Depuis plus de mille ans, le développement de la capitale vietnamienne Hanoi est indissociable du fleuve Rouge. D’ailleurs, le nom même de Hanoi, qui signifie «à l’intérieur, en deçà du fleuve», dit bien l’importance du cours d’eau et montre bien combien les deux sont intimement liés.

La plupart des anciens lacs et rivières de Hanoi qui existent aujourd’hui - le lac Hoàn Kiêm, le lac de l’Ouest, les rivières Tô Lich, Kim Nguu... - sont nés des modifications du fleuve Rouge. Une histoire presque aussi longue que son parcours ! 


Le lac Hoàn Kiêm

En effet, c’est dans le Yunnan (Chine) que le fleuve Rouge prend sa source. Il traverse le Vietnam pour se jeter dans la Mer Orientale.

Le fleuve Rouge entre au Vietnam par la province montagneuse de Lào Cai (Nord) pour atteindre, grossi de nombreux affluents, la capitale Hanoi, avant de former le delta qui porte son nom. En serpentant comme un ruban rose entourant la ville, il crée un paysage urbain caractéristique de la capitale vietnamienne. Paysage qui est amené à se modifier encore dans les années à venir.

Nouvelle physionomie de Hanoi

En fait, si au cours du siècle dernier, Hanoi était une ville en bordure de fleuve, avec la planification générale de la capitale à l’horizon 2030 et sa vision pour 2050, le fleuve Rouge sera situé au milieu de la ville. C’est pourquoi, la construction de 16 nouveaux ponts, ou plus, qui relieront les deux côtés du fleuve Rouge, stimulera le développement de la ville et rendra plus spécifique le paysage architectural urbain de Hanoi.

Auparavant, d’un côté du fleuve, il y avait Hanoi, et sur l’autre rive, la campagne. Rizières et champs de maïs côtoyaient des pauvres villages aux maisons basses, protégés par de mauvaises haies de bambous et quelques bananiers.

Aujourd’hui, la ville a traversé le fleuve. De l’autre côté des ponts Long Biên, Vinh Tuy, Chuong Duong, ce sont de nouvelles rues et zones urbaines de l’arrondissement de Long Biên, très animé, avec des centaines de hauts édifices et de villas à l’architecture moderne, ouverts à tous, familles aisées comme modestes, tels que Vincom Village, Viêt Hung, Sài Ðông... Les centres commerciaux, hôtels, zones de services, établissements sportifs et culturels poussent comme des champignons, entre les villages de métiers traditionnels comme le célèbre Bát Tràng, spécialisé dans la céramique.

Chaque jour, des milliers de personnes et de véhicules traversent ces ponts pour entrer ou sortir de la ville ancienne. Ces ouvrages facilitent non seulement le trafic entre les deux rives du fleuve Rouge, mais contribuent encore à l’augmentation du prix des terrains et de l’immobilier dans l’arrondissement de Long Biên. Et cela permet aussi de réduire les écarts de développement urbain entre les parties intra-muros et extra-muros de la capitale !

Reflet vivant de la ville

Pour relever le défi de cette urbanisation intensive, Hanoi se dotera de nouveaux grands ponts. Ils participeront à l’image romantique d’une capitale toutefois moderne et civilisée du XXIe siècle. Sans toutefois renier le vieux pont Long Biên, qui étire encore sa carcasse métallique au-dessus du fleuve Rouge à Hanoi.

Gravement endommagé par les bombardements américains durant la guerre du Vietnam, il a consciencieusement accompli sa mission de transport tout au long d’un siècle pour devenir un patrimoine culturel toujours utile. Aujourd’hui, il est relayé par ses six autres frères que sont Thang Long, Chuong Duong, Vinh Tuy, Thanh Trì, Vinh Thinh et Nhât Tân. Et ce n’est qu’un début, car selon le plan stratégique de développement du système de voierie vers 2030 et sa vision pour 2050, Hanoi possèdera au total 19 ponts au-dessus du fleuve Rouge.

Un pont, ce n’est pas seulement un ouvrage d’art qui enjambe un fleuve. C’est aussi la porte d’entrée d’une ville. Et les ponts de Hanoi n’y dérogent pas ! Ceux qui pénètrent dans la ville par voie terrestre ou aérienne de l’Ouest, du Nord ou de l’Est ne peuvent les manquer.

Franchir un pont, ce n’est pas seulement rouler dessus, c’est aussi admirer son reflet dans l’eau qui le baigne. Ainsi, dans leur diversité, il est à parier que l’image des ponts reposants et pleins de charme qui se réfléchissent dans les eaux alluviales du fleuve Rouge suscitera une impression romantique chez les visiteurs.

Le meilleur à souhaiter est que tous ces nouveaux ponts soient à la hauteur de la réputation du pont Long Biên qui est toujours désigné comme l’un des grands symboles de Hanoi, à l’instar du pont Great Belt au Danemark, du Tower Bridge sur la Tamise à Londres (Royaume-Uni), du Harbour Bridge à Sydney (Australie), du viaduc de Millau en France, ou du Golden Gate Bridge de San Francisco (États-Unis)...

Mais Hanoi a encore d’autres ouvrages d’art que ceux traversant le fleuve Rouge : les viaducs urbains. Si le mot «pont» devrait être réservé au franchissement de cours d’eau important, fleuves ou rivières, le mot «viaduc» est plus approprié pour désigner ces superstructures qui soutiendront le métro aérien. En effet, Hanoi construit actuellement les poutres de sa première ligne de métro aérien (2A) Cát Linh - Hà Ðông. Il s’agira là aussi d’un viaduc, qui n’enjambera pas le fleuve, mais sera au-dessus de la ville. D’autres lignes de métro aérien, les N°1, N°2, N°3..., pourront parcourir la ville, avec d’autres viaducs construits aux principaux carrefours de Lê Van Luong - Láng, Ðai Cô Viêt - Trân Khát Chân, Láng Ha - Thái Hà - Chùa Bôc...

Ainsi, la capitale, après avoir conquis l’autre rive du fleuve Rouge, va s’élever en hauteur. C’est tout un réseau de voies de communication qui permettra d’aller d’un bout de la ville à l’autre. Dans ce concert, ponts et viaducs sont les acteurs indispensables pour réduire les distances en rapprochant les faubourgs de la ville. – VNA