Hanoï, 14 février (VNA) - Les pays membres de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN) devraient accorder la priorité aux avancées d’initiatives régionales pour faire face aux obstacles économiques importants dans le contexte de tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et la Chine, selon eastasiaforum.org.

Photo d'illustration. Source: VNA

Dans le secteur financier, la Réserve fédérale américaine (FED) a relevé les taux d'intérêt de 2,25% à 2,5% en décembre 2018 et a prévu des augmentations supplémentaires en 2019. Des hausses supplémentaires des taux d'intérêt pourraient entraîner des retraits de capitaux des pays de l'Asie du Sud-Est, à mesure que les investisseurs déplacent des fonds pour rechercher des rendements plus élevés aux États-Unis.

Les capitaux doivent être bien gérés, sinon la région pourrait être confrontée à une instabilité financière, a écrit ce site web.

Les économies régionales doivent se préparer aux turbulences économiques et financières futures. Ils peuvent en atténuer les effets par le biais d’initiatives régionales telles que la Communauté économique de l’ASEAN (AEC) 2025, les accords de libre-échange et d’investissement entre l’ASEAN et Hong Kong (AHKFTA et AHKIA), le Partenariat économique global régional (RCEP) et l’Initiative de Multilatéralisation de Chiang Mai (CMIM).

Eastasiaforum.org a déclaré que les décideurs politiques devraient considérer l'achèvement de l'AEC 2015 comme une priorité, ce qui aidera les dix pays membres à atteindre cinq objectifs: une économie fortement intégrée et cohésive; une ASEAN compétitive, innovante et dynamique; amélioration de la connectivité et de la coopération sectorielle; une ASEAN résiliente, inclusive, axée sur les habitants et orientée vers les habitants; et une ASEAN globalisée.

Faire progresser l’AEC 2025 permettra aux entreprises d’exploiter le marché intégré de plus de 600 millions d’habitants, rendant ainsi les économies régionales plus résistantes aux vents contraires.

En outre, il est recommandé aux gouvernements des pays d'Asie du Sud-Est de ratifier l'AHKFTA et l'AHKIA afin que ces accords puissent entrer en vigueur au début de 2019 comme prévu. Ils renforceront les flux transfrontaliers de biens, de services et d’investissements entre l’ASEAN et Hong Kong.

Ces accords permettront non seulement aux entreprises de bénéficier d'un meilleur accès aux marchés des biens et des services et d'une meilleure protection des investissements, mais permettront également aux pays de l'ASEAN de resserrer leurs relations en matière de commerce et d'investissement avec la Chine. Cette dernière aidera les économies de l’Asie du Sud-Est à se remettre de tout dommage que les futurs conflits commerciaux entre Washington et Pékin pourraient leur infliger.

Les autorités de l'ASEAN devraient également se concentrer sur la conclusion des pourparlers sur le RCEP, de sorte que ce bloc de libre-échange composé de 16 économies englobe un marché de 3,6 milliards d’habitants représentant un tiers du PIB mondial. Le RCEP couvrira également 29% du commerce mondial et 26% des flux d’investissements directs étrangers dans le monde.

La conclusion des négociations créera davantage d'opportunités aux entreprises pour approfondir leurs chaînes d'approvisionnement et fournira aux économies de RCEP un autre moyen de diversifier leurs relations économiques et de se protéger des effets négatifs des futurs conflits commerciaux entre les Etats-Unis et la Chine.

Enfin, les pays de l'ASEAN, de pair avec la Chine, le Japon et la République de Corée (ASEAN 3) devraient faire progresser le CMIM, un filet de sécurité financier régional dans le cadre de l'ASEAN 3.

Lancé en 2010, ce programme fournit un soutien financier via un réseau de conversion de devises pour aider les pays de l'ASEAN 3 à surmonter leurs difficultés de balance des paiements.
Étant donné que les futures hausses de taux d’intérêt de la Fed pourraient déclencher la panique des investisseurs, entraînant une instabilité financière et des fuites de capitaux dans certaines économies régionales, le CMIM peut fournir une assistance financière pour remédier à ces problèmes.

Un obstacle majeur à la mise en œuvre de l’AEC 2025 est le manque de coordination entre les ministères et organismes nationaux. Chaque pays de l'ASEAN doit trouver le moyen d'améliorer la coordination entre les autorités impliquées. Certains obstacles nationaux doivent également être levés pour une ratification réussie des accords entre l'ASEAN et Hong Kong.

Les élections prévues en 2019 en Australie, en Inde, en Indonésie et en Thaïlande pourraient retarder la conclusion des négociations du RCEP au premier semestre de 2019. Et si l'élan des pourparlers du RCEP reprend au second semestre, les positions et les préférences différentes devront encore être réconciliées pour sceller cet accord.

Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine et les hausses de taux de la Fed vont probablement générer cette année des effets indésirables pour les économies de l'Asie du Sud-Est. Malgré les défis posés par les initiatives susmentionnées, les pays de l'ASEAN doivent les poursuivre collectivement pour surmonter les vents contraires économiques à venir. -VNA