Jakarta (VNA) – L’appareil de la compagnie indonésienne Lion Air qui s’est abîmé en mer la semaine dernière avait un indicateur de vitesse défectueux sur ses quatre derniers vols, a affirmé lundi 5 novembre le Comité national de la sécurité des transports (KNKT).
 
Les enquêteurs de Lion Air examinent une partie du train d'atterrissage de l'appareil le 5 novembre. Photo: AFP

Les dégâts subis par l’anémomètre, instrument qui calcule la vitesse ou la pression du vent, ont été révélés par l’analyse de l’enregistreur de vol qui a été récupéré, a déclaré Soerjanto Tjahjono, responsable du comité au cours d’une conférence de presse.

Le comité considère que l’appareil avait un anémomètre défectueux, qui a fait l’objet de réparations, sur les trois derniers vols avant l’accident. Mais ce problème s’est à nouveau manifesté au cours du vol dernier vol, a-t-il précisé.

Après chaque problème, le pilote l’a signalé et le mécanicien a fait (une réparation) et l’appareil a été à nouveau déclaré apte à voler, a expliqué le responsable qui n’a pas toutefois précisé si ce problème avait joué un rôle dans l’accident.

Il a ajouté qu’il demandait à Boeing et aux autorités américaines quelles mesures doivent être prises pour éviter des problèmes du même genre sur ce type d’appareils.

Les données de l’une des boîtes noires continuent d’être analysées pour déterminer les circonstances de l’accident.

Les autorités indonésiennes ont par ailleurs annoncé un audit spécial de la compagnie aérienne Lion Air.

Nous allons (…) mener un audit spécial sur la qualification des équipages et la communication du personnel, a annoncé le ministre des Transports Budi Karya Sumadi à des journalistes.

C’est une mesure préventive, l’accident a été pour nous une leçon très cher payée, a-t-il noté.

Les autorités de sécurité aérienne américaine et européenne ont été sollicitées pour cette enquête. Parallèlement, les secours indonésiens continuent à rechercher des corps et des débris de l’appareil. Quatorze personnes seulement ont été identifiées grâce à des analyses ADN.

Le Boeing 737 Max 8 de Lion Air, entré en service il y a seulement quelques mois, s’est abîmé en mer seulement 13 minutes après son décollage, le 29 octobre, de  l’aéroport de Jakarta vers l’aéroport de Pangkal Pinang dans l’île de Bangka au large de Sumatra, avec 189 personnes à bord.

Quelque 69 heures de données, y compris celle portant sur le dernier vol opéré opéré par le Boeing 737 Max 8, ont été téléchargées par les enquêteurs de l’enregistreur des données de vol (FDR), retrouvée partiellement endommagé le premier novembre.

Cette découverte, qui a mobilisé un millier de personnes, dont des dizaines de plongeurs, de même que des hélicoptères et des bateaux, devrait permettre de faire la lumière sur les circonstances de l’accident. Il faudra aussi pouvoir analyser la deuxième boîte noire pour valider, confirmer les informations données par la première. – VNA