Petite histoire colorée du "village des peintres" de Cô Dô

Cô Dô est l’unique au Vietnam à être dénommé le "village des peintres". Aujourd’hui, il compte environ 70 artistes, dont une dizaine sont membres de l’Association des beaux-arts du Vietnam.

Hanoi (VNA) – Situé en banlieue de Hanoi, au bord du fleuve Rouge, CôDô est l’unique au Vietnam à être dénommé le "village des peintres".Aujourd’hui, il compte environ 70 artistes, dont une dizaine sont membres de l’Associationdes beaux-arts du Vietnam.

Petite histoire colorée du "village des peintres" de Cô Dô ảnh 1Vue aérienne du village de Cô Dô. Photo : CVN


Cô Dô, dans la commune éponyme, district de Ba Vi, estdénommé le "village des peintres" car la plupart de ses villageoisont la connaissance du dessin et l’amour de la peinture. Après des heures detravail éprouvantes, les gens étendent leur papier ou leur toile, prennent dela couleur et commencent à peindre. Les activités de la vie quotidienne ou labeauté de la campagne sont fidèlement retranscrites par les coups de pinceau,reflétant également les émotions et personnalités de leurs auteurs.

"J’ai beaucoup de chance d’être né dans cevillage. Depuis que je suis petit, je vois mes oncles peindre. Quand j’étais aucollège, mes parents m’ont laissé suivre un cours de dessin de Nguyên Si Tôt (1920-2002), unpeintre célèbre né à Cô Dô. J’ai commencé à peindre à l’âge de 13 ans. Depuis2003, je suis la voie de la peinture professionnelle. Mes sujets principauxsont des spectacles de mon village. Je dessine également des sujets abstraits,m’inspirant du paysage naturel qui m’entoure”, partage le peintre NguyênTruong Yên.

Cô Dô est aussi le seul village à disposer de deux muséeset de huit galeries d’art, tous fondés par ses villageois. On compte notammentle musée privé du regretté peintre Si Tôt où sont exposées des centaines de sesœuvres. Nombre de ses œuvres sont également présentes dans de grands musées enFrance, en Allemagne, aux États-Unis, en Pologne, en Suède... Si Tôt, qui areçu le Prix d’État des arts et des lettres en 2007, aimait enseigner le dessinet transmettre son amour de la peinture aux villageois. Beaucoup de ses élèvessont devenus peintres professionnels et membres de l’Association des beaux-artsdu Vietnam.

Unetradition

Petite histoire colorée du "village des peintres" de Cô Dô ảnh 2Un peintre villageois de Cô Dô devant sa toile. Photo : CVN

“La personne qui a joué le rôle d’initiateur de lapeinture pour notre village était Si Tôt. Nous avons créé le Club desbeaux-arts de Cô Dô dont les membres ont propagé la passion de la peinture dansle village à travers des cours gratuits organisés chaque année pendant l’été.Les peintres célèbres sont revenus au village en apprenant aux petitsvillageois à développer leur talent en peinture”, affirme Trân Khac Hân,vice-président du Comité populaire de la commune de Cô Dô.

“Le Club des beaux-arts de Cô Dô, créé en 2016, compteactuellement 40 membres, dont 12 adhèrent à l’Association des beaux-arts duVietnam”, raconte Hoàng Tuân Viêt, président dudit club. Il ajoute : “Lesactivités du club sont assez riches. Nous menons régulièrement des activités professionnelles,organisons des échanges et apprenons les uns des autres. Surtout, nous nousmettons à jour sur l’art contemporain, en plus de maintenir l’art traditionnel.Chaque année, nous partons sur le terrain, dans différentes régions à traversle pays. Après ces voyages, nous peignons ensemble. Nous avons participé à desexpositions de peinture au 16, rue Ngô Quyên (centre-ville de Hanoi) età des expositions avec d’autres clubs du pays. Le cours de dessin gratuit, l’unedes activités de notre club, est l’opportunité pour nous de développer desgénérations d’artistes et d’ouvrir des galeries pour le village”.

Petite histoire colorée du "village des peintres" de Cô Dô ảnh 3Les cours de dessin gratuits, organisés en été 2022 à Cô Dô, ont attiré près de 60 enfants âgés de 6 à 14 ans. Photo : CVN

Des cours pour les jeunes

À Cô Dô, depuis les années 1990, des cours de dessingratuits sont organisés exclusivement pour les jeunes villageois. Ceux de l’été2022 ont vu la participation de près de 60 enfants âgés de 6 à 14 ans. Lespetits sont ravis de se familiariser avec cet art. Apprendre à dessiner, c’estun moyen pour eux de se détendre après les heures d’école et aussi un moyenpour le village de maintenir son identité culturelle.

“J’adore dessiner et je veux être créative alors je mesuis inscrite à un cours gratuit. Je le suis depuis la 4e classe (soit CM 1) jusqu’à maintenant. Ici, desprofesseurs m’ont appris à dessiner des natures mortes, des peintures depaysages et des peintures musicales (c’est-à-dire écouter de lamusique puis dessiner des images en fonction des émotions)”, confie Giang HôngChi, une collégienne de 13 ans.

Petite histoire colorée du "village des peintres" de Cô Dô ảnh 4Une œuvre réalisée par un peintre de Cô Dô. Photo : CVN


“Chaque année, à l’arrivée de l’été, un cours de dessingratuit commence dans le village. Il dure environ un mois et transmet auxenfants, du primaire au lycée, l’amour des beaux-arts et les connaissances debase sur la peinture. Il est organisé conjointement par les autorités duvillage et le Club des beaux-arts de Cô Dô”, fait savoir Nguyên Ngoc Nho,chef du village.

Pour les villageois, la peinture n’est pas simplement unterrain de jeu, mais elle les aide aussi à avoir plus d’énergie, à aimerdavantage cette vie et à partir de là, à bien faire leur travail. Et jour aprèsjour, des personnes simples préservent, promeuvent et contribuent, toujoursavec diligence, à la diffusion de l’art de la peinture de la ville millénairede Thang Long-Hanoi. – CVN/VNA

Voir plus

Bouddha Amitābha de la pagode Kim Tien, sentinelle spirituelle des Sept Montagnes

Bouddha Amitābha de la pagode Kim Tien, sentinelle spirituelle des Sept Montagnes

Nichée au cœur d’un paysage montagneux grandiose, la pagode Kim Tien, située dans le quartier de Tinh Bien, province d’An Giang, s’impose comme un haut lieu de spiritualité de la région de "Bảy Núi" (les Sept Montagnes). Point d’orgue de ce sanctuaire, la statue monumentale de Bouddha Amitābha, haute de 24 mètres, domine le site depuis le toit du pavillon principal. Se détachant avec majesté sur fond de montagnes, elle semble s’élancer vers le ciel, conférant au lieu une atmosphère à la fois solennelle et profondément inspirante.

L'ensemble des «Cadeaux de Têt pour enfants» de Kim Dông. Photo: VOV

Bonnes idées de livres à offrir pour le Têt et faire plaisir aux enfants

Comme chaque année, les éditions Kim Dông publient Nhâm nhi Têt Binh Ngo (Bienvenue au Têt de l’Année du Cheval), une anthologie réunissant nouvelles, poèmes consacrés au printemps et à l’animal emblématique de l’année. À travers ces pages, le Têt traditionnel se déploie: les plats incontournables - banh chung (gâteaux de riz gluant), confits sucrés - mais aussi les gestes culturels, de la calligraphie aux peintures populaires, sans oublier les courses de chevaux du Nouvel An.

Le temps fort de la soirée d’ouverture est le programme artistique intitulé « Parfums et Couleurs de Tay Ninh », une œuvre scénographique soignée retraçant le processus de formation et de développement de Tay Ninh. Photo: VNA

Ouverture du Festival du Printemps du mont Ba Den 2026 à Tay Ninh

Se déroulant du 17 février au 18 mars 2026, le Festival du Printemps du mont Ba Den 2026 propose une programmation riche et diversifiée, comprenant des spectacles d’arts populaires, des défilés en « ao dai » (tunique traditionnelle), ainsi que des activités culinaires et culturelles caractéristiques de Tay Ninh.

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

« La Résolution n°80 a été adoptée à un moment particulièrement opportun, alors que le pays entre dans une nouvelle étape de son développement national. À l’ère de l’essor de la nation, cette résolution a posé un nouveau cadre idéologique, au sein duquel la culture est appelée à jouer de toute urgence un rôle transversal, en soutien à la science et à la technologie, à l’intégration internationale, à l’innovation, à la réforme institutionnelle, au développement de l’économie privée, ainsi qu’aux secteurs de l’éducation et de la santé.

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO lors de la 19e session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Photo diffusée par la VNA

Le Vietnam défend la mise en œuvre du traitement préférentiel pour les pays en développement

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO, a proposé de mettre l’accent sur le renforcement des capacités, le partage d’expériences, le renforcement de la coopération internationale et la mise en œuvre des recommandations adoptées en ce qui concerne l’article 16 de la Convention sur le «traitement préférentiel pour les pays en développement».

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Coutume ancienne apparue en Asie, les étrennes du Têt incarnent des vœux de paix, de chance et de prospérité pour la nouvelle année. Si les formes ont évolué avec le temps et le numérique, cette tradition demeure un symbole indissociable du Têt traditionnel vietnamien.