La belle histoire belge de la brocatelle Co Tu

Dans la vieille ville de Hôi An, la boutique Ava’na émerge de l’enfilade de magasins de prêt-à-porter grâce à une collection vestimentaire inédite, inspirée de l’ethnie Co Tu.
La belle histoire belge de la brocatelle Co Tu ảnh 1Aldegande Van Alsenoy, propriétaire de la boutique Ava’na à Hoi An. Photo : http://hoian60s.com
 

Quang Nam (VNA) - Dans la vieille ville de Hôi An, la boutique Ava’na émerge de l’enfilade de magasins de prêt-à-porter grâce à une collection vestimentaire inédite, inspirée de l’ethnie Co Tu. La patronne de l’établissement, une styliste belge, est installée ici depuis neuf ans.

Située au 57, rue Lê Loi, à Hôi An, dans la province de Quang Nam (Centre), la boutique Ava’na attire le regard, indéniablement. Ici, le terme "lèche-vitrines" prend tout son sens. La devanture est ornée de vêtements en brocatelle uniques en leur genre, la combinaison parfaite des styles vietnamien et européen.

"Les brocatelles sont issues de l’ethnie Co Tu qui pratique traditionnellement le métier de tissage. C’est le costume chamarré de cette communauté ethnique habitant la haute région de Quang Nam qui m’a donné une inspiration géniale pour créer cette collection baptisée +Cotu Yaya+", confie Aldegande Van Alsenoy, 43 ans, propriétaire de cette boutique-atelier de mode. Vivant à Hôi An depuis neuf ans, elle a fait sa place parmi les habitants locaux qui l’appellent par son diminutif, Ava.

Accueillant notre équipe avec un léger sourire, Ava nous présente un catalogue avec dedans des jeunes filles Co Tu en costumes traditionnels, des motifs de brocatelles et, bien entendu, ses modèles vestimentaires. "C’est la collection +Cotu Yaya+, inspirée des costumes traditionnels Co Tu. Ces modèles fantaisie résultent des techniques de coupe, de combinaison des couleurs, de décoration avec les perles de verre... Mes créations se caractérisent désormais par un style à la fois traditionnel et contemporain", explique-t-elle.

Mais pourquoi Cotu Yaya ? À cette question, toujours avec un sourire aux lèvres, Ava déploie ses bras, à l’instar d’une fille Co Tu exécutant une figure de danse appelée "tâng tung yaya" (littéralement la danse dédiée au culte du Ciel). Et d’expliquer : "+Cotu+ est l’ethnie Co Tu, et +Yaya+, le Ciel. J’ai choisi ce nom dans l’espoir d’évoquer quelque chose de sacré pour cette communauté ethnique que j’admire".

La collection en question comprend 18 modèles vestimentaires distincts, tous confectionnés avec de la brocatelle. Portant la griffe Ava’na, ces articles arborent un style qui sort de l’ordinaire, comme par exemple cet ensemble combinant une chemise coupée à l’européenne à une jupe, un pantalon, conçus à l’instar de ceux des Co Tu, le tout agrémenté d’un foulard, également en brocatelle. Dix-huit modèles qui sont en train de s’exporter vers la Belgique, un "marché prometteur", selon sa créatrice.

Avant Cotu Yaya, elle a donné naissance à nombre d’autres modèles en brocatelle. Par l’intermédiaire de son amie Nele de Blok, elle aussi styliste, mais au Portugal, les articles vestimentaires d’Ava sont mis en vente sur les marchés japonais, français, italien et, bien sûr, portugais.

En 2006, Ava débarque à Quang Nam (Centre) en tant que volontaire pour un projet humanitaire de l’Organisation internationale du Travail (ILO en anglais), mis en oeuvre dans le district de Dông Giang. Une localité montagneuse, habitée par les Co Tu - une des ethnies minoritaires du Vietnam - qui donc pratiquent le tissage de brocatelles. Dans le cadre du projet, les tisseuses sont groupées dans la coopérative Dho Rôông, pour produire des articles d’exportation. Ensorcelée par la beauté originale de cette étoffe de soie brochée avec de riches ornements, Ava passe la majeure partie de son temps à côté des métiers à tisser. Elle dessine de nouveaux motifs ornementaux et guide les tisseuses dans le travail. Le tissage de brocatelles des Co Tu a depuis le vent en poupe, avec pour effet une hausse sensible de leurs revenus.

"Le projet s’est achevé il y a quelques années. Mais, je n’ai pas voulu quitter Quang Nam. Grâce à ILO, j’ai pu faire connaissance avec un métier des plus originaux du Vietnam. Et maintenant, c’est l’occasion pour moi de faire valoir mon métier de styliste", confie Ava. Pour elle, le savoir-faire traditionnel couplé harmonieusement à la technique moderne peut aboutir à des produits haut de gamme. Tout est question de dosage. "Mes créations visent surtout la clientèle étrangère. Dans l’ensemble, les costumes européens sont compliqués et lourds, alors que ceux alliant style européen et Co Tu sont élégants et légers", explique-t-elle.

Distant d’une centaine de mètres de la boutique Ava’na, le Centre de plongée sous-marine de Cu Lao Chàm (îlot Chàm) siège au 88, rue Nguyên Thai Hoc. C’est une agence touristique où Lodovio Ruggru, Italien, mari d’Ava, travaille en tant que directeur du service marketing.

"Nous nous sommes rencontrés en 2004 à Hôi An. Nous avons décidé de fonder une famille deux ans après", révèle Ava. La rencontre a eu lieu au moment où Ava a poussé la porte : "C’est Lodovio qui m’a accueillie puis guidée durant mon excursion marine, au large de l’îlot Chàm. Un homme au cœur gros comme ça et plein d’enthousiasme qui m’a fait forte impression".

Une fillette de huit ans et un petit garçon de trois ans plus tard, les voici habitant une maison située près du port de Cua Dai, à 8 km du centre-ville.

Ava a aussi une autre famille, plus grande, à Dông Giang : "Ma seconde famille est nombreuse. J’ai 18 sœurs qui sont parmi les meilleures tisseuses Co Tu. J’y retourne chaque mois. C’est toujours un bonheur de manger et papoter avec elles". Et de méditer : "Mon mari et moi avons l’intention de rester longtemps ici. Je souhaite de tout mon cœur faire quelque chose de bon pour le Vietnam, mon pays d’adoption".

À la demande d’ILO, Ava retournera une nouvelle fois à Dông Giang en tant que volontaire à partir de décembre 2014, dans le cadre d’un nouveau projet monté par cette organisation. Bonne chance et bon vent! -CVN/VNA

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