Des solutions pour enseigner le vietnamien aux Viêt kiêu

En vertu de la résolution 36-NQ/TW, le Parti communiste vietnamien souhaite renforcer l’enseignement et l’apprentissage du vietnamien aux Viêt kiêu surtout ceux des 3e et 4e générations, afin de ne pas les couper de leurs racines. Pour diverses raisons, les actions peinent à aboutir.
En vertu de la résolution36-NQ/TW, le Parti communiste vietnamien souhaite renforcerl’enseignement et l’apprentissage du vietnamien aux Viêt kiêu surtoutceux des 3e et 4e générations, afin de ne pas les couper de leursracines. Pour diverses raisons, les actions peinent à aboutir.

Àl’occasion des festivités annuelles impliquant les Viêt kiêu(Vietnamiens d’outre-mer) à l’instar de «Printemps au pays natal» ou«Camp d’été au Vietnam», force est de constater que de nombreux jeuness’expriment difficilement dans leur langue d’origine préférant l’anglaispour combler cette lacune.

Cette situation révèle lanégligence de la communauté Viêt kiêu dans la transmission des valeursculturelles comme la langue. L’acculturation et les soucis quotidiensdans les pays d’accueil empêchent nombre d’entre eux d’inculquer lalangue maternelle à leur progéniture.

Selon Nguyên ThanhSon, vice-ministre des Affaires étrangères et président du Comité d’Étatchargé des Vietnamiens de l’étranger, depuis un temps, les compatriotesde la diaspora se préoccupent plus de gagner leur vie que de conserverles us et coutumes. L’apprentissage de la langue natale est alorsdélaissé. Et les jeunes qui ignorent cette dernière en sont victimes.

«Ceproblème nous tourmente énormément. Si le Parti et l’Étatn’investissent pas suffisamment dans l’enseignement du vietnamien, laplupart des +Viêt kiêu+ des troisième et quatrième générations serontthaïlandisés et oublieront leurs origines», regrette Nguyên Tât Thanh,ambassadeur du Vietnam en Thaïlande.

Constat similaire surle plan éducatif. Selon le vice-ministre de l’Éducation et de laFormation, Trân Quang Quy, en plus de l’environnement peu propice àl’apprentissage, la carence du matériel didactique ne favorise pasl’enseignement du vietnamien comme deuxième langue ou langue étrangère.

Dans le passé, seuls deux documents permettaientd’enseigner le vietnamien : l’ancien manuel scolaire officiel et lelivre publié par la Maison d’édition de l’éducation du Vietnam. Maisdepuis quelques décennies, des professeurs et intellectuels Viêt kiêuéditent eux-mêmes des manuels et ouvrages de référence de l’enseignementdu vietnamien. «Ces ouvrages ne sont pas actualisés par rapport àl’évolution de la langue. Leurs auteurs ne sont pas suffisammentinformés. En conséquence, la transmission n’est pas pleinement aboutie»,remarque M. Quy.


Déterminés à bâtir une communauté Viêtkiêu et solidement attachée à sa culture d’origine, le Parti et l’Étatont convenu de moderniser l’enseignement du vietnamien.

«Nousavons investi dans un projet du ministère de l’Éducation et de laFormation pour un budget estimé à 5 milliards de dôngs. L’objectif estde concevoir une collection de manuels régulièrement actualisés. Cecipermettrait de répondre au besoin grandissant en apprentissage duvietnamien chez de nombreux compatriotes éparpillés dans le monde»,indique Nguyên Thanh Son.

De son côté, Trân Quang Quy,vice-ministre de l’Éducation et de la Formation, fait savoir que dans lecadre du projet «Assistance à l’enseignement et à l’apprentissage duvietnamien à l’intention des Vietnamiens d’outre-mer», son ministère aopté pour deux méthodologies :

«Le vietnamien en sedivertissant» (programme pour enfants et adolescents) et «Mon pays Viêt»(pour les adultes). Elles sont appuyées par des supports didactiquestels que marionnettes, CD ainsi qu’ouvrages d’appoint. Aux dires desenseignants, jusqu’ici, ces méthodes ont donné des résultatsencourageants. Cependant, le budget limité en a entravé le processus.Actuellement, il y a rupture de stock des ouvrages imprimés à titreexpérimental. Les promotions suivantes d’apprenants se contentent decopies.

«Nous souhaitons une collaboration plus étroiteentre le ministère des Affaires étrangères et celui de l’Éducation et dela Formation afin de continuer la publication des manuels destinés aux+Viêt kiêu+. Par ailleurs, il faut réfléchir à fournir des livres auxdépartements du vietnamien dans les universités des pays d’accueil pourfavoriser l’enseignement sur place», propose M. Quy.

Poursa part, Nguyên Ba Hung, consul du Vietnam à San Francisco (États-Unis),estime qu’un enseignement basé sur le programme officiel de l’État estindispensable et souhaitable pour les Viêt kiêu. «Parallèlement auxefforts pour introduire des cours de langue sur place, la chaîne VTV4(chaîne internationale de la Télévision du Vietnam) devrait améliorerson émission d’enseignement du vietnamien. En même temps, il fautdévelopper l’enseignement en ligne. Voilà quelques pistes pouvantpermettre à nos compatriotes d’apprendre le vietnamien là où ils sontétablis», suggère M. Hung. -VNA

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