KORA, la start-up qui mise sur les plantes sauvages

Bên Chi Thinh, trentenaire, d’ethnie Xê Dang, est un passionné de plantes médicinales. Relevant tous les défis, il a lancé son entreprise, KORA, qui propose 40 produits. Rencontre avec ce jeune homme.
Kon Tum (VNA) –  Bên Chi Thinh, trentenaire, d’ethnie Xê Dang, est un passionné de plantes médicinales. Relevant tous les défis, il a lancé son entreprise, KORA, qui propose 40 produits. Rencontre avec un jeune homme ambitieux.
KORA, la start-up qui mise sur les plantes sauvages ảnh 1Bên Chi Thinh devant des matières premières médicinales. Photo: BM/CVN

Diplômé en 2010 de l’Université d’économie de Dà Nang (Centre), spécialisation administration des affaires, Bên Chi Thinh décide de rentrer à Kon Tum, sa province natale sur les Hauts Plateaux du Centre (Tây Nguyên), bien déterminé à y vivre et, surtout, à y gagner sa vie.

Il travaille d’abord pour une petite entreprise commerciale avec l’idée de glaner des expériences en vue de monter sa propre affaire. Peu de temps après, il ouvre, dans le district de Kon Rây, une boutique de produits alimentaires. "Un jour, je me suis dis: et pourquoi ne pas vendre de plantes médicinales, comme mes parents?, confie le jeune homme de 31 ans, originaire du district de Kon Rây, province de Kon Tum. Depuis mon enfance, en effet, je suis baigné dans les parfums des plantes médicinales. Ma famille vit depuis trois générations de la cueillette et du traitement de ces plantes, qui sont vendues à des établissements de phytothérapie du Centre et du Nord du pays”.

Ces plantes ont de nombreuses vertus, en particulier curatives; elles ont pour ainsi dire constitué les premiers médicaments. De nos jours, les médicaments "dont les substances actives sont exclusivement d’origine végétale" sont regroupés sous le nom de phytothérapie.

Comme produit phare de sa toute jeune entreprise, dénommée KORA (du nom de son district natal, Kon Rây), Bên Chi Thinh choisit la salsepareille (thô phuc linh ou khuc khac en vietnamien), un tonifiant réputé. Au début, le traitement se fait de façon artisanale, que ce soit le hachage ou le séchage. "La thô phuc linh est non seulement tonique mais aussi très efficace dans le traitement des  douleurs ostéocopes”, affirme Bên Chi Thinh, citant le cas de sa mère, autrefois frappée d’ostéalgie chronique, qui s’est guérie en quelques mois grâce à ce breuvage.

Ce remède étant peu connu, sa commercialisation fut compliquée les premiers temps. "En 2015, nos recettes ne furent que de 30 millions de dôngs. À cela venait s’ajouter une certaine quantité de médicaments en stock se détériorant faute de bonnes techniques de conservation. Parfois, je devais détruire une centaine de kilos", se rappelle Bên Chi Thinh.

Petit à petit, l’oiseau fait son nid
KORA, la start-up qui mise sur les plantes sauvages ảnh 2Bên Chi Thinh (2e à gauche) présente ses produits. Photo: BM/CVN
"Aucun succès n’a jamais été accompli sans échec, aussi ne faut-il pas se démoraliser au moindre incident", se dit alors le jeune homme, qui cherche par tous les moyens à changer la situation. Jour après jour, il va dans des villages reculés à la rencontre de praticiens de médecine traditionnelle pour apprendre des remèdes, persuader les habitants d’ethnies minoritaires de lui fournir des plantes. Il va aussi en forêt pour chercher lui-même des espèces végétales. Les pentes des monts Ngoc Linh et Kon Plong, renommés pour leurs ginsengs, deviennent ses fiefs. Mieux encore, il passe avec des habitants de son ethnie, les Xê Dang, des contrats de plantation et de fourniture de plantes médicinales, notamment le fameux ginseng de Ngoc Linh, endémique du Centre du Vietnam. Une zone de culture de plantes médicinales voit le jour sur une centaine d’hectares. L’approvisionnement est donc assuré.

Au fil des mois, Bên Chi Thinh voit ses connaissances en médecine traditionnelle s’enrichir et sa liste de plantes s’étoffer.

"J’ai un support solide, ce sont mes parents et mes sœurs qui sont très expérimentés dans la préparation de remèdes végétaux", confie le jeune entrepreneur. Il cherche à diversifier ses produits, les tonifiants surtout. Actuellement, KORA propose une quarantaine de substances, dont les précieux champignons lingzhi (nâm linh chi), ganoderma vert (nâm lim xanh), ginseng rouge (hông sâm), salsepareille (thô phuc linh)...

En 2016, ses recettes ont atteint 200 millions dôngs, puis plus d’un milliard l’année suivante.  "Cette année, je vise 3 milliards de dôngs", avance-t-il, une lueur de fierté dans le regard.

Récemment, il a investi 500 millions de dôngs pour s’équiper d’une chaîne de pro-duction moderne, avec machines de traitement, torréfacteurs et aire de séchage. "KORA emploie actuellement une dizaine de travailleurs locaux qui ont tous suivi une formation", précise-t-il.

Bien décidé à ne pas s’endormir sur ses lauriers, le jeune entrepreneur compte entamer un nouveau projet: produire des friandises à partir du ginseng rouge. "Nos bonbons fortifiants seront prochainement en vente", assure-t-il.

Le réseau de distribution de KORA, qui couvre le Tây Nguyên, Hanoi et Hô Chi Minh-Ville, ne cesse de s’élargir. Fin 2017, l’"entreprise familiale KORA" a décroché le 2e prix du concours des "Jeunes entrepreneurs créatifs" de l’Union de la jeunesse de Kon Tum. – CVN/VNA

Voir plus

Scènes de l'audience de l'après-midi du 14 janvier. Photo: VNA

Corruption dans le secteur alimentaire : 55 accusés condamnés à Hanoï

Le Tribunal populaire de Hanoï a prononcé de lourdes peines de prison à l’encontre de 55 accusés dans une vaste affaire de corruption au sein de l’Administration alimentaire du Vietnam du ministère de la Santé, dont 20 ans de réclusion pour son ancien directeur général, Nguyen Thanh Phong.

Le Vietnam est confronté à des menaces croissantes en matière de cybersécurité, alors que les cyberattaques explosent dans un contexte de boom mondial de l'IA. Photo: Viettel Security

Les entreprises vietnamiennes ont été victimes de 552.000 cyberattaques en 2025

L’Association nationale de cybersécurité a averti qu’en 2026, la sécurité des données deviendrait un enjeu majeur pour les agences, les organisations et les entreprises. Avec l’accélération de la transformation numérique au Vietnam, les centres de données et les systèmes d’information deviendront les cibles privilégiées des cybercriminels.

Hanoi enregistre des résultats positifs grâce à son système de caméras basé sur l’intelligence artificielle. Photo : VNA

Le système de caméras à IA de Hanoi affiche des résultats initiaux positifs

Du 13 décembre 2025 au 12 janvier 2026, le système a enregistré 6.351 infractions justifiant un contrôle automatisé du trafic. Parmi celles-ci, 66,36 % concernaient des feux rouges grillés et 32,32 % des infractions liées au port du casque. Les images et vidéos capturées ont fourni des preuves légales irréfutables.

Remise des cadeaux du Parti et de l'État aux bénéficiaires à leur domicile. Photo: VNA

Cadeaux du Parti et de l’État : plus de 5,88 millions de bénéficiaires

À l’occasion du 14ᵉ Congrès national du Parti et du Têt traditionnel du Cheval, le Parti et l’État ont octroyé des cadeaux à plus de 5,88 millions de personnes ayant rendu des services méritoires à la révolution ainsi qu’aux bénéficiaires de l’assistance et de la retraite sociales, témoignant d’une politique constante de reconnaissance et de solidarité sociale.

Les autorités locales, les forces compétentes et les habitants bénéficiaires de Bac Ai Tây. Photos: VOV

Campagne Quang Trung: le village de Bac Ai Tây se relève après les inondations

Bien qu’il reste encore des traumatismes et des traces bien visibles de l’épisode dramatique et destructeur du 19 novembre 2025, le village de Bac Ai Tây s’est résolument tournée vers l’avenir grâce à l’opération de reconstruction d’urgence baptisée en référence à la campagne militaire menée par le héros national Quang Trung.