Coronavirus : un des "commandants" en première ligne de la lutte

Depuis 2 mois, Nguyên Trung Câp, médecin à l’Hôpital central des maladies tropicales, reste dans son QG. Ses contacts avec des patients contaminés par le COVID-19 l’obligent à ne pas côtoyer sa famille.

Hanoï (VNA) - Depuis deux mois, Nguyên Trung Câp, chef du Département des urgences à l’Hôpital central des maladies tropicales, à Hanoï, reste dans son QG. Ses contacts quotidiens avec des patients contaminés par le COVID-19 l’obligent à ne pas côtoyer sa famille.

Coronavirus : un des "commandants" en première ligne de la lutte ảnh 1Le docteur Nguyên Trung Câp. Photo : Ngoc Thành/CVN

Retirant son uniforme de protection, le docteur Nguyên Trung Câp, chef du Département des urgences à l’Hôpital central des maladies tropicales, à Hanoï, sort de la zone de soins aux patients du COVID-19. Il reste debout, immobile, pendant quelques instants dans le couloir, l’air fatigué.

À midi, ce Service d’urgence est tranquille. Le long du couloir, tous les 10 m environ, est posé un panneau d’avertissement : "Zone d’isolement". L’Hôpital central des maladies tropicales reçoit les plus graves cas de maladies infectieuses. Lorsque l’épidémie de coronavirus a débarqué, il est devenu l’établissement clé dans le traitement au Nord. Actuellement, il prend soin d’une soixantaine de patients, dont trois dans un état grave. 

"Je m’habitue au manque de sommeil"

Clignant des yeux manifestement  épuisés par le manque de sommeil, le médecin partage : "Auparavant, quand j’étais stressé au travail, je me promenais autour de l’hôpital. Maintenant, de peur d’une contamination pour nous et pour notre entourage, je ne sors pas de l’enceinte du département".

Tous ses besoins quotidiens, comme ceux de ses collègues en première ligne dans ce combat, sont pris en charge par l’hôpital. "Bien sûr, on ne peut avoir un rythme de vie normal comme à la maison. Mais on n’a pas le choix. Et comme tout le monde, je m’habitue au manque de sommeil", confie le quinquagénaire.

Depuis le début de la pandémie, Nguyên Trung Câp n’a eu qu’une semaine de congé auprès des siens, après la première phase de traitement des patients achevée le 31 janvier. Quand la deuxième phase de contamination a débuté, il est retourné tout de suite à l’hôpital et travaille depuis aux côtés de 150 médecins et infirmiers, en première ligne, c’est-à-dire au contact direct des cas contaminés.

Le docteur raconte que lors de la première phase, il n’y avait que cinq patients, en provenance de la province septentrionale de Vinh Phúc (faisant partie d’un groupe d’ouvriers revenant de la ville chinoise de Wuhan, épicentre de l’épidémie), mais aucun cas grave. Dans la deuxième, ce nombre a augmenté de dix fois, avec des cas graves, obligeant l’hôpital à mobiliser la moitié de son personnel, avec en plus des médecins de l’hôpital Bach Mai.

Une journée de travail du docteur Câp et de ses collègues commence tôt et suit les règles suivantes : consultation des malades, réception des nouveaux cas, réunions pour donner les schémas de traitement pour chaque cas concret. Le "commandant" a divisé le personnel du département en quatre équipes qui se partagent trois tranches d’horaires : matin, après-midi et soir.

Selon lui, les patients au Vietnam sont principalement traités avec des médicaments et selon la gravité des symptômes. Pour ceux ayant des maladies préexistantes ou en état d’insuffisance respiratoire aiguë ou présentant des lésions pulmonaires sévères, les médecins doivent procéder à une ventilation artificielle accompagnée parfois d’une dialyse. Les cas plus graves doivent recourir à l’oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO - Extracorporeal membrane oxygenation), une technique de circulation extracorporelle offrant une assistance à la fois cardiaque et respiratoire à des patients dont le cœur et/ou les poumons ne sont pas capables d’assurer un échange gazeux compatible avec la vie.

Coronavirus : un des "commandants" en première ligne de la lutte ảnh 2Le docteur Nguyên Trung Câp (gauche) et deux confrères, en tenue de protection, au chevet d’un malade atteint du coronavirus. Photo: CVN

"Combattre jusqu’à anéantir l’ennemi"

M. Câp a avoué son inquiétude après que deux collègues (patients No116 et No141) aient été infectés. "À vrai dire, nous étions déjà très prudents depuis les nouvelles concernant des médecins infectés en Chine. Dans ce métier, quand un collègue est contaminé, les autres savent que le risque pour eux de l’être aussi est élevé", affirme-t-il. Heureusement, l’état de santé des médecins infectés est stable, avec absence de toux. "Le pronostic est bon. Ceux qui ont eu des contacts étroits avec eux ont eu le premier résultat de test négatif. Pourtant, ils doivent continuer à être isolés", informe-t-il.

Dès le début de l’épidémie, le niveau d’alerte à l’hôpital est toujours à son maximum. "Le risque de contamination est inévitable pour le personnel médical, et ce malgré le strict respect des mesures de protection", confie-t-il. Et de préciser que les masques de protection N95 permettent de barrer la route à 95% des agents infectieux. Seuls les N100 ou P100 assurent une protection totale, mais ils ne sont pas encore disponibles. 

Malgré les risques élevés, le docteur garde le moral et restera fidèle à son poste jusqu’à ce que l’ennemi soit terrassé. Chaque jour, il rassure ses collègues, leur disant qu’il faut être toujours prudent mais aussi confiant. Propagation du virus oblige, cela fait deux mois que Nguyên Trung Câp ne côtoie pas sa famille.

"Pour nous, cette période est celle du sacrifice à son métier. Ma famille, elle me manque beaucoup, mais pour l’heure, je dois rester concentré dans ma mission. On ne sait pas quand finira cette pandémie, alors il faut continuer le combat jusqu’au bout", sourit-il. -CVN/VNA

Voir plus

Les drogues saisies à l'aéroport international de Tan Son Nhat (Ho Chi Minh-Ville). Photo: Douanes du Vietnam

Saisie de près de 4,5 kg de cocaïne à l’aéroport de Tan Son Nhat

Dans le cadre de la campagne de pointe de lutte contre la contrebande, la fraude commerciale et les produits contrefaits à l’occasion du Têt du Cheval 2026, les forces douanières ont détecté et traité 35 affaires liées aux stupéfiants, saisissant environ 165 kg de drogues de toutes sortes, dont un cas de transport de près de 4,5 kg de cocaïne via l’aéroport international de Tan Son Nhat.

Cérémonie de mise à l’honneur de 26 jeunes issus de minorités ethniques du Sud-Ouest pour la réussite de leurs start-up en 2025.

Le Vietnam approuve un programme de soutien à l’entrepreneuriat étudiant

Ce programme vise à encourager une culture entrepreneuriale au sein des établissements d’enseignement, à promouvoir l’esprit et les aspirations entrepreneuriales, et à placer les étudiants au cœur de l’innovation, en renforçant progressivement leur capacité à maîtriser les connaissances et les technologies.

Le Dr Vu Xuân Thành examine un patient et guide les étudiants en médecine lors d’une séance de pratique clinique. Photos : suckhoedoisong.vn

Le médecin Vu Xuân Thành, la musique adoucit les mœurs

Avec plus de 20 ans d’expérience dans le domaine médical, le Dr Vu Xuân Thành canalise les pressions et les émotions de la vie hospitalière en chansons, offrant un aperçu rare du côté humain des soins de santé au-delà de la blouse blanche.

Un projet de logement social à Dong Nai. Photo: VNA

La Résolution 68-NQ/TW soutient le développement du logement social

Publiée avec de grandes orientations en matière de réforme institutionnelle et de développement du secteur privé, la Résolution 68-NQ/TW est perçue par de nombreux experts comme une nouvelle impulsion, créant les bases pour lever les blocages structurels qui freinent depuis longtemps le développement du logement social.

Le président de l’Assemblée nationale Tran Thanh Man assiste à la cérémonie de présentation de l’ensemble des lois adoptées lors de la 10e session de l’Assemblée nationale de la 15e législature. Photo: VNA

Publications juridiques : cap fixé par le président de l’Assemblée nationale

Le président de l’Assemblée nationale, Tran Thanh Man, a assisté le 24 février à la présentation d’un ensemble de lois adoptées par l’Assemblée nationale de la 15e législature, appelant à un renouvellement vigoureux de la communication et de la diffusion des publications politiques et juridiques afin de mieux répondre aux exigences du nouveau contexte.