Nguyên Thuc Quyên, une figure influente du monde scientifique

La professeure Nguyên Thuc Quyên est l’une des rares femmes à avoir fait partie, pendant quatre années consécutives, des 4.000 scientifiques les plus cités au monde.

Hanoi, 24 janvier (VNA) – Directrice du Centre des polymères et des matériaux solides et enseignante à la faculté de Chimie et de Biochimie à l’Université de Californie, la professeure Nguyên Thuc Quyên comptait parmi les scientifiques les plus influents au monde en 2019. 

Nguyên Thuc Quyên, une figure influente du monde scientifique ảnh 1La professeure Nguyên Thuc Quyên. Photo: nhandan.vn


De retour au Vietnam, elle est actuellement coprésidente du Conseil des éliminatoires des prix VinFuture, qui récompensent chaque année les recherches scientifiques remarquables et les innovations pour l’humanité. Aujourd’hui, Thuc Quyên s’attache à stimuler l’intégration vietnamienne au réseau scientifique international.

Nguyên Thuc Quyên est l’une des rares femmes à avoir fait partie, pendant quatre années consécutives, des 4.000 scientifiques les plus cités au monde. Ses recherches portent sur les propriétés électroniques des polyélectrolytes conjugués, les interfaces optoélectroniques, la génération et le transport de charges dans les semi-conducteurs organiques, les nouveaux matériaux utilisés pour les cellules photovoltaïques organiques, les autoassemblages moléculaires, le traitement des matériaux, la caractérisation à l’échelle nanométrique des cellules photovoltaïques organiques.

Elle s’attache particulièrement au développement des cellules photovoltaïques pour aider les plus pauvres à avoir accès à l’électricité. Plus que quiconque, Thuc Quyên comprend parfaitement les inconvénients de la pénurie d’énergie parce qu’elle a vécu les 16 premières années de sa vie sans électricité.   

«La sécurité énergétique est un grand enjeu pour le Vietnam qui dispose pourtant d’atouts pour développer différents types d’énergie, par exemple l’éolienne et le solaire. Je souhaite que le gouvernement vietnamien s’intéresse davantage au recyclage, notamment du plastique et des piles. Si le Vietnam s’y met maintenant, il pourra devancer le reste du monde de 15 à 20 ans», dit-elle.
Née en 1970 à Buôn Ma Thuôt, à 21 ans, Thuc Quyên s’installe aux États-Unis avec sa famille. Ses deux premières années ont été très difficiles. Les barrières linguistiques et culturelles l’ont énormément démotivée et ont même changé la direction de sa carrière. 

En effet, Thuc Quyên décide de laisser de côté l’Histoire, la littérature et la géographie, ses matières de prédilection, au profit des sciences naturelles, qui exigent un niveau d’anglais moins élevé. Avec le temps, elle a découvert une passion pour la chimie et la physique.

En septembre 1995, Thuc Quyên s’inscrit à l’Université de Californie pour devenir chercheuse, mais s’est rapidement vu refuser son entrée à cause d’un niveau d’anglais insuffisant. Ne se laissant pas découragée, elle s'inscrit à des cours d’anglais réservés aux étrangers pour s’améliorer. En 1997, elle est finalement admise. Après seulement un an, elle obtient son diplôme de master en physico-chimie avant de devenir l’un des sept meilleurs doctorants de l’Université de Californie. En juin 2001, elle obtient son doctorat. Depuis 2004, elle enseigne et effectue des recherches à cette université.

Mais derrière une carrière brillante, Thuc Quyên a également essuyé de nombreux échecs. Elle comprend donc les difficultés des femmes scientifiques. 

«Si tous les jeunes professeurs à l’université avaient leur propre laboratoire et un financement pour leurs recherches, moi, je n’ai rien reçu pendant un an. J’ai dû me battre pour recevoir ce qui m’était dû. Il m’est parfois arrivé de pleurer car mes collègues masculins ne me respectaient pas. Ces inégalités sont injustes, mais je ne les ai jamais laissées me décourager», confie-t-elle.

Après trois décennies de travail inlassable, aujourd’hui Thuc Quyên dirige sept laboratoires et possède ses propres équipes de recherche. Elle est également coprésidente du Conseil des éliminatoires des prix VinFuture. Elle en est très fière, parce que le Vietnam dispose de son propre grand prix scientifique qui récompense aussi les femmes chercheuses. 

«Je suis Vietnamienne, je suis née et ai grandi dans ce pays, dans un village pauvre qui manquait de tout, de nourriture comme d’eau propre. Les prix VinFuture  qui sont ouverts à la communauté scientifique internationale me sont d’autant plus significatifs. Ils permettent au monde de mieux connaître le Vietnam et de mettre en lien les scientifiques vietnamiens et étrangers», déclare-t-elle.

Thuc Quyên entend ouvrir un institut de recherche avec des laboratoires modernes où elle animera des ateliers pour mettre en contact les jeunes chercheurs vietnamiens et étrangers. – VOV/VNA

Voir plus

Le général de brigade Nguyen Tung Hung, commandant adjoint du Commandement des opérations dans le cyberespace au ministère de la Défense, s'exprime lors de la session plénière du sommet «Vietnam Security Summit 2026». Photo: VNA

Vietnam Security Summit 2026: se préparer au monde post-quantique et post-IA

Le sommet "Vietnam Security Summit 2026" s'est articulé autour de sessions thématiques approfondies traitant de la protection des données personnelles sur le cloud, de la sécurisation des secteurs stratégiques comme l’électricité, la finance, la télécommunication et la santé, ainsi que de la gestion des risques liés à la cybersécurité.

Le secrétaire général du Parti communiste vietnamien et président To Lam, a présidé le 21 mai à Hanoï, une réunion du Comité permanent du Comité directeur central pour le développement des sciences et technologies, de l’innovation et de la transformation numérique. Photo : VNA

To Lam appelle à une stratégie nationale sur les technologies quantiques

Le Vietnam entend faire des technologies quantiques un pilier stratégique de son développement futur. Lors d’une réunion tenue le 21 mai à Hanoï, le secrétaire général du Parti et président To Lam a appelé à élaborer une stratégie ambitieuse afin de renforcer l’autonomie technologique, la souveraineté numérique et la compétitivité nationale dans les secteurs de pointe.

Le vice-Premier ministre Hô Quôc Dung s’exprime lors de la conférence, à Hanoi, le 19 mai. Photo : VNA

Les fonds pour la science et la technologie doivent être intégralement décaissés

Les capitaux décaissés s’élevaient jusqu'au 12 mai à 7.945 milliards de dôngs, soit 14,78 % du plan assigné par le Premier ministre. Sur ce montant, les décaissements du budget central ont atteint 4.063 milliards de dôngs, soit 14,8 % de l’objectif, tandis que ceux des budgets locaux ont dépassé 3.882 milliards de dôngs, soit 14,75%.

L'assemblage de pièces ultra-petites dans la fabrication de puces semi-conductrices. Photo : VNA

Le Vietnam priorise le développement de 70 technologies stratégiques de pointe

L’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, la technologie quantique, le big data, les nouvelles énergies… figurent parmi les 70 hautes technologies dans lesquelles l’investissement est priorisé par le gouvernement afin de créer une dynamique de croissance et de renforcer l’autonomie technologique nationale.

L'ambassadeur du Vietnam en France, Trinh Duc Hai (6e à partir de la droite), et les dirigeants de l'association Global Connect Vietnam France. Photo : VNA

Lancement de l’association Global Connect Vietnam France

Avec pour objectif de rassembler les intellectuels, experts et entrepreneurs vietnamiens vivant en France et en Europe en général, l’association Global Connect Vietnam France (GCVF) vient d'être officiellement lancée à Paris.

Robots humanoïdes VinMotion, un produit de Vingroup. Photo : journal Tiên Phong

La propriété intellectuelle, pilier de la puissance nationale

Pour la première fois, les questions liées à l’intelligence artificielle (IA) et à l’exploitation commerciale des droits de propriété intellectuelle sont intégrées dans la loi, ouvrant de nombreuses opportunités et transformant progressivement les actifs intellectuels en un nouveau moteur de croissance.

Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président du Vietnam, To Lam (gauche), et le président sri-lankais Anura Kumara Dissanayake. Photo: VNA

Vietnam-Sri Lanka : un nouvel élan pour la coopération scientifique et technologique

La visite d'État au Sri Lanka du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président du Vietnam, To Lam, marque une étape importante dans l’histoire des relations bilatérales et agit comme un « puissant catalyseur » pour approfondir la coopération entre les deux pays dans les domaines de la science, de la technologie et de la transformation numérique, bien au-delà du seul cadre diplomatique.

L’objectif général du programme est de développer une industrie vietnamienne des technologies numériques moderne et hautement compétitive. Photo: VNA

Le Vietnam ambitionne de devenir un centre régional de l’industrie numérique

Le développement de l’industrie des technologies numériques est considéré comme celui d’un secteur économique et technique fondamental, jouant un rôle moteur clé pour créer des percées en matière de productivité, de qualité et de compétitivité de l’économie, jeter des bases solides pour la transformation numérique nationale, favoriser une croissance économique à deux chiffres et contribuer de manière décisive à l’objectif de faire du Vietnam un pays développé à revenu élevé d’ici 2045.