L’artisan qui rêvait de relier le ciel et la terre

Connu pour avoir réalisé un cerf-volant de 100 m de long, Nguyên Thanh Vân ne se lasse jamais de faire voler ses créations, même à l’âge de 65 ans. Une réputation qui vole au-delà des frontières.

Hanoi (VNA) - Connu pour avoir réalisé un cerf-volant de 100 m de long, Nguyên Thanh Vân ne se lasse jamais de faire voler ses créations, même à l’âge de 65 ans. Une réputation qui vole au-delà des frontières, et un savoir-faire qui traverse les décennies.
 

L’artisan qui rêvait de relier le ciel et la terre ảnh 1L’artisan Nguyên Thanh Vân et un de ses cerfs-volants. Photo: TN/CVN

Dans sa maison rue Trân Dình Xu, à Hô Chi Minh-Ville, impossible de faire un pas sans tomber sur un de ses cerfs-volants. Ils sont omniprésents, sur le sol, le mur, le long de l’escalier. Ils ont même droit à une grande salle spécialement dédiée à leur entreposage, devenue indispensable. En soixante ans, Nguyên Thanh Vân a en effet confectionné des milliers de pièces. Un trésor qu’il refuse de céder, malgré les nombreux acheteurs potentiels. «Je fais des cerfs-volants par passion, pas pour les vendre», partage-t-il. Ces créations ont volé dans le ciel dans des centaines de festivals nationaux et internationaux, mettant en valeur et à l’honneur tout son talent.

L’enthousiasme permanent

Aujourd’hui, auréolé du titre «d’artisan folklorique», il poursuit sa passion avec toujours le même enthousiasme. Nguyên Thanh Vân a commencé à créer des cerfs-volants dès l’âge de 6 ans, après en avoir perdu un confié par un ami. Son frère ne montrant aucune envie de l’aider, il partit tailler quelques bambous pour en faire le cadre, et découpa du papier pour le recouvrir. Un talent est né. On aurait pu croire qu’avec une telle vocation il devienne ingénieur pour développer et construire de vrais avions, mais il a choisi d’être électricien, ce qui lui laisse le loisir de dégager du temps pour peaufiner ses cerfs-volants.

Pour permettre à ces derniers de voler, il fallait trouver un espace suffisamment ouvert. Une mission des plus difficiles dans une mégapole aussi grouillante que Hô Chi Minh-Ville, mais il a jeté son dévolu sur les champs de paddy situés en périphérie.

«Je préfère construire les cerfs-volants plutôt que les faire voler», partage-t-il. «Je pourrais passer des heures à concevoir des modèles, couper le tissu, tailler le bambou et poser la peinture sur les ailes, sans se soucier de quoi que ce soit autour de moi. Pour moi, il est difficile de décrire ce que je ressens quand je finis un cerf-volant», exprime-t-il.

La créativité et le talent

 
L’artisan qui rêvait de relier le ciel et la terre ảnh 2 Un cerf-volant de M. Vân aux couleurs des drapeaux français et vietnamien. Photo: SG/CVN

Pour les motifs, il s’inspire des paysages de sa ville natale, ou des sites touristiques connus tels que le marché Bên Thành, le port Nhà Rông ou la pagode au pilier unique. Il aime aussi y apposer le drapeau national et des motifs plus traditionnels tels que des dragons, phoenix, poissons, oiseaux et autres fleurs.

La pratique du cerf-volant n’est pas de tout repos. «Une fois, nous avions réalisé un cerf-volant de 50 m de long, mais qui pesait sept kilos, le rendant dès lors bien trop lourd. Mes amis du club et moi-même avions couru le long de la rivière pour tenter de le faire voler, mais dès que nous sessions la course, il tombait», se souvient-il. Mais c’est au Festival de la mer, organisé en 2006 à Bà Ria-Vung Tàu, que ses efforts ont été récompensés à leur juste valeur. C’est en effet à cette occasion qu’il a pu présenter son cerf-volant en forme de dragon mesurant plus de 100 m de long, établissant dès lors un record national. Il a fallu à Nguyên Thanh Vân et à ses acolytes près de deux ans pour assembler cette œuvre.

L’artisan perpétue en fait un savoir-faire issu d’une longue tradition. Au Vietnam, les cerfs-volants faits de bambou, un matériau clé, étaient agrémentés de flûtes pour avertir autrefois les villageois de la fin du travail dans les champs. Auparavant, ces flûtes ne pouvaient émettre que des sons aléatoires produits par le vent, mais aujourd’hui, elles sont conçues pour reproduire des sons de sirènes de train ou des airs de musiques. «Les cerfs-volants à flûte font le voyage avec moi aux festivals internationaux, y compris en Malaisie, en Indonésie, en Thaïlande, à Singapour et en Pologne, et aident à présenter ces loisirs typiques vietnamiens».

Les cerfs-volants de M. Vân peuvent également se parer de mille feux. Dans un concours «inoubliable» organisé en Malaisie en 2002, des cerfs-volants ont pu voler de nuit avec des lumières attachées afin que le public puisse les admirer. «À ma grande surprise, j’ai reçu le premier prix pour un cerf-volant de grande envergure et décorés de lumières colorées, et c’était la première fois que j’en réalisais un», rappelle Vân.

Les cerfs-volants relient les gens

Sa famille, et en particulier sa femme, ont été d’un grand soutien. Pendant près de 20 ans, son épouse est restée à ses côtés quand il était occupé à préparer ses cerfs-volants et à participer aux concours et festivals vietnamiens et étrangers. «Elle se plaignait toujours de cuisiner et de tout nettoyer derrière moi, mais elle est la personne qui me soutient le plus», sourit-il.

En 1999, il a fondé le club Phuong Hoàng (Phoenix), le premier de son genre dans le Sud où les amateurs de cerf-volant, y compris les enfants, viennent partager leur passion commune. Aujourd’hui, il en est toujours le président.  Ce club est un peu sa deuxième famille. «De plus en plus d’enfants et de jeunes se joignent au club», se réjouit-il. M. Vân est également invité dans les écoles primaires et secondaires locales pour enseigner aux élèves l’art de faire des cerfs-volants. «Je suis heureux de voir les élèves arriver à les faire voler haut dans le ciel».

Pourtant, il est regrettable de voir que les enfants vietnamiens ne disposent que de peu d’espace, en particulier dans les zones urbaines surpeuplées. L’image des champs spacieux avec les cerfs-volants bercés par le vent est devenue rare aujourd’hui. «J’enseigne à mes petits-enfants et à d’autres jeunes les pratiques, en espérant que cela aide à nourrir leur passion». - CVN/VNA                     

Voir plus

Panorama de la séance de travail. Photo: VNA

Le Vietnam et Cuba renforcent leur coopération dans l’édition

En déplacement à La Havane du 9 au 21 février, une délégation de l'Autorité de l'édition, de l'impression et de la distribution du Vietnam a réaffirmé la volonté de renforcer la coopération bilatérale avec Cuba, en actualisant le protocole d’accord existant et en intensifiant les échanges d’ouvrages, de droits d’auteur et d’expériences professionnelles.

Le Vietnam connaît une demande croissante d’enseignement supérieur de qualité. Photo: VNA

Éducation : le Vietnam participe pour la première fois à l’APAIE 2026

Pour la première fois, le Vietnam participe officiellement à la Conférence et Exposition de l’Association Asie-Pacifique pour l’éducation internationale (APAIE) 2026, organisée à Hong Kong (Chine) du 23 au 27 février. À travers le Pavillon du Vietnam réunissant 17 établissements, le pays affirme son ambition de renforcer l’internationalisation de son enseignement supérieur et d’accroître sa visibilité sur la scène académique mondiale.

Le secrétaire général du Parti, To Lam, à la cérémonie de lancement du « Têt de plantation d’arbres en mémoire éternelle du Président Hồ Chí Minh » à Hanoï (VNA). Photo : VNA

Le SG To Lam participe au lancement du Têt de plantation d’arbres à Hanoï

À l’occasion du lancement du Têt de plantation d’arbres 2026 à Hanoï, le secrétaire général To Lam a appelé à intensifier la plantation et la protection des forêts face au changement climatique, affirmant la priorité d’un développement économique durable, sans compromis sur l’environnement.

Des communications fluides et sécurisées à l'occasion du Têt du Cheval 2026. Photo: Vietnam+

Têt du Cheval 2026 : des communications fluides et sécurisées

Du 14 au 18 février, à l’occasion du Nouvel An lunaire 2026, les réseaux de télécommunications ont fonctionné de manière sûre, stable et ininterrompue sur l’ensemble du territoire, grâce à un renforcement coordonné des capacités techniques et des dispositifs de sécurité.

Aujourd'hui, une soixantaine de familles maintiennent une production régulière dans le village, un chiffre qui atteint près de 200 pendant la période précédant le Têt – un nombre toujours bien inférieur à celui d'il y a plusieurs décennies. Photo: laodong.vn

L’ancien village de papier de riz de Thuân Hung fleure bon la tradition

Situé dans le quartier de Thuân Hung à Cân Tho, à environ une heure du centre-ville, le village de Thuân Hung accueille les visiteurs avec le parfum enivrant de la farine de riz et du papier de riz à la noix de coco qui embaume les ruelles étroites menant au village. À l’approche du Têt, l’activité bat son plein.

La communauté vietnamienne en France se rassemble à l'occasion du Têt. Photo: VNA

Au premier jour du Têt 2026, la communauté vietnamienne en France se rassemble

À l’occasion du premier jour du Nouvel An lunaire du Cheval 2026, l’ambassadeur du Vietnam en France, Trinh Duc Hai, et de nombreux membres de la diaspora se sont recueillis dans des lieux bouddhistes en région parisienne, illustrant l’attachement des Vietnamiens de France à leurs racines et leur volonté de contribuer au renforcement des liens d’amitié entre le Vietnam et la France.

A Hanoï, stationnement et transports publics gratuits lors du Têt. Photo : Tintuc/VNA

Hanoï : Stationnement et transports publics gratuits lors du Têt

La capitale Hanoï a mis en œuvre un programme de gratuité pour plusieurs zones de stationnement et l’ensemble de son réseau de transports publics subventionnés pour faciliter les déplacements des citoyens et des touristes durant le Nouvel An lunaire du Cheval 2026.