Des "porteurs" à l’œuvre dans les régions sinistrées du Centre

Un groupe de porteurs a été créé dans une situation urgente. Leur mission est bien plus lourde que les seuls sacs de marchandises transportés sur leur dos : assurer la survie de 3.000 habitants sinistrés.
Quang Nam (VNA) –  Un groupe de porteurs a été créé dans une situation urgente. Leur mission est bien plus lourde que les seuls sacs de marchandises transportés sur leur dos : assurer la survie de 3.000 habitants sinistrés dans la province de Quang Nam, au Centre.
Des "porteurs" à l’œuvre dans les régions sinistrées du Centre ảnh 1Porteurs grimpant une montagne accidentée pour apporter des marchandises de secours aux habitants de leur commune. Photo : TN/CVN

Ce ne sont pas des inconnus. Ce sont des miliciens, des jeunes hommes et même des femmes des communes de Phuoc Thành, Phuoc Công et Phuoc Lôc du district de Phuoc Son, province de Quang Nam, au Centre. Ils sont prêts à porter des marchandises de secours pour leurs voisins affamés et isolés en raison des récents glissements de terrain.

Bien qu’il soit habitué à marcher en forêt, Hô Van Phiên, 24 ans, milicien de la commune de Phuoc Thành, a également dû rester particulièrement concentré chaque fois qu’il marchait sur les rochers instables des berges de la rivière.

Déposant les sacs de marchandises sur un rocher en plein milieu de la montagne, Phiên semble fatigué. Il a traversé depuis hier une montagne accidentée et une dizaine de rivières, des centaines de points de glissements de terrain pour apporter des marchandises de secours aux habitants de sa commune.

Ses mains sont très fatiguées et ses jambes tremblent après avoir dû patauger profondément dans la boue. "Depuis hier, j’ai fait cinq voyages. Bien que très fatigué, je continue mes efforts car ces marchandises de première nécessité aideront mes voisins à surmonter temporairement les difficultés. De plus, ma famille y vit aussi", sourit-il.

Le jeune homme raconte qu’en raison de leurs maisons submergées, de nombreuses familles doivent rester au poste de santé ou au siège du Comité populaire de la commune. Tous leurs biens ont été perdus et ils n’ont plus rien à manger. Les survivants chanceux se sont partagés chaque bol de porridge ou chaque tubercule de manioc pour supporter la disette.

Chemisier mouillé de sueur, les femmes continuent de gravir la montagne avec obstination. Peut-être que la dureté de la vie leur a forgé la résilience néces-saire pour conquérir des dizaines de sommets chaque jour. Pour apporter du riz depuis le village 3, dans la commune de Phuoc Kim, lieu de rassemblement de marchandises de secours, à leur village, ces femmes doivent perdre six heures.

Laissant un sac de 25 kg de riz à terre lorsqu’elle a atteint le milieu de la montagne, Hô Thi Thê a rapidement essuyé sa sueur. Le visage de cette femme d’ethnie Gie Triêng est dur et fatigué. Après une pause de seulement quelques minutes, elle a continué sa marche.

"Notre maison a été emportée, nous avons tous perdu. Nous avons juste eu le temps de nous enfuir. Maintenant, avoir du riz nous permet de revivre. Ces derniers jours, nous n’avions rien à manger", partage-t-elle en repartant.

Les porteurs marchent en silence. Ils se reposent sur une colline. La fatigue est évidente dans leurs respirations et leurs visages. Le plus jeune, Hô Van Khanh, 14 ans, est toujours en tête du groupe. Avec un sac de marchandises de dizaines de kilogrammes sur son dos, il marche toujours à grands pas. Khanh raconte que sa maison a été partiellement détruite par les récentes inondations et que lors de la "fuite", ses parents ont malheureusement été blessés aux jambes et n’ont pas pu escalader la montagne.

"Si je n’y vais pas, toute ma famille n’aura plus rien à manger. Mes parents et mes trois jeunes frères et sœurs m’attendent à la maison", explique-t-il avant de continuer son travail.

Derrière Khanh se trouve Hô Dinh Nghia, 16 ans. Les récentes inondations ont emporté la maison de sa famille. Dès 05h00, Nghia a suivi un groupe pour traverser la forêt et ramener du riz à la maison.

"La maison, les biens, les buffles et les vaches ont disparu après les crues. Ma famille de dix personnes doit maintenant rester à l’école maternelle de la commune. J’ai suivi mon père pour transporter des marchandises pour ma famille et pour mes voisins", raconte Nghia.

Un espoir sur les épaules
Des "porteurs" à l’œuvre dans les régions sinistrées du Centre ảnh 2La pause bien méritée d’un jeune porteur. Photo : TN/CVN

En 2016, après une forte pluie, la maison de la famille de Hô Thi Trân avait été détruite par un glissement de terrain, enterrant complètement tous les meubles. Malheureusement, la nouvelle maison reconstruite grâce à l’argent emprunté a de nouveau été sévèrement endommagée par les récentes crues. "Nous n’avions plus rien ! Les crues ont tous balayé. Ces derniers jours, nous n’avions rien à manger. Les jardins et les champs ont été dévastés. Nous ne savons pas comment nous allons survivre dans le futur", soupire-t-elle.

Pour ramener les sacs de marchandises, Mme Trân et ses compagnons ont dû affronter des pentes rocheuses instables et dangereuses. Juste un peu d’inattention et la chute était quasiment inéluctable.

Hô Van Phuc, président du Comité populaire de la commune de Phuoc Thành, fait savoir qu’actuellement il manque de beaucoup de vêtements et de denrées alimentaires. Les habitants doivent partager chaque vêtement, chaque repas. Dans de nombreux villages, il faut économiser chaque bidon d’eau potable pour cuisiner car l’eau pour la vie courante est pour le moment inutilisable.

"Les autorités locales cherchent à aider les habitants sinistrés", déclare-t-il. Le 2 novembre, la commune de Phuoc Thành a mobilisé environ 500 personnes, dont des milices populaires et des habitants locaux, pour acheminer riz et nourriture. – CVN/VNA


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