Importations de produits thaïlandais: entre risques et opportunités

Après l’ouverture du marché de la communauté économique de l’ASEAN le 1er janvier 2016, les produits thaïlandais ont rapidement inondé le marché vietnamien.

Hanoi (VNA) - Après l’ouverture du marché de la communauté économique de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) le 1er janvier 2016, les produits thaïlandais ont rapidement inondé le marché vietnamien. Cela a ouvert des opportunités mais aussi posé des défis aux producteurs domestiques.

Importations de produits thaïlandais: entre risques et opportunités ảnh 1Un magasin de marchandises thaïlandaises à Hanoï.

Selon le Département général des douanes du Vietnam, en 2017, les importations de marchandises thaïlandaises ont atteint 10,49 milliards de dollars, contre seulement 4,8 milliards de dollars d’exportations de produits vietnamiens vers la Thaïlande.

À côté des produits électroniques, les produits de consommation courante sont également la priorité des entreprises thaïlandaises d’exportation. Les distributeurs thaïlandais se sont rués vers le marché vietnamien, notamment dans la vente au détail, avec l’achat des supermarchés Big C, Metro, Nguyên Kim du distributeur thaïlandais Central Group. Et fin 2017, la marque de bière Saigon a aussi été transférée à un partenaire thaïlandais.

À présent, outre l'habillement, les entreprises thaïlandaises proposent de plus en plus sur le marché vietnamien des produits alimentaires frais ou transformés, des objets de décoration…

Les vols directs et quotidiens entre Hô Chi Minh-Ville/Hanoi et Bangkok, à des prix très abordables, ont aussi encouragé les Vietnamiens à importer des produits thaïlandais.

Bùi Vy Vy, patronne d’une chaîne de restaurants de crabes à Hô Chi Minh-Ville, a confié qu’à côté de l’achat de crabes, elle vient régulièrement en Thaïlande, tous les 2 ou 3 mois, pour récupérer de l’argent et aussi acheter des épices thaïlandaises pour ses restaurants.

Quelques Vietnamiens ont commencé leur business avec un petit nombre de marchandises, mais après un certain temps, ils ont décidé de devenir des distributeurs de marques thaïlandaises. Par exemple, le secteur du bien-être (spa) thaïlandais se développe rapidement à Hô Chi Minh-Ville et dans les provinces voisines.

Attention aux fraudes dans les transactions

Importations de produits thaïlandais: entre risques et opportunités ảnh 2Les produits thaïlandais inondent rapidement le marché vietnamien.

Le Bureau vietnamien du commerce en Thaïlande a récemment averti les entreprises vietnamiennes de fraudes de la part de certains producteurs thaïlandais. Ces derniers temps, cet organe a en effet reçu des demandes d’aide de la part d’entreprises vietnamiennes lésées par des partenaires thaïlandais peu scrupuleux.  

En effet, la plupart des entreprises vietnamiennes recherchent sur Internet des partenaires potentiels. Profitant de leur manque de connaissances du marché, beaucoup d’exportateurs thaïlandais demandent une avance financière aux importateurs vietnamiens mais ne livrent pas les marchandises prévues. Une fraude courante dans le secteur des papiers A4.

Selon ce bureau, les entreprises vietnamiennes doivent aussi faire attention aux informations concernant les partenaires thaïlandais avant de signer un contrat. Et si possible, elles doivent se rendre sur place pour travailler directement avec eux ou demander l’aide du Bureau vietnamien du commerce pour vérifier les coordonnés des exportateurs thaïlandais. Les informations sur le nom et les numéros de téléphone, l’adresse et emails des compagnies thaïlandaises doivent en effet être conformes à l’enregistrement au Département thaïlandais du développement des entreprises.  On peut consulter ces infos sur le site : www.bld.go.th/Applications/cds.

En outre, les importateurs vietnamiens ne doivent pas partager avec leurs partenaires thaïlandais des informations importantes ni leur verser des fonds pour l’achat de visas, le paiement des frais annexes etc. Pour les transactions en cours, il faut demander aux partenaires thaïlandais de fournir des informations complètes, avec des factures.

Les contrats doivent comprendre des articles concernant le dédommagement et les bases pour régler les éventuels litiges. Notamment, il ne faut envoyer de contrat par email ou les partager sur les réseaux sociaux, ni accepter le prépaiement d’une partie de la valeur de la transaction quand on ne dispose pas d’informations sûres sur les partenaires. En effet, beaucoup d’entreprises vietnamiennes n’ont pu contacter leurs partenaires thaïlandais une fois les transferts d’argent réalisés.- CVN/VNA

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L'article publié dans le journal français Le Monde. Photo : capture d’écran

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