Hung Yên et ses statues millénaires «indestructibles»

Immergées depuis plus de 1.000 ans dans l’eau, une centaine de statues en argile ont été retrouvées intactes dans la pagode Nôm, province de Hung Yên (Nord).
Hung Yên et ses statues millénaires «indestructibles» ảnh 1Dans l’enceinte de la pagode Nôm, dans la province de Hung Yên. Photo: VNA

Hung Yên (VNA) - Immergées depuis plus de 1.000 ans dans l’eau, une centaine de statues en argile ont été retrouvées intactes dans la pagode Nôm, province de Hung Yên (Nord).

La pagode Nôm (également appelée Linh Thông), située dans la commune de Dai Dông, district de Van Lâm, province de Hung Yên, s’étend sur une superficie d’une dizaine d’hectares. Elle a été reconstruite à plusieurs reprises au cours des siècles en raison de la dégradation de son état. Toutefois, la pagode originale se cache à l’heure actuelle au centre de l’enceinte.

Un grand nombre de statues en argile

C’est dans cette pagode antique que se trouve son plus précieux trésor : des statues «indestructibles» qui remontent à plusieurs siècles, fabriquées en argile, un matériau pourtant réputé pour sa fragilité. Parmi les colonnes gigantesques en bois de fer (gô lim), les tours centenaires en pierre et même des arbres si vieux qu’on ne peut pas déterminer leur âge, on trouve des statues représentant Bouddha, Guanyin, mais aussi des arhats, des saints.

Certaines font jusqu’à trois mètres de haut, d’autres ne sont pas plus grandes que la main. Leur visage est souvent très expressif (joie, tristesse, colère...), leur pose et leur corpulence sont tout aussi diversifiées. «Les vêtements aussi bien que les expressions faciales des statues sont imprégnés de traits très caractéristiques de la vie journalière des Vietnamiens. Cela montre que dans le regard de nos ancêtres, le bouddhisme représente une grande part de leur quotidien», partage Thich Dông Huê, gérant bonze de la pagode.

La pagode Nôm est la seule au Vietnam à regrouper un nombre aussi important de statues en argile. Néanmoins, le détail le plus impressionnant chez ces dernières n’est pas leur quantité mais la qualité de leur conservation. En effet, la durabilité des sculptures en argile est assez courte. On peut mentionner la pagode Dât Sét, aussi connue sous le nom Buu Son Tu, province de Soc Trang (Sud), qui a été édifiée totalement avec ce matériau. Pourtant, bien qu’elle n’ait été bâtie qu’au début du XXe siècle, elle n’est plus en très bon état aujourd’hui.

Paradoxalement, grâce à leurs conditions que l’on peut presque appeler miraculeuses, les statues de la pagode Nôm supportent encore bien le temps, malgré leur âge, qu’on estime pour certaines atteindre plus de 1.000 ans d’ancienneté.

Des secrets encore masqués

La date de construction de l’édifice religieux ne peut pas encore être déterminée avec précision. Selon les légendes racontées par les locaux, elle date de la période de Hai Bà Trung (les deux sœurs  Trung), il y a près de 2.000 ans. Au fil du temps, le monument a été rongé par l’érosion puis reconstruit à plusieurs reprises, de sorte qu’il n’existe presque plus de vestiges originaux.

Hung Yên et ses statues millénaires «indestructibles» ảnh 2Les statues millénaires en argile de la pagode Nôm. Photo : DL/CVN

La date la plus ancienne enregistrée pour déterminer son âge est en 1680, lors de sa reconstruction. L’information est gravée sur deux stèles en pierre à l’intérieur de la pagode. Selon des spécialistes, certaines statues (comme celles des arhats) arborent le style sculptural de la période du Xe au XIIIe siècles (dynasties des Ly et des Trân). Son âge peut donc être estimé jusqu’à plus de 1.000 ans.


Par ailleurs, le temps n’est pas le seul ravage qu’ont subi ces statues. Dans le passé, de nombreuses inondations ont ratissé la pagode. Les trois inondations importantes qu’on a enregistrées récemment se sont produites en 1945, 1971 et 1986, - lesquelles ont entièrement submergé le Nord du Vietnam. Elles ont balayé tous les toits de la pagode, désagrégé ses murs et immergé les œuvres en argile pendant des périodes qui pouvaient durer plusieurs mois. À chaque passage, la pagode se retrouvait partiellement détruite. Quant aux statues, elles ont seulement été recouvertes par les alluvions du fleuve Rouge. Après un lavage par les bonzes, elles ont immédiatement retrouvé leur allure imposante et leur condition d’origine.

À l’épreuve du temps, traversant les guerres, subissant des conditions météorologiques extrêmes, on n’a toujours pas su déchiffrer le secret de leur conservation ni la méthode pour modeler ces sculptures. D’autant plus qu’aucun document ne divulgue davantage d’informations sur la pagode Nôm et ses statues. Peut-être le secret réside-t-il dans les matériaux de modelage ou dans la peinture utilisée, certains pensent même à une protection divine. Les spécialistes travaillent sur le sujet.

Toutefois, en se basant sur les informations déjà collectées et, dans l’éventualité que ces statues n’aient pas été sculptées voici plus de 1.000 ans mais il y a 400 ou 500 ans, ces éléments sont suffisants pour les classer comme patrimoines parmi les plus précieux du Vietnam. -CVN/VNA

Voir plus

En adaptant ses créations en brocart aux tendances contemporaines, le village de tissage de My Nghiêp innove pour offrir de nouvelles perspectives au patrimoine culturel Chăm. Photo: VNA

Résolution 06-NQ/TW : le Vietnam entend renforcer son soft power par la diplomatie culturelle

La mise en œuvre de la Résolution 06-NQ/TW du Bureau politique et de la Stratégie de diplomatie culturelle à l’horizon 2030, avec une vision jusqu’en 2045, marque une nouvelle étape dans la politique extérieure du Vietnam. Le pays ambitionne de faire de sa culture, de son patrimoine et de l’innovation des leviers essentiels pour accroître son influence internationale et soutenir son développement durable.

Le festival touristique de l'ao dài de Hanoï 2025, placé sous le thème "ao dài de Hanoï - Éclat du patrimoine", du 7 au 9 novembre 2025 au Musée de Hanoi. Photo: VNA

La résolution du Politburo revitalise les espaces urbains grâce aux ressources culturelles

Hanoi a récemment lancé une série d’initiatives pour concrétiser sa vision de devenir une capitale « civilisée, distinctive et créative », où la culture et l’innovation sont des moteurs de croissance essentiels. Parmi les plus remarquables figurent le programme de développement des infrastructures créatives et le concours de design d’espaces créatifs 2026.

Le ministre des Affaires parlementaires de l’État du Madhya Pradesh, Kailash Vijayvargiya, prononce le discours d'ouverture de l'événement. Photo : VNA

Vietnam–Inde : "Love Garden", un pont cinématographique autour du patrimoine quan ho

Le film "Vuon Tinh Yeu – Prem Ki Surdhara – Love Garden", inspiré du "quan họ", chant populaire traditionnel du Vietnam inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l'UNESCO, est officiellement disponible dans le monde entier sur la plateforme OTT WAVES de Prasar Bharati, le radiodiffuseur public indien. Cette sortie intervient après l'obtention du prix du Meilleur film international au 8e Festival international du film de Haryana.

Equipe nationale de football. Photo: VNA

ASEAN Cup 2026 : le Vietnam, champion en titre, vise un doublé historique

À l’approche du coup d’envoi de l’ASEAN Cup 2026, le site officiel de la compétition estime que la sélection vietnamienne est prête à défendre son titre de champion d’Asie du Sud-Est. Championne en titre, elle ambitionne de devenir la première équipe de l’histoire du tournoi à conserver son trophée.

La combattante vietnamienne Bac Thi Khiêm célèbre sa victoire au Chuncheon Korea Open 2026, le 22 juillet. Photo : ThethaoVietNam

La taekwondoïste Bac Thi Khiêm croque le bronze au Chuncheon Korea Open 2026

Bien qu’elle n’ait pas atteint la finale du Chuncheon Korea Open 2026, la performance de Bac Thi Khiêm a démontré sa grande compétitivité face aux meilleures combattantes asiatiques. Sa médaille de bronze lui a également offert une précieuse opportunité d’acquérir de l’expérience et de perfectionner sa technique en vue des ASIAD 20 au Japon.