Hanoi (VNA) – Les dirigeants de l’ASEAN doivent se réunir les 11 et 12 octobre à Bali, en Indonésie, à l’occasion de l’assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), affirmant le rôle de l’ASEAN en tant que première organisation régionale et acteur de la coopération internationale.

Le Premier ministre Nguyên Xuân Phúc est arrivé le 11 octobre à Bali où il doit participer à la rencontre des dirigeants de l’ASEAN, organisée dans le cadre de l’assemblée annuelle du FMI et de la BM. Photo : VNA

Cette réunion qui se tient sur le thème "Mettre en œuvre les objectifs de développement durable et réduire l’écart de développement par une action concertée aux niveaux régional et mondial", traduit l’engagement et la responsabilité de l’ASEAN de se joindre à la communauté internationale pour s’attaquer aux problèmes mondiaux et d’œuvrer pour le développement.

Le contenu dominant de cette rencontre consiste à relier le déploiement de la Vision de l’ASEAN 2025 sur une communauté d’unité, de paix, de stabilité et de prospérité partagée à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU à horizon 2030.

En évaluant les impacts de la tourmente mondiale sur les économies des pays de l’ANASE, qui ont une incidence sur la réalisation de la feuille de route de la Vision de l’ASEAN, les pays de la région pourraient identifier les orientations qui renforcent leur coopération efficace et subtantielle avec l’ONU, le FMI et la BM dans les efforts visant à réduire la pauvreté et l’écart de développement, et à promouvoir la croissance économique et l’intégration régionale.

La réunion s’est déroulée alors que l’économie mondiale entre dans une période d’incertitude avec la montée du protectionnisme et l’escalade des tensions commerciales, notamment entre les deux premières économies du monde, les États-Unis et la Chine, qui menacent la croissance économique mondiale.

Les droits de douane imposés par les États-Unis à la Chine, et de manière plus générale aux importations d’automobiles et de pièces automobiles, pourraient perturber des chaînes d’approvisionnement établies, surtout s’ils s’accompagnent de mesures de rétorsion.

En avril dernier, l’expansion généralisée de l’économie mondiale a amené le FMI à prévoir une croissance de 3,9 % pour cette année et l’année prochaine. Cependant, étant donné ce qui s’est passé depuis, ce chiffre semble trop optimiste : plutôt que de s’accélérer, la croissance s’est stabilisée à 3,7 %.

En conséquence, les indicateurs de l’incertitude qui sont fondés sur les actualités sont montés en flèche, d’autant plus qu’en Asie du Sud-Est, les économies restent fortement dépendantes des exportations et du commerce extérieur. 

De nombreux pays, tels que la Malaisie et l’Indonésie, établissent des usines pour fabriquer et expédier des produits tels que des automobiles, des produits électroniques ou des produits en bois vers la Chine qui seront exportés vers les États-Unis. La gravité des menaces défie la croissance durable de l’ASEAN, entravant ainsi la réalisation des ODD.

Dans ce contexte, la réunion des dirigeants de l’ASEAN à Bali constituera un forum efficace pour débattre d’importantes questions liées à la promotion des synergies, à l’amélioration de la stabilité financière et à la promotion du développement, ainsi que à l’intégration économique régionale et à l’exploitation efficace du potentiel de coopération pour atteindre les objectifs de développement.

Ce faisant, l’ASEAN, toujours considérée comme un moteur de la croissance économique mondiale grâce à une croissance soutenue, affirme son rôle central grandissant dans la connectivité régionale et mondiale, contribuant à soutenir les ODD.

Etant la troisième plus grande économie de l’Asie et la cinquième du monde, l’ASEAN a affiché une croissance de 5,2% en 2017, une dynamique qui devrait se maitenir en 2018 et 2019. La coordination entre les membres, la promotion commerciale intraaséanienne, ont contribué à réduire les impacts de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

L’ASEAN joue actuellement un rôle de connexion dans la région grâce au succès de ses relations avec de nombreux partenaires extérieurs, en particulier les grandes économies, contribuant à la construction et au façonnage de l’architecture régionale tout au long des processus, des mécanismes et forums qu’elle a initiés.

Elle est également une organisation régionale à l’avant-garde des tendances du développement mondial. Pour preuve, au seuil de l’assemblée annuelle du FMI et de la BM à Bali, le bloc régional a organisé une conférence sur "l’application des avancées technologiques pour façonner les économies de demain". Le Forum économique mondial sur l’ASEAN (WEF ASEAN) s’est tenu en septembre 2018 à Hanoi sur le thème "ASEAN 4.0: l’entreprenariat et la quatrième révolution industrielle".

Les pays membres de l’ASEAN privilégient l’exploitation des opportunités offertes par la quatrième révolution industrielle et la résolution des problèmes qui se posent. Ces objectifs sont à mettre en parallèle avec le thème «Vers une communauté résiliente et innovante» de l’ASEAN 2018. De Singapour à la Thaïlande en passant par l’Indonésie, les initiatives fleurissent pour saisir les opportunités de la quatrième révolution industrielle et dynamiser la croissance économique.

Selon les prévisions de Google et de la Fondation Temasek, l’économie d’Internet en Asie du Sud-Est atteindra environ 200 milliards de dollars d’ici 2025, représentant  6% du produit intérieur brut de la région. L’ASEAN promet de  devenir la quatrième plus grande économie du monde en 2030, après les Etats-Unis, la Chine et l’Union européenne.

Les pays de l’ASEAN ont estimé que la mise en œuvre réussie de la Vision 2025 de l’ASEAN contribuerait à la prospérité régionale et mondiale, comme aux objectifs mis en avant par l’ONU dans son Agenda 2030 de développement durable.

En associant sa feuille de route et l’avenir de son développement aux perspectives de développement international, l’ASEAN ouvre grand la porte aux partenaires régionaux et internationaux et témoigne de sa responsabilité croissante et de son rôle global. – VNA