La dette publique restera en dessous du seuil toléré fin 2018

La dette publique du Vietnam s’élève actuellement à 61,3% du produit intérieur brut (PIB), contre 64,8% en 2015. Le résultat d’une bonne gestion de la part du ministère des Finances.

Hanoi, 6 octobre (VNA) - La dette publique du Vietnam s’élève actuellement à 61,3% du produit intérieur brut (PIB), contre 64,8% en 2015. Le résultat d’une bonne gestion de la part du ministère des Finances.

La dette publique restera en dessous du seuil toléré fin 2018 ảnh 1La centrale thermique Thai Binh 1 (Nord) a un coût de 26.500 milliards de dôngs, dont 85% provenant de l’aide publique au développement du Japon. Photo: VNA

D’après des chiffres dévoilés par le ministère des Finances, fin 2017, la dette publique du Vietnam représentait 61,3% du PIB, soit un peu moins que les 64,5% prévus. Ledit ministère est arrivé à maintenir les indices de sécurité de la dette publique en parallèle à sa restructuration, actuellement sur de bons rails. Ses efforts ont porté leurs fruits. Ses succès dans le contrôle de la dette publique ont permis l’élévation de la note et l’estimation positive sur l’économie du Vietnam du Fonds monétaire international (FMI) et d’autres institutions internationales.
 
Le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a promulgué fin avril la décision 437 sur le plan d’emprunt et de remboursement du gouvernement ainsi que les limites d’emprunt en 2018. Ces derniers pourront s’élever à 384.000 milliards de dôngs: 275.970 milliards provenant de prêts intérieurs et 108.030 milliards restants de prêts étrangers. Concernant le plan de règlement, le gouvernement devrait rembourser cette année 256.769 milliards de dôngs à ses créanciers.

Selon les estimations de l’Audit d’État du Vietnam, les emprunts publics devraient représenter 63,9% du PIB fin 2018 et la dette extérieure 47,6%, ne contrevenant pas à la limite établie à moins de 50% du PIB. Le pays affiche actuellement un PIB d’environ 5 millions de milliards de dôngs, alors que sa dette publique s’élève à 2,8 millions de milliards, plaçant donc 30 millions de dôngs de dette sur la tête de chaque habitant.

Restructuration, un impératif

La dette publique, particulièrement la part qui est garantie par le gouvernement, fournit un important volume de capitaux au service de l’investissement dans le développement, la construction d’infrastructures socio-économiques et la promotion de la production. Les prêts correspondants permettent aux entreprises de réaliser un bon nombre de projets importants. Sans la garantie du gouvernement, beaucoup d’entre elles peinent à bénéficier de taux préférentiels dans le pays ou à l’étranger, même si elles démontrent la faisabilité de leur cahier des charges.

Cependant, devant la pression de l’augmentation de la dette publique qui risque d’atteindre le plafond fixé par l’Assemblée nationale, le gouvernement a établi une feuille de route pour maîtriser le montant de ces prêts et, plus particulièrement, durcir les critères de sélection des bénéficiaires des prêts garantis par le gouvernement. Celui-ci a promulgué en 2017 l’arrêté N°4 sur la poursuite de la gestion des garanties gouvernementales selon lequel l’octroi de celles-ci est plus strict. Ainsi, depuis mars 2017, pour les projets d’investissement dont la réalisation a été approuvée par l’Assemblée nationale, le taux des prêts garantis par le gouvernement a été ramené à 70% du coût du projet, contre 80% auparavant. Pour un projet dont la mise en œuvre a été approuvée par le gouvernement, ce pourcentage est de 60%, et pour les autres projets, de 50%.

C’est une exigence très importante, car les entreprises qui veulent profiter de prêts garantis doivent montrer leurs capacités financières et, pour ce, rien de mieux que d’assurer un apport de fonds propre de 30%, 40%, voire 50% du coût du projet. Auparavant, les conditions pour bénéficier de la caution du gouvernement ont été assouplies pour soutenir au maximum les entreprises dans l’accès à des prêts à taux préférentiel et à long terme.

Le Vietnam est devenu un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (ceux dont le revenu national brut par habitant se situe entre 1.036 et 4.085 dollars). Il ne pourra donc plus profiter des prêts préférentiels de la Banque mondiale et, après 2018, de la Banque asiatique de développement (BAD). C’est pour cette raison que sa dette publique doit être restructurée. Pour bénéficier de prêts garantis, les entreprises devront répondre à des conditions plus rigoureuses, et les banques commerciales, avoir plus de responsabilité dans l’octroi d’emprunts aux entreprises sans intervention du gouvernement. Le resserrement des critères a pour but de maintenir les prêts garantis par le gouvernement à 12% du total de la dette publique actuellement, et à 10% en 2020.

Une gestion compétente

Depuis 2016, le gouvernement est plus sélectif concernant les projets financés par les aides publiques au développement (APD). Si auparavant, tous ces projets avaient été gérés par les ministères et les organismes centraux, ces dernières années, la tendance s’est inversée et plusieurs projets de première importance se sont vu confiés aux villes et provinces.

Les aides non remboursables sont réservées aux programmes et projets de formation professionnelle, d’amélioration des conditions de vie de la population, notamment en zones montagneuse ou rurale et peuplées de minorités ethniques, ainsi qu’au développement des systèmes de santé et d’éducation.

Les APD sous forme de crédit à taux d’intérêt préférentiel reviennent désormais aux seuls projets présentant de fortes capacités de remboursement en raison de leur rentabilité comme, par exemple, métro, tramway, autoroutes, centrales électriques... Les emprunts du Vietnam sont pour l’essentiel à court terme. Le gouvernement a enjoint au ministère des Finances de restructurer la dette publique dans le sens d’une priorité accordée aux emprunts à long terme, moins coûteux. Il s’agit également d’un contrôle étroit du remboursement de la dette extérieure bénéficiant de la garantie de l’État, notamment celles des villes, provinces et groupes économiques publics, ainsi que du recouvrement des prêts accordés par l’État à ces derniers.

Pour un pays en voie de développement, l’endettement public dopant la croissance est un instrument économique indispensable. Ce qui importe, c’est que les capitaux soient employés avec efficacité, car, pour le reste, les rentrées budgétaires sont suffisantes, tout comme les exportations nationales qui croissent sans discontinuer afin d’assurer le remboursement aux échéances convenues...

Le Vietnam respecte strictement le remboursement de sa dette, aucun créancier, à plus forte raison s’il est étranger, n’ayant déploré de retard ou émis de doutes quant à la solvabilité du pays. La gestion et la supervision des finances publiques se posent comme des impératifs pour toutes les économies désireuses de bénéficier d’une croissance stable.

L’une des principales préoccupations du Vietnam est de définir des politiques et des mesures adéquates à sa situation, ainsi que d’acquérir les technologies et méthodes nécessaires à leur mise en œuvre, et ce dans le cadre de l’amélioration des capacités de contrôle des finances de l’État. D’après le ministre des Finances, Dinh Tiên Dung, “le Vietnam poursuivra la mise en place des mesures de développement de son marché financier, dont la Bourse, tout en restructurant la dette publique”. De la même façon, le contrôle rigoureux de l’endettement aux niveaux local, ministériel et administratif est en cours de renforcement.

Forte croissance et stabilisation de la dette

Moody’s Investor Services (Moody’s), société active dans l’analyse financière d’entreprises commerciales ou d’organes gouvernementaux, a fait savoir fin août 2018 que la forte croissance économique devrait se poursuivre au Vietnam ces prochaines années et soutenir une stabilisation de la dette. “La croissance sera soutenue par la compétitivité croissante de l’économie, des flux commerciaux sains et une consommation robuste”, a-t-elle estimé dans son dernier rapport intitulé “Gouvernement du Vietnam: les questions fréquemment posées sur les perspectives de croissance, de commerce et de dette publique”.

La dette publique restera en dessous du seuil toléré fin 2018 ảnh 2Selon Moody’s, la forte croissance économique devrait se poursuivre au Vietnam ces prochaines années. Photo: VNA

“Cependant, les risques liés au système bancaire et les antécédents de vulnérabilité aux cycles de marchés financiers déstabilisants continuent de peser sur la force économique globale”, a poursuivi l’agence de notation. Selon Moody’s, l’investissement est en grande partie responsable de la croissance vietnamienne de 6% durant la dernière décennie, mais la productivité poussera de plus en plus la croissance globale à mesure que l’économie nationale montera dans la chaîne de valeur et que le rôle du secteur privé augmentera. “Ces améliorations soutiendront une croissance moyenne du PIB de 6,4% entre 2018 et 2022, ce qui représente près du double de la médiane de 3,5% pour les pays souverains notés Ba3”, a-t-elle indiqué.

“Les impacts du conflit commercial en cours entre les États-Unis (stable Aaa) et la Chine (stable A1) pourront être préjudiciables au Vietnam si les droits sont étendus aux produits de la chaîne d’approvisionnement de téléphones portables dans laquelle le pays se spécialise ou affectent d’autres économies avec lesquelles il entretient des liens commerciaux forts, tels que la République de Corée (Aa2 stable)”, a averti Moody’s.

Toujours selon Moody’s, l’économie vietnamienne pourrait connaître une croissance annuelle de 6,4% pour la période 2018-2022. Elle a estimé que son potentiel de croissance serait fort, autour de 6,5%, et soutenu par une utilisation de plus en plus efficace de la main-d’œuvre et du capital dans l’économie. La force économique du pays associe une forte croissance et une forte compétitivité, comme le montre le passage de l’économie aux secteurs à forte valeur ajoutée. Cette société a aussi rehaussé la note de crédit du Vietnam, de B1 à Ba3, et ajusté ses perspectives de “positives” à “stables”.

La structure de la dette publique vietnamienne limite également la vulnérabilité aux chocs financiers. Les bonnes notes assignées au pays reflètent l’amélioration de la santé de son secteur bancaire. – CVN/VNA

Voir plus

Sur le plan macroéconomique, la résolution du gouvernement exhorte à gérer de manière proactive, flexible, opportune et efficace, la politique monétaire en coordination étroite et concertée avec une politique budgétaire expansionniste rationnelle et ciblée. Photo: VietnamPlus

Le gouvernement exige de se mobiliser vers une croissance à deux chiffres

Chaque ministère, organismes, localité, groupe économique et entreprise publique doit adhérer scrupuleusement aux objectifs, exigences et scénarios pour atteindre une croissance économique à deux chiffres en 2026, identifier les marges de manœuvre de croissance sur lesquelles ils pourraient s’appuyer pour atteindre les objectifs fixés, souligne la résolution.

Le 9e Congrès national de l’Union des agriculteurs du Vietnam. Photo: VNA

Ouverture du 9e Congrès national de l’Union des agriculteurs du Vietnam à Hanoi

Réuni à Hanoï pour son 9e Congrès national, mandat 2026-2031, l’Union des agriculteurs du Vietnam fixe comme priorité la modernisation de son organisation, l’accélération de la transformation numérique et la promotion du rôle des agriculteurs en tant qu’acteurs centraux du développement agricole, rural et de la construction d’une nouvelle ruralité.

Les deux ministres des Finances du Vietnam et du Laos procèdent, le 7 juin à Hanoi, à l’échange officiel de leur accord de coopération pour la période 2026-2030, en présence des Premiers ministres des deux pays. Photo: VNA

Vietnam et Laos renforcent les capacités de gestion publique d’ici 2030

Le Vietnam et le Laos ont signé un accord de coopération pour la période 2026-2030 visant à approfondir l’assistance technique, la formation des ressources humaines et le partage d’expériences dans le domaine financier, illustrant la volonté commune des deux pays de consolider leur partenariat stratégique et leur coopération globale.

Le 5 juin 2026, la société vietnamienne Green and Smart Mobility Joint Stock Company (Green SM) a officiellement lancé son service Green SM Limo à New Delhi, en Inde.

Les investissements vietnamiens à l’étranger bondissent au cours des cinq premiers mois de 2026

Les entreprises vietnamiennes ont accéléré leurs investissements à l’étranger au cours des cinq premiers mois de 2026, portant le volume total des capitaux engagés à près de 795 millions de dollars, soit 2,5 fois plus qu’à la même période de l’an dernier. Parallèlement, les investissements directs étrangers enregistrés au Vietnam ont atteint 24,81 milliards de dollars, en hausse de 34,9 % sur un an.

Vu Ba Phu, directeur de Vietrade (droite) et Steven Tipman, directeur exécutif de TFO Canada. Photo : VNA

Vietnam–Canada : Vietrade et TFO Canada ouvrent une nouvelle phase de coopération économique

Après plus d’une décennie de coopération dans la promotion du commerce et l’appui aux entreprises, l’Agence vietnamienne de promotion du commerce (Vietrade) et l’Organisation canadienne de promotion du commerce (TFO Canada) entendent franchir une nouvelle étape en développant un partenariat commercial stratégique destiné à renforcer les échanges économiques entre le Vietnam et le Canada.

Ouvriers de Toyota Boshoku Hanoi Co., Ltd dans la province de Phu Tho. Photo : VNA

La production industrielle du Vietnam au plus haut en cinq mois depuis quatre ans

La production industrielle du Vietnam a maintenu une forte dynamique au cours des cinq premiers mois de 2026, l'indice de la production industrielle (IPI) progressant de 9,1 % sur un an, soit le taux de croissance le plus élevé enregistré sur cette période depuis quatre ans, selon l'Office national des statistiques (ONS) du ministère des Finances.

La troisième session du Comité mixte Vietnam-Canada sur la coopération économique. Photo: VNA

Le Vietnam et le Canada tracent de nouvelles perspectives de coopération économique

Réunis à Ottawa pour la troisième session du Comité mixte Vietnam-Canada sur la coopération économique, les deux pays ont adopté un plan d’action pour 2026-2028 et identifié de nouvelles priorités de coopération dans les domaines du commerce, des chaînes d’approvisionnement, des technologies stratégiques, de l’énergie et de la croissance verte.

La province de Tay Ninh compte 34 zones industrielles prêtes à accueillir de nouveaux investisseurs et a attiré plus de 2 600 projets, dont près de 1 500 investissements directs étrangers (IDE). Photo: VNA

Le Sud-Est du Vietnam cherche à renforcer l’efficacité de l’attraction des IDE

À l’avenir, la région du Sud-Est devra accélérer les réformes institutionnelles, améliorer la planification et les infrastructures, tout en renforçant la coopération entre les localités. Chaque solution devra être assortie d’actions concrètes pour favoriser une meilleure coordination régionale pour renforcer l’efficacité de l’attraction des IDE.

Le Parc logistique Viettel de Lạng Sơn, un modèle de logistique intelligente. Photo : VNA.

La logistique moderne ouvre de nouvelles perspectives pour l’économie frontalière de Lang Son

La province septentrionale de Lang Son dispose d’un réseau frontalier stratégique comprenant le poste-frontière international de Huu Nghi, le poste-frontière ferroviaire international de Dong Dang ainsi que les postes-frontières de Chi Ma et de Tan Thanh. Elle accélère sa transformation en pôle logistique frontalier moderne grâce à la modernisation de ses infrastructures de traitement des marchandises et à la numérisation des activités d’import-export.