de la connectivité et de l’intégration économiques. 

Cela montre également que dans un monde globalisé d’aujourd’hui, un système multilatéral de libre-échange fondé sur l’égalité et l’avantage mutuel constituera une solution efficace pour aider les économies à surmonter les impacts négatifs de la crise, à répondre plus efficacement aux défis économiques, sociaux et environnementaux du 21e siècle, à s’orienter vers les objectifs de développement durable. 

Parallèlement, les barrières commerciales et la concurrence injuste affectent la connectivité des nations et érode la confiance entre les partenaires. Le président mexicain Enrique Peña Nieto lui-même a récemment déclaré que les pays qui choisissent le protectionnisme ou une économie protectionniste, qui s’isolent eux-mêmes du développement global, ont peu de chance d’atteindre les succès qui apportent la prospérité à la société.

Le CPTPP finalisé démontre la détermination des 11 pays négociateurs à conclure un nouvel accord de libre-échange de nouvelle génération fondé sur les intérêts équilibrés de ses membres, en tenant compte du niveau de développement des pays. 

Il couvre les questions non seulement commerciales, mais aussi juridiques et institutionnelles, et implique des réformes et changements de points de vue sur les plans commercial, juridique et administratif, et ce faisant, il sert de tremplin pour le développement, à la fois économique et social.

L’accord comporte également des engagements importants liés aux barrières non tarifaires, aux services, à l’investissement et à d’autres domaines.

Le CPTPP établit des normes élevées dans de nombreux domaines, tels que le travail, l’environnement, les entreprises publiques, la propriété intellectuelle, l’économie numérique et la cybersécurité, normes jugées essentielles pour les traités commerciaux du 21e siècle.

Par rapport à son «accord prédécesseur», le TPP, le CPTPP maintient les normes élevées prévues dans le texte original mais gèle la mise en œuvre de 22 clauses, dont celle sur la propriété intellectuelle afin d’assurer l’équilibre et la qualité du document dans le nouveau contexte.

Cet accord ambitieux créera l’un des plus grands blocs de libre-échange au monde, couvrant les trois continents – l’Asie, l’Amérique et l’Océanie –, avec un marché de 463 millions de personnes et un PIB d’environ 10.000 milliards de dollars, soit 13% du PIB mondial.  

Ce traité de libre-échange qui se distingue par le nombre record des pays parties et les questions clés du commerce international moderne qu’il couvre, séduit nombre d’autres pays comme la Thaïlande. Même les États-Unis laissent toujours ouverte la possibilité de retourner au CPTPP.

L’achèvement des négociations et la signature du CPTPP ne sont que les premiers pas sur un long chemin. Mais ils sont considérés comme une victoire symbolique pour les efforts de facilitation du commerce multilatéral et l’élimination du protectionnisme. 

Et pour cause, le CPTPP donne de l’espoir au processus de mondialisation et devient un moteur de connexion de l’Asie-Pacifique. – VNA

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