Cuir et chaussure : Les entreprises nationales cherchent à sortir de l’externalisation

De nombreuses entreprises nationales de chaussures ont créé leurs propres collections et modèles pour leurs clients, sans dépendre de leurs partenaires.
Cuir et chaussure : Les entreprises nationales cherchent à sortir de l’externalisation ảnh 1Un salon des produits du cuir et des chaussures vietnamiens.

Hanoï (VNA) - De nombreuses entreprises nationales de chaussures ont créé leurs propres collections et modèles pour leurs clients, sans dépendre de leurs partenaires, selon un vice-président de l'Association vietnamienne des chaussures, du cuir et des sacs à main (Lefaso).

Les exportations vietnamiennes de cuir et de chaussures ont continué d'afficher une forte croissance en 2018.

Répondant au correspondant de l’Agence vietnamienne d’information (VNA), Mme Phan Thi Thanh Xuan, vice-présidente de Lefaso, a déclaré qu’en parallèle du développement des matières premières, les entreprises vietnamiennes investissent également beaucoup dans la conception. Il s’agit d’une avancée décisive pour le secteur du cuir et des chaussures pour s'affirmer progressivement sur la scène internationale.

- En 2018, quels sont des résultats remarquables obtenus par le secteur du cuir et des chaussures?


L’année dernière, les exportations nationales des chaussures sont estimées à 19,5 milliards de dollars, soit une augmentation de 8,5% par rapport à 2017 et représentant 8% du chiffre d'affaires à l'exportation du pays.

- Bien qu’il s’agisse d’un secteur d’exportation clé, sa valeur ajoutée n’est pas élevée en raison de sa dépendance aux matières premières importées. Comment analysez-vous cette situation?

C'est la situation du secteur du cuir et des chaussures qui travaille depuis plusieurs années pour des marques étrangères. Les entreprises d'IDE ont un marché d'exportation stable, de sorte que leurs chiffres d'affaires à l'exportation augmentent rapidement et de manière stable. Alors que les entreprises nationales rencontrent de nombreuses difficultés en matière de marché, elles doivent donc produire des chaussures pour de marques étrangères.

Cependant, au cours des onze mois de 2018, les entreprises d’IDE ont exporté pour 11,63 milliards de dollars de chaussures et 2,34 milliards de dollars de portefeuille et sacs, représentant 79,4% des chaussures et 76,2% du portefeuille contre les 80% et 81% les années précédentes.

- Comment les entreprises nationales se sont préparées pour maîtriser leurs marques?

Actuellement, les entreprises nationales ont créé leurs propres collections et modèles pour les présenter à leurs clients, sans dépendre des conceptions des clients comme auparavant.

Certaines entreprises ont collaboré avec des clients en vue de créer des designs pour les prochaines saisons, ce qui est une très bonne étape pour les entreprises vietnamiennes.

La prochaine étape consiste à essayer de maîtriser la conception, ce qui signifie que nous pouvons créer nos propres marques. Cependant, seulement les petites entreprises peuvent le faire alors que les grandes entreprises ont encore besoin de grandes marques internationales.

Au contraire, grâce à la participation à la fabrication de produits de marques internationales, nous affirmons progressivement la qualité, le prestige et la position des fabricants vietnamiens. Et puis, les entreprises vietnamiennes créeront progressivement leurs propres marques.

Cuir et chaussure : Les entreprises nationales cherchent à sortir de l’externalisation ảnh 2 Mme Phan Thi Thanh Xuan, vice-présidente de Lefaso. Photo: VNA

- Selon vous, comment le CPTPP a-t-il affecté  les exportations du secteur en 2019 et l'affectera ces prochaines années?

Les chaussures bénéficient d'un taux de réduction d'impôt élevé dès l'entrée en vigueur du CPTPP. Grâce aux avantages commerciaux dans le cadre de cet accord, le Vietnam attirera de nombreux investissements étrangers dans le secteur du cuir et des chaussures. Le volume d'exportation de ces produits vers les pays membres du CPTPP continuera à croître dans les années à venir.

De nombreux membres du CPTPP tels que le Japon, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, Singapour, la Malaisie, le Chili, le Brunei ont conclu des accords de libre-échange (ALE) avec le Vietnam. Et Hanoï a bénéficié de réductions tarifaires avec ces nations, Canada, Mexique et  Pérou exceptés. Par conséquent, la hausse soudaine des exportations ne pourrait pas être enregistrée vers de pays bénéficiaires de l'ALE avec le Vietnam.

- La traçabilité constitue l'un des points essentiels du CPTPP. En particulier, pour le secteur du cuir et des chaussure, quelles règles de traçabilité cet accord exige-t-il ?

Le CPTPP permet aux producteurs, exportateurs et importateurs de certifier eux-mêmes la traçabilité de leurs produits. Toutefois, pour les produits importés, le Vietnam n’accepte que l'auto-certification de l'origine cinq ans après l'entrée en vigueur de l'accord.

Pour les produits exportés, il est possible d'appliquer parallèlement dans dix ans les deux formes: l'octroi de certificats d’origine de manière traditionnelle et l'auto-certification. Dix ans après l’entrée en vigueur du CPTPP, le Vietnam appliquera pleinement l’auto-certification.

Cuir et chaussure : Les entreprises nationales cherchent à sortir de l’externalisation ảnh 3Photo: VNA


- Quelle est donc la capacité des exportateurs nationaux pour répondre aux règles de traçabilité ?


Pour pouvoir bénéficier des incitations tarifaires dans le cadre du CPTPP, les entreprises sont obligés de respecter les règles d'origine, en particulier l'utilisation des matières premières du Vietnam ou des membres du CPTPP avec un taux d'origine requis.

Les entreprises nationales qui utilisent depuis longtemps des matériaux importés de Chine et de République de Corée... rencontreront des difficultés pour appliquer les règles d'origine lorsqu’elles exporteront vers les pays membres du CPTPP. Par conséquent, elles devront chercher des matériaux dans des pays membres du CPTPP.

- Quels sont les avantages et les difficultés de l'industrie du cuir et des chaussures en 2019?

Les opportunités sont réelles ce qui montre la croissance des exportations. Mais nous constatons également des défis et devons faire face aux nouvelles conditions des règles d'origine, dont 55% du taux de localisation au Vietnam.

Pour les entreprises bien préparées, il n'y a aucun obstacle. Cependant, pour celles qui dépendent trop des importations, si elles ne répondent pas aux conditions requises, elles manqueront cette opportunité.

L'accès au marché est également une autre difficulté. Comme de nombreuses entreprises ne réalisent que de petites commandes et se concentrent seulement sur le marché intérieur, une fois que les opportunités d’exportation seront créées, elles ne pourront pas les saisir si elles n’augmentent pas leurs capacités de production.

En plus de la question des capacités financières, le personnel de ce secteur devra s’améliorer pour saisir les opportunités. –VNA

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