Paris (VNA) - Le président français François Hollande effectuera du 5 au 7 septembre une visite officielle au Vietnam, laquelle est très attendue par les deux parties, comme en témoignent plusieurs experts interrogés par l’Agence vietnamienne d’information (VNA) en France. 

Cette visite devrait apporter une nouvelle dynamique et ouvrir de belles perspectives pour les relations franco-vietnamiennes, notamment au moment où les deux pays œuvrent pour concrétiser leur partenariat stratégique signé en septembre 2013. ​

Le président français François Hollande. Photo: sightcall.com

Pierre Journoud, professeur d’histoire contemporaine de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, se réjouit de voir se concrétiser la visite du président français François Hollande au Vietnam, une visite qui a été annoncée publiquement dès 2013, mais qui a été retardée pour diverses raisons. Pour lui, ce sera un moment important parce qu’une telle visite n’avait pas été effectuée par un président français depuis 2004, donc depuis 12 ans. Il croit que les deux pays méritent des visites de haut niveau plus régulières, au regard de leurs bonnes relations actuelles.    

Pour lui, la France a un formidable potentiel de coopération dans tous les domaines et elle avait attendu pour faire perdurer ce lien au plus haut niveau entre les deux États. Par ailleurs, la coopération franco-vietnamienne, qu’elle soit officielle ou non-officielle, publique ou privée, issue des agences gouvernementales comme de la société civile, demeure extrêmement riche et diversifiée. Elle concerne les deux pays à tous les niveaux, toutes les échelles : l’État, les régions, les départements, les communes, les associations, etc. Pierre Journoud a estimé que ces succès sont le fruit d’une histoire riche, longue, dense entre les deux pays.    

Il a aussi remarqué que dans l’histoire, la France et le Vietnam ne se sont jamais vraiment tournés le dos, contrairement à ce que l’on pourrait croire, malgré les épreuves liées à la colonisation et à la guerre dite d’Indochine qui a mis fin à cette période coloniale. Il a souligné que depuis 1954, les deux pays ont toujours entretenu des liens plus ou moins étroits, mais qui ont permis effectivement de maintenir un dialogue, une coopération relativement importante. "Le Vietnam a d’énormes atouts. Les Français en général, et les dirigeants français en particulier en sont conscients", a-t-il ajouté.    

Le professeur d’histoire contemporaine Pierre Journoud pense que depuis quelques années, notamment depuis le début de la présidence de François Hollande, une importance plus grande a été donnée à l’Asie du Sud-Est : une importance politique, géopolitique, mais aussi dans tous les domaines. Cependant, les deux pays peuvent encore faire beaucoup de progrès dans le domaine des échanges économiques et commerciaux. Ils sont très en-deçà des possibilités, des potentiels des deux pays. Donc, une tâche importante consiste à augmenter le chiffre d’affaires des échanges commerciaux bilatéraux. "Il faut analyser les raisons de cette faiblesse entre le milieu des affaires français et vietnamien et tenter de les surmonter. Je crois que de ce point de vue, la visite de M. Hollande peut insuffler une nouvelle dynamique aux relations franco-vietnamiennes", a-t-il précisé.    

"Du point de vue français, cet objectif est fondamental, parce que le Vietnam est un pays plein de richesse et d’avenir. Par ailleurs, il est situé aux avant-postes de cette recomposition géopolitique, notamment à propos de la Mer Orientale. Nous sommes entrés dans une phase d’équilibre des puissances, et le Vietnam est particulièrement bien placé pour effectivement juger cette transition. La France aurait tout intérêt, non seulement en raison du passé et des enjeux du présent, mais aussi de ceux de l’avenir, de se rapprocher encore plus du Vietnam qui ne cesse de s’ouvrir davantage à l’international, sur le plan économique et culturel, etc.", a-t-il ajouté.   

Il a confié qu’à titre plus personnel, il était très heureux de pouvoir développer avec son Université Paul-Valéry Montpelier et plusieurs universités vietnamiennes de Hanoi, des coopérations qui sont extrêmement fructueuses dans le domaine des sciences sociales et humaines. "Cette coopération compte, elle aussi, en parallèle à la coopération dans le domaine économique, car la culture, la coopération intellectuelle, le partage des idées sont très importants. C’est tout cela qui fait la richesse d’une relation. Il y a encore beaucoup à partager entre Français et Vietnamiens", a-t-il dit.    

Pour sa part, le docteur Patrice Jorland, ancien diplomate, ancien président de l’Association d’amitié France-Vietnam (AAFV), a exprimé son espoir selon lequel cette visite intensifiera davantage les relations bilatérales. D’après lui, depuis que la France et le Vietnam ont établi en septembre 2013 leur partenariat stratégique, beaucoup de choses ont été faites dans ce cadre. Cependant, il reste beaucoup à réaliser en vue d’approfondir ces relations.    

Concernant la sentence de la Cour permanente d’arbitrage (CPA) de La Haye sur la Mer  Orientale, le docteur Patrice Jorland a estimé que cette décision arbitrale était d’une très grande importance, qu’elle est historique. Il a espéré que la visite du chef de l’Etat français contribuera à la stabilité de la situation dans la région. "Puisque cette sentence a une valeur universelle, la France est concernée elle aussi", a-t-il indiqué.       

Quant au professeur Henry Dang, de l’Université Paris 1-Sorbonne, un résident vietnamien vivant en France, il a espéré que la France apportera davantage de soutiens au Vietnam concernant la question de la Mer Orientale, et que ce partenariat stratégique entre les deux pays deviendra plus substantiel, contribuant à accroître les échanges économiques et culturels entre les deux nations. - VNA